DE LA MONNAIE
SoBfMAiBB : Définition do kumée4IB£ et de la Monnaie ; Fonctions qu4ls remplisseiil.'Dee net aux paiciBiix; ils neseryent pas seulement d^iiitermédiaires dans les échanges, et sont aussi des marcbandi^ea dont \e prix se ferme en raison de la quantité ofTerte, et des besoins.— Les altérâtioBf des motuiaies lei dépréciant parceqn^elles diminuent la quantité de métal précieux ; on a été conduit à les couunettre par l'idée que Tor
^ et Targent n^élaient point des marchandises ; c^est par la même raison qu^en a défenduHi certaines époques Texportation du numéraire,. — Rapport de Tor à Pargent en différents pays.
Des MOHNAiEj. Ayantages des pièces rêvé lues d^une empreinte qui en constate le titre et le poids, sur les lingots.— Effets désastreux des falsifications des monnaies en France. — Abus du papier-monnaie con- Terti en monnaie de papier en France et en Angleterre. — Du billoh au Brésil, en France «t en Sardaigne ; faeilKés qm% afllre anx^oantrelaeteurs.
De la VABHiCATioir db MairKAiES en Angleterre, en France et en Russie. — L étails sur le système monétaire 4e la France.
De l^altéeation des monnaies b^oa en Belgique.— Résultats qu'elle doit prod«ire.
Messieurs ,
Nous avons examiné jusqu'ici les causes morales de la misère des initions , il nous reste à en étudier les causes matérielles. Parmi celles-ci on place le
( 175 ) défaut d'ar§>eat^ le manque de capitaux» la disette de métaux précieux » de mounaie : nous avoas vu ce qui ayail rapport aux capitaux; il nous reste à étudier ce qui a rapport à la mounaie*
Le numéraire ne servant ni à la nourriture de rhomme^ ni à son entretien , ni à rien de ce qu'il consomme pour son usage ^, il faut cherdier ailf* leurs la raison de Timportance qu'on lui accorde et de rinlérét qu'on attache à en posséder la plus grande quantité possible. Nous trouvons bien» dans rhistmre, que quelques peuples out vécu heureux , et ont atteint un certain degré de puissance sans lui ; mais ces exemples , sont excessivement rares, tandis que k nombre des pays où Ion remarque l'emploi des monnaies est incalculable; on en retrouve des traces partout et à toutes les époques. Ceux mêmes qui, comme les Lacédemoniens, proscrivent les métaux précieux et les accusent de corruption , reconnaissent cependant Futilité, la nécessité de la m<mnaie , seulement ils en bornent Temploi aux petites transactions , aux usages journaliers; et ils rétablissent en lingots de fer d'un grand poids , afin que leur incommodité prévienne le désir de l'accumulation.
La monnaie est cette marchandise intermédiaire qui facilite la production et la circulation de toutes les autres; c'est là son caractère spécial^ celui qu'elle possède seule et qui la distingue des autres marchandises. S'il pouvait exister un pays civilisé et industriel d'une certaine étendue, et comptant une population nombreuse , où il n'y eût pas de monnaie^ il arriverait fréquemment^ dans ce pays^
( 176 ) où^ par suite de la diviskm du travail, chaque citoyen ne ferait qu'une seule chose ^ n'exerc^ait qu'une seule des professions y dont les produits sont nécessaires à Thomme ; il arriyerait, dis-je ^ que le bottier, par exemple, qui aurait passé tout son temps à confectionner des chaussures, ne pourrait fournir sa maison de pain et de viande si le boucher et le boulanger n'avaient pas besoin de bottes ou de souliers juste au moment où il a, lui, besoin de pain.
Cette position serait la même pour tous les producteurs ; que ferait un cultivateur, par exemple, avec dix sacs de grains? Comme il ne pourra les vendre au marchand de draps, au marchand de toile, sera-t-il obligé de se passer d'habits et de chemises? ou devra-t-il fractionner son grain en autant de portions représentant la valeur des diffé*rents objets dont il a un besoin journalier ou occasionel ? Cela ne se peut pour mille raisons , que vous sentez trop bien pour qu'il soit nécessaire que j'en fasse l'énumération.
