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C'est par les ports, avons-nous dit, que s'en va le trop plein de nos produits ; et il n'est pas plus permis d'ignorer les lois de la distribution des richesses que celles de la production. Le port de Marseille nous a fourni les preuves des principes que j'ai souvent cherché à vous démontrer, et ce soir encore nous trouverons dans l'histoire de Bordeaux des exemples frappants à l'appui des règles établies par la science.
Dans mes dernières leçons, nous avons vu les
pfàfcfèsl tirîHrfti tt dénôtre gfcind port de la Médit ëri ràriûée; ce àoîr iiôiié sùivrôtis a'Vec une tristesse» patriotique les phaséé cfe fe décadence de' fiotrè gfàhd porô cômmehélat de ft>céan. Cependant, Èâtoftsfciïoiis île fè dîrè/lâpoàitioh r/est point 'âêsëà*1 péréë; fé cômriiéroe dé Bordeaux posséder énéor'è' de gi^âhdf es ressources, et il suffira peut être de faire àppkî h l'àdkiiê Gî roi'xïiné, potf r que ïiou$ Voyons lfes rôauvafé jours changer, et Tune de* capitales dé la France, reprendre le secret des richesses qifi fe firent (âîit briller jad's.
Commençons par la situation de la viljé. Sans douté ^ il y a peu de ports mieux disposés que Bordeaux. La Garonne, sùy laquelle elle é^t située; à environ' ho. lieuçs de son embouchure , est un iftàghifiquë fleuve , d liriè profondeur suffisante pour permettre au£ plus grands navires de Remonter jusqu'à là viltë, et qui; avec la Dordogne et lé*V divers affluents, donné accès à une grande étendue de pays. En outfé, le canal du Lânguedoô lui proôûte une cômtnuhièation avec là Méditer-: fa^fiée , et là met à rfiéfrîe d'âbpïôvtèiônfièr le mldt de la Ffâncê de denrées Coloniales, à presque aiissi bôil foàtxhé que Marseille. Les vins, lés eaux-de-vie et les fruits sont leë principaux ârtîclés d'exploitation.' Les denrées coloniales et les cotons forment leé principaux articles d'importations. Ainsi Bordeaux est au bord de la mer sur une rivière qui s'avance dans lés terrés; elle a autour d'elle un sol fertile , des vignes renommées , le ciel du midi; c'est presque assez pour qu'il n'ait rien à envie? à Marseille, et c'est ce qui eii
( 5*4 ) a fait uue de nos villes les plus riches et les plus renommées pour leur commerce. Mais de même qu'on oublie de vieilles machines quand on peut les remplacer par d'autres qui sont plus économiques, de même aussi il y a des ports, qui, ne répondant plus aux besoins de l'époque, deviennent de jour en jour moins fréquentés et voient s'éteindre peu à peu leur antique renommée. Venise la superbe, avait absorbé le commerce de l'Orient; la découverte du Cap de Bonne -Espérance la lui enleva, et Lisbonne, dont on ne parlait pas, devient l'héritière de sa brillante prospérité. Pourtant, telle est la destinée des choses de ce monde, que la J\féditerrannée, un instant déserte, va redevenir la route naturelle vers l'Orient; comme lorsque les Romains remplissaient le monde de leur domination.
Ce que Bordeaux a perdu, Marseille Ta gagné; toutes les anciennes portes sont rouvertes à cette dernière ville, La Grèce, l'Egypte, Alger, l'Espagne, ne voudront plus agir que par cet entrepôt naturel. Bordeaux ^ au contraire, n'est plus qu'un impasse ; en effet , tout se tient , tout s'enchaîne dans le bonheur comme dans le malheur; et si les départemens qui avoisinent Marseille grandissent et prospèrent tous les jours, ceux qui environnent Bordeaux sont stationnaires et peut être même rétrogrades.
Les Bordelais s'occupent spécialement du commerce des vins ; et s'ils font la plupart des autres affaires par commission, ils entreprennent celles relatives à cette marchandise pour leur propre
( 5a5 ) compte ; car lq peine qu'il faut se donner pour acheter les vins, les travailler et les rendre propres à l'exportation, sont telles, qu'Userait presque impossible de se charger de tous ces soins à des conditions qui satisferaient les commettants, s'ils n'avaient à leurs secours une très grande habitude.
Jetons un coup - d'œil sur la situation de ce commerce. Vous savez , Messieurs , que Bordeaux à appartenu plus de deux cents ans aux Anglais; pendant ce long espace de terôps, nos voisins s'étant habitués sans peine aux vins de cette partie de la France, continuèrent à s'approvisionner à Bordeaux, lorsque cette partie du territoire fut redevenue française. Au 16e siècle, on évaluait à 2 5, 000 tonneaux la consommation anglaise en vins de France , mais aujourd'hui , ils ne nous en demandent pas la dixième partie. Cette révolution commerciale, car c'en est une véritable , a été occasionnée par le traité de Méthuen, ainsi appelé du nom de son auteur le baron de Méthuen , ministre du roi d'Angleterre. Ce traité n'avait que quelques lignes, et ces quelques lignes peuvent se réduire à ce peu de mots : l'Angleterre achètera le vin an Portugal, et le Portugal n'achètera ses marchandises qu'en Angleterre. Telle est, Messieurs, l'origine de la décadence des vins de Bordeaux , et du goût tout-àfait grossier que les Anglais ont pris pour les vins détestables et corrosifs de Porto et analogues»
Quelques personnes ont pensé que la liberté du commerce serait capable de guérir ce malaise; mais je ne puis être de leur avis. Les Anglais sont