Le propre de la monnaie est justement d'intervenir dans toutes ces opérations, de faciliter tous les échanges. Quand le fermier veut vendr.e sa récolte, il s'adresse à un farinier, à un négociant^ qui la lui achètent et la paient , non pas en farine, ou en drap, ou en fer, ou en tout autre produit spécial; mais en une marchandise, l'argent, à laquelle tout le monde est convenu de reconnaître une valeur dont nous allons >oir le fondeiïient tout à l'heure , et que tout le mon-r de accepte en échange du produit de son Ira-
( «77 ) vâil» Armé de cette monnaie, qui «e divise à Tinfini, le fermier peut acheter, à son tour, tout ce dont il a besoin, halnllemenls , livres, instruments , outils , vivres , car souvent il n'en récolte pas de toutes sortes. Il en est de même pour le tailleur, le Ix^lier^ le boucher, le boulanger, etc.
On a été conduit à choisir les métaux précieux, Tor et l'argent, pour fabriquer Les monnaies, par plusieurs raisons» Us ont la propriété d'être inoxi*dabks , de ne pas s* user par le Frai ( ou frottement), ou du moins de ne s'user que fort peu, d'être divisibles à Finfini (1); enfin, à fort peu d'exception prés , ils ne servent pas à d'autre usage ; les ornements d'église qui en employaient autrefois d'énormes quantités, n'en consomment plus que fort peu aujourd'hui. Quant à leur qualité de marchandises, qu'un grand nombre d'écrivains, et à leur suite, des peuples et des gouvernements ont prétendu leur dénier , personne aujourd'hui n'os^pait plus la leur refuser.
L'or et l'argent sont des marchandises aussi bien que le ier, le cuivre, la houille, qui, comme eux , 9<mt tirés du sein de la terre. La valeur qu'on leur reconnaît représente celles qui ont été dépensées^
(I] Soivant M. Peloaze fils, essayeur à la monnaie de Paris, l^argent est êweeptlSIe 4*i0ire réduit en ffeoilles si minces» qne 8000 de eelles-ci, sap«rpotéef les naes aax antcet, se composent pas ensemble pins dnine ligne d^épabseur : les fils qu^on peut en étirer offrent une telle lénuité qu^il Mflrait d^entiroB IS kilog. de ce métal pour se procurer un fil coatlniiy capable d'entourer le globe terrestre* Un fil d^argent d'un millimétré de diamètre peut supporter sans se rompre un poids dé plus de 21 kilog.
Roto du R. — id : B. Cdes V. ) Bltaqui. %%
pSta-ûk presque wajours WrtwidërtW»* poiilc fiik*
«ké<m'tef les ft)ttflieâ ? eittpldT»* ^ M» <*« *****
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le mtoerai, le teivfer, le gri**»» eto. ? Cdwbfen
lie ttâftœuvws, d'itigéiiieufsv de '«hittireies , Aè
mécàtoidens , de voit«rifer9,-oi(ift; «MiôWru, "pdWr
leur part , aux -niombreux «t dflftciles «wiva«K4è
r«Xploitatiott des mines ? Cessent tôws ces services^
èinpioyés et détfttits , toutes ce» wafnCtt qu'il 9
ftBtt fei^, qoi coflstkaent le piix des ttJëtM« "pt*'
cieux , swithfe, »« reSte> oômMe tWftfeS^t» »u«te»
tt&whahdises , ato fUictuatio*» «fUi ré«ul«etiHiB
rftbondancéottdefeirawté. '
L'oreti'ttfgentëteieHt ch«« , «estJà^iW'qtt'tv^» «ttC -p^te -quantité de «s wétoéx ««* •oh^nifl» beaucoup de choses , 4«raqtf« <'eitpteitti«4«fc 4m ttMiteb, «fccore «wri «lirigéft , m'wiifaijMt *ieiM«^ue d« feifetes ^saràes dai«5 la cir<ci*iti«o ; iU ïfeateW** fissftient eno«re teusjpie 4Èt loi»i ««ftwe't^e» retafti'ves *UK Ji»fe et-aait Loaabarife» .«(JJHwUiâeB* quelques périls à leur propriété. Ces martyrsdu négoce et de la banque ^toient à k ftâs persécutés pour avoir des métaux précieux, et persécutés eacepe pour n'en pas avoir. Ce»x-«i ài«HB«Mpeat considérablement kyrs tle la décotitérts du notnreati «onde, qui jeta sur 4e Marckéeuropéea le froAmk tuusidérable des mines du Pérou. Us diminuèrent enoore» et «eei est «e «ouvelle preuve qu'ils sont
dM mfi^n» 9 oonune <m Ta préiaida , dpcifue im
€pia, jgmc HAeanneiir déplorable et jtrop de £m$ n**
noiivôlée» on «n aUéca le tîlDe. Lonf[ii'aii Upv.
4e 19 f«rbai d'afgeat fio ai um partie ^laliiage
sw* 4 0» ^B 0iit2^ 3^ 4 ou 5 partÎM d'alliage, et 8 ,
l^G Qiu & pftrt^ d'arg^t^ on eui beau appeler
lee mosinai^, ainsi altérées, du ^léme «om que
k»«f u eUes liaient a neuf dixièmes de fin ^ le pu*
Uâc ne voulue plus les feeeFoirqtae poiiroeipi'^les
Gantepaie«y;i^Uenieiit d'argent, e€<;faae«ni exigea
m pjUis|;rand nombre die pîéoes qu'auparavant en
échange <ibs «lémes objeAs. Mai|p*é eette diminn**
tâim séeUe, les gouvernements ne osAvîarenl paa
de leur faute^ el la Pépétèrent oeastamment; ils.
en iCûpMBÀP6«4; encore une a^^t^e , ee &^ de omm-^
dérer Tnr eit l'arg^ oomiiie le ci^ease méme^.
tandis «fue ces métaux ne sont 4{ue des intermé-
dUawes, dftf înstnaments de cemmeree, et qu'ils
n <mt ^% même une utilité maléridle aussi grande
^ued'^intres n^âtanx, le fer, f>ar i^oemple, anwe
lefMei edi peiiM; Csûre des outils, tandis «qu'ils sont
io^HH^res k cet us^ge. Partant 4e eetle idée fausse^
ou dé£radit lang^fe^nps lexpertatiou de l'or ist
de l'ai^gent hM% du royaume « sous des peines
d'w^ aérâri4é4r»ora«esine, oelife de là iKHtT«ntre
autres ^ et on ne vit pae qu'ep leur fm^tëde amr'*
ohawUse^ f^ms^Uté qu'on ieur déaiait à la vérité,
ils pouvaient *è(re expédiés hMS du rcrjoaume, en
paJementid'aefaatsiBâÉsà réisa»^ ai^o^us d'a-
vanieige penr rexpof^eiur cooune pour lie destiûft«^
tjMt^ %iip dU^ aaitee mwcjniirtise/ueas ^-sr
( 480 ) préseota toutes 1^ fois que le chaiïge fut avaiita. geux , ou que les produits du pays qui exportait son or, étaient inférieurs, soit par la qualité, soit par le prix , à ceux du pays dans lequel on l'enroyait.
L'utilité réelledes métaux précieux consiste, ainsi que je V^i démontré plus haut , à sertir et à faciliter les échanges du commerce auxquels ils sont presqu'aussi nécessaires que les routes , et c'est même chose remarquable que d'observer comme ces deux grands agents du négoce se sont, à toutes les époques , perfectionnés simultanément. Lors*qu'il n'y. a pas de monnaie et que les échanges ont lieu en nature, produits contre produits, il n'y a pas iK)n plus de routes ni de chemin , les transports se font à dos de mulets ou de chameaux; avec les progrés de la civilisation, lorsque les hommes se groupent en société et forment des villes , ils établissent des routes afin de commnniquer etitre eux , et ils adoptent une monnaie pour £aiciliter leurs échanges. Le commerce, une fois oi^nisé, a recherché tous les moyens de faciliter ses opérations, et il en est arrivé à ce point, aujourd'hui, de trouver les routes ordinaires trop lentes, même lorsqu'il les parcourt au galop des chevaux , et la monnaie, embarassante pour solder ses achats ou recevoir le montant de ses ventes et c'est pour gagner du temps, ce précieux capital, comme disent les Anglais : Time' s ù monney , qu'ont été inventés les billets de banque d'une part et les chemins de fer de l'autre. Nous nous occuperons plus tard de ces perfectionnements de la monnaie^ des banque et du crédit; contînuoiiSi
( 181 ) œ soir^ nos recherches sur le nuiDëraire métallique, et terminons d'abord , par quelques chiffres, ce qui a rapport aux métaux proprement dits. Je vous citerai , comme confirmant ce que je tous disais tout à Theure, relativement au caractère de marchandise qu'on ne peut dénier à l'or et à Targent, la variation des rapports entre ces deux mentaux par suite de l'abondance ou de la rareté de ruT\ d'eux. L'argent étant pris comme étalon^ nous voyons ;
Qu'en Europe le rapport est, tantôt : : 14:1
et tantôt :: 14,5 : 1
qu'à la Chine d' il est :: 13,5 : 1
au Japon d*" : : 9 : 1
Un savant étranger, M. de Humboldt, nous fournit encore d'autres renseignements. Suivant lui, l'or serait 45 fois plus rare que l'argent ; ce chiffre infirmerait ceux que je viens de vous citer, si je ne plaçais , à côté de cette énorme différence, 9 et 14 à 45, une explication fort simple et très catégorique. Réellement 4^ f^îs plus abondant que l'or, l'argent a cependant une valeur triple de celle qne ce rapport semble lui assigner, parce que son utilité industrielle, beaucoup plus grande que celle de lor, le fait rechercher «pour une foule d'emplois ; or la demande est, vous le savez, l'un des éléments qui concourent à former le prix et à assigner une valeur aux choses. M. Jacob a estimé ( On precious métal) la quantité d'argent absorbée par l'argenterie en Angleterre à 1 50 millions de francs.
Si, des métaux qui forment la matière première
( *»2 ) ^kt mokMieê, nous passons atfx Aïoniiaies etle^ mèÊdeê, nons verrons, en premier Ken, ^foe (telles dont on fait usage depuis un temps déjà reculé, sont tout simplement une certaine quantité, un eerCani poids dor ou d'argent, convenaUtment mélangé, et dans des proportions dé- -terminée d'une manière rigoureuse avec un autre métal, h enivre. Cet alliage est divisé par coupures, qtâ reçoivent , au moyen d'un balancier, irne empreinte qui en indique la valeur et l'origine. Sans cette précaution les monnaies n'eussent pas rendu les services que Ton attendait d'elles : on comprend, en effet, quelle incertitude, quels emt)arras teraiemt nés de l'absence de garantie et de I ignom^e du poids des coupures» Qui voudrait comtnereer avec des lingots dont chacun serait libre de diminuer le poids et d'altérer le titre , c'està^ire d'augmenter la proportion de métal inférieur? Que de temps perdu pour les vérifications de poids , et que de diflicultés , d'impossibilités même pour celle du titre. L'empreinte indique donc l'origine, c'est-à-dire le pays où les monnaies ont été frappées , et c'est pour plus de sé^ eurité qu'on a confié le monopole de cette opération aux gouvernements, afin qu'il y eût plus d'unité, et qu'il n'y eût qu'une seule espèce de monnaie et et d'empreinte dans un pays.
L'histoire nous apprend combien de fois cette sécurité a été troublée par les fraudes que l'autorité ne s'est pas fait faute de commettre^ chaque fois qu'elle a cru y trouver son intérêt du moment. Les monnaies françaises , si pures aujourd'hui, e^:
t&Mmi k IQf purti» du peî4^de Vorouda Imv giHt, ^i^ntantrtCois» et «lème wua LwiUXlV •tl4€«ia XV» ckM un état d^ Calûfic^tîoii com» tenta; U oolkction dci» QapUuUires» loi»» édita e( <>f4QiiiiMm6 du foyauiM ne cwtiemieQt pa^ nKiinf d« 760 pièces r^tatit^ à éw aUérttions dt oim^. niô^, C'fiat wrtQut apr^ la déeouv^Tte d^ wm^ veau monde Qt VexploitatîoD d^ «e» mÎMa que» oa gwre de méfaits se multiplia au Kurope, h Ceux; fui n'avaient pas de mine« a*imaginérent qu iU ea trouvei^ient l'équivatenl dana la réduiîtion dià poids et du titre de leurs éeus , et la fausse wm^ Mie devint^ peur tes gouvernements , une arme à deux tranebants , dont ila se blessaient euiHnémet en essayant de s en sertir eontre kura ennemis^ Ainsi firent les Hollandais, dans leur révolu^ tion contre YEspa^uQ, et les Français , au xvii' aie* cle, dana leur guerre ccmtre les Espagnols^ Venise et Florence m^me, ces républiques opulentes, ne se refusèrent pas ce supplément ignoUe de ref« venu (4). d Le mal aiait jeté partout de profondes racines , et l'Europe n'était pas seulement inondée de mauvaises monnaies . mais encore d'un nombre considérable de livres snr la monnaie ; les uns écrits au noni du public pouf signaler les inoonvénients des altérations, les autres par le gouvernement ou ses amis, pour défendre les refontes. Les plus grandes erreurs et les vérités les plus ineontes|a« blés sont accumulée» <fons ces livres, qui n'ont
(1) HiSTOniB DE L^écOIfOMIE rOLITIQXTE I, p. 583.
plus, aujourdliui que to»t le Monde efttàH|^-* près conTaincn des avantagea de la probîlé, en fait de monnaies , qu'un intérêt de curioftité. Jamais^ à aucune époque^ les altérations ne ftirent plus scandaleuses qu'en France , sous le régne de Philippe de Valois y que Ton pourrait^ avec raison, appeler le roi &ux monnayeur. Tous les contrats, les marchés furent en quelque sorte anéantis; quiconque avait vendu , au temps de la bonne monnaie y était payé avec la faible^ parce que les ordonnances voulaient que les paiements eussent lieu dans la monnaie courante. Ces fraudes officielles, répétées , comme à l'envie, par presque tous nos rois, et qui firent descendre à 50 francs la valeur de la livre d'argent, qui était à 80, sous Charlemagne, eurent les conséquences les plus graves ; on vit, après chaque ordonnance, des magasins se fermer, et les commerçants quitter le royaume et aller, avec les principaux artisans, porter leurs capitaux et leurs talents dans des pays où la propriété était mieux respectée.
Rendus presque toujours pour venir au secourt des finances obérées , les édits de falsification allaient directement contre le but que leurs auteurs s'étaient proposé; les monnaies réduites étaient bientôt dépréciées , et le prix des choses que le ^ gouvernement avait besoin d'acheter pour Teûtretien des troupes augmentait , ainsi que toutes les . dépenses dont il était chargé, en proportion desaltérations commises. D'un autre coté encore, les impôts étant payés en monnaie afiaiblie, les ressources étaient rendues insufiisantes, et on était obligé
( <8S ) d'augittenter eneore Us taxes, déjà trof lourdes.
On ne peut, aujourd'hui, se fiiire une idée exacte de tous les désastres dont ce détestable sys« téme fut la cause, de toutes les catastrophes qu'il traîna à sa suite; système aussi funeste au pays qu'une guerre malheureuse, et qui donna naissance à toutes les fausses assertions que nos pères s'étaient faites sur le véritable rôle que les métaux précieux jouent dans la circulation : c'esl lui qui a donné naissance à ces lois, non moins ridicules que funestes , sur l'exportation de l'or, dont l'interdiction, sous peine de mort, privait le pays des bénéfices qu'il eût retirés de tous les échanges avec l'étranger, échanges qui n'avaient pas lieu parce qu'ils ne pouvaient se solder avec la seule marchanilise disponible.
Quoiqu'à toutes les époques où les monnaies furent altérées on eût immédiatement observé un renchérissement équivalent dans le prix des marchandises et des denrées, jamais on ne fut arrêté par la crainte de déterminer une pareille crise ; çe&i surtout dans la question des monnaies qu^l est vrai de dire que le passé n'a pas eu d'enseigne* ment pour les générations suivantes. L'excès des émissions d'assignats sur la valeur des propriétés nationales, fut une véritable altération de monnaies commise par la révolution : le papier rem* plissait alors /toutes les fonctions de la monnaie; il fut déprécié par sa trop grande abondance, qui divisait en parcelles microscopiques les propriétés, qui formaient le gage que représentait le papier; comme sous Louis XIV et les rois ses pràléces*
(180) scttTi, à fkllut décréter que la frtonhaîe, de mékarl k une époque et de papier à fairtre^ aurait un cours oMigatoîre et forcé. Dans le même temps , TAngleterre se vit réduite à la même extrémité; elfe aussi abusa de la propriété que lei billets de crédit otot de pouvoir serrir atrx édianges commt les métaux précieux, et elle dépassa les limites d'une sage émission , en faisant serrir les billet$ de la banque de Londres à solder des troupes et des employés , au lieu de ne les employer qu'a des opérations de commerce. Ces billets, à peine sortis des presses de la Banque, vinrent se représetttcar en masse ati remboursement, ce qui rendit la ré* serre du tiers en espèces insuffisante; et comme le gouvernement , auquel ces avances étaient faites pour susciter et soutenir la guerre contre nous, abusait de sa position pour forcer les émissions, la Banque se vit bien t6t dans Timpossibilhé de rembourser tous ses billets. Le ministre Pitt, qui avait ehtraîné le directeur de la Banque dans cette fausse opération , promît alors et obtint du parle-* ment un bill qui autonsait la Banque d'Angleterre à suspendre les paiements en espèce. Il en résulta immédiatement une dépi'éciation du papier, qui toutefois n'alla pas trop loin , parce que l'on se hâta d'arrêter les émissions; mais il en-arrîva toujours que le prix de toutes les choses augmenta , que les propriétaires , qui payaient tout phii cher, exigèrent de leurs fermiers des baux plus élevés parce qu'ils vendaient leurs denrées à un prix nominalement plus fort/ De leur côté, tous hfs salariés du gouvernement , les employés , les
TûàpÈtf^tÉ, la marine, Tàrmét, les grands seigneurs peniionn^ , demandèrent une augmenfation de leurs traitements , soldes et pensions , proportionnelle à raccroissemetït de leurs dépensas personnelles occasionnées par la dépréciation des biflets qui circulaient presque seuls dans le pubKe. Après un certain temps de malaise causé par ce désordre financier , les choses reprirent leur cours accoutumé ; les rapports se rétablirent comme par le passé , chacun stipulant une élévation du prix de ses produits correspondant à fei baisse du papier; il en fut ainsi jusqu'en 1818, lorsque la paix , dont nous payl^mes si cher k retour, lera la plus forte partie des charges que fei guerre avait fait peser si long-temps sur TAngleterre ; ce pays voulut alors rentrer dans les conditions d'une circulation libre et d'un système monétaire complet et régulier, et sur la proposition qui en fut faite par sir R. Peel, le cours des tïillets de banque cessa d'être forcée et la Banque reprit les paiements en espèce. La révolution causée par ce retour au droit commun, fit en quelque sorte plus de mal que la mesure qui en avait fait sortir. Les employés , les soldats , les marins , les juges , les lords et les propriétaires, y gagnèrent de conserver leur augmentation de revenus; le trésor et les fermiers y perdirent toute la différence entre le papier et les métaux. Tous les baux consentis , les marchés passés , à Tépoque de la dépréciation, resléreîit au même taux lors du rétablissement de l'équilibre; ceux qui devaient les payer supportèrent seuls la perte^
Si| quittant TEuropei nous voulioni amtinuer nos recherches historiques sur ks priocipales révolutions monétairea du monde, nous verrons le pays de Tor, le Brésil, épuisé lui-même par lavidité de ses dominateurs,, manquer à son tour de ce précieux métal, et^ contraint de le suppléer, non, comme en France et en Angleterre, par les effets de crédit, mais par de la monnaie dje convention, du billon, qui altéra son crédit comme une falsi* ûcation de monnaie, puisque ralliagt dont se compose le billon n'est guère à l'argent que: : 1 : 80, et fait baisser considérablement les changes pour ce pays, parce qu'au lieu d'y être payé en bonne monnaie, on est exposé à ne recevoir, en billon , qu'une partie de la valeur réelle des traites dont on est porteur. La France aussi avait, à Tépoque de sa révolution , recourni à cette ressource extrême du billon , et avait inondé la circulation de celte déplorable monnaie, si facile à contrefaire ; ce dont les faux-monnayeurs anglais ne se firent pas faute, semblables en cela, à ceux qui, quelques années auparavant, avaient triplé la masse de billon, émise par un roi de Sardaigne, fraude dont on s'aperçut lorsqu'un prince de ce pays , voulant, en 1787, faire disparaître cette monnaie, il se présenta au remboursement trois fois plus de billon qu'il n'en avait été frappé par le gouvernement.
Nous trouvant aiusi ramenés à la question de fabrication des monnaies, je vous en dirai quelques mots, et terminerai par l'examen du projet que le gouvernement belge a formé de bouleverser son système monétaire , projet dont je vous ai précédemment entretenu.
Dans certains pays^ comme en Angleterre ei en Russie, le puUic ne paie pas les frais de fabricalion des monnaies, qui retombent à k charge du Trésm. Ceux qui déposent leurs lingots ont seulement à supp(»ter une perte d'intérêt pour tout le temps que dure ce dépôt.
En France/les frais de Êibricatton des monnaies sont payés par les propriétaires de lingots qui veu^ lent les transformer eu pièces ayant cours; ils s'é*lévent aux 0750 dix millièmes des sommes versées, c'est-4-dire qu'une pièce de 5 francs pesant 22,&00 millig. ne vaut que 4 fraiH^ 9250 dix millièmes , que le cuiyre pour alliage pesant 2,500 millig. est compté pour rien , et que les frais représentent les 0750 dix millièmes restant.
Les inconvénients et les embarras qui ont cons<« tamment accompagné les altérations ont , depuis un certain tems déjà , fait sentir les avantages de la loyauté dans cette partie des affaires comme dans toutes les autres. C'est à l'observation cons-^ tante de cette règle, que certains états ont dû de voir leurs monnaies préférées par le commerce et recherchées sur toutes les places. Les ducats de Hollande, les sequins deyenise,etles piastres d'Espagned'unecertaine création^ dûrentcet avantage à leur grande pureté. Tout le mondé aujourd'hui devrait ètpe convaincu qu'il n'y a pas de réputation et de sécurité commerciale' hoi*s de cette voie , aussi sommes-nous étonnés de voir un gouvernement aussi éclairé que celui de la Belgique, retomber au 1 9« siècle dans les erreurs et les fautes du moyen âge et de la renaissance.
iÊmiè la cireulatiaD et é'f TtnpUr wacmremmBut
«p^ l'aET^ent lôs iDsctions de wtommst y était de^ maiPé, iiia%ré T^nipreHite dom il ë|ait Ana{>pëy 11^ marohatidîie q» se troataît acuiemesit dans la boutique des changeurs, qui ie i^endaieat, ep imison^e ia firvear dont ils jouissaient aopràs d'me eertaine'ciaase de^ODitsoiiiaiaOeurs tels cpie les roip^ geurs, les miiitaiitss, etc, 40, 42^Hkèiiie45ffaJMes déplus que sa valeur officielle ; les mintstrei beU ^ tml pensé que cetle prime ^ à laquelle le coai^ merce a dom^ le nom d'ag^^ , faisait partie de la tàleur intrinsèque de Tor, et'^'it n'y avait ssh* cwn înconvënîent à fabriquer de nouvelles pièoeë qui ne contiendraient réeHement qu'une quan-t tité d'or équivalente 4 ce que le publie eonaentait à donner d'argent en ëdaange, c'est-à-dire diminuées dans le fait de 10, 12 ou 16 francs par mille. Quelques chiffres fwont mieux comprendre le projet en question.
En Belgique comme en France on taille dans un kilogramme d'or , 1 55 pièces de *Î6 francs pesant
cbacune • 6 gr. 4^ m.
en y ajoutant tm quart pour former la pièce de 2i5 francs qu'on veut frapper en Belgique on aura 1 gr. 6S3 m.
soît , pour la pièce de 25 francs. . . S gr. 065 m. Mais aux termes de la nouvelle loi les
pièces ne pèseraient aue 7 gr. 960 m.
d'est-à-dîre sersûent réduites de. . 0 gr. 105 m, quî=* fr. Ifib m. par piéce^ ou 1 fr. 30 par 100, ou13fr. par 1,000.
Pws Véia^^kQtv^ l'orea liagot vtUnt 3,485 fr. 72 cenL le^ilpg^^ et le kibg. d'or iix>naayé éUaU mis dans la cisoMkUdQ beï^ au pm ioférieur de 3,444 ïr.^ 44 cent^ U résulte ums perte d« 41 fr. 28 cent |)tr kilog. d'or. C'est pour couvrir cette perte que Ton propose la diminutioii de |KMds doot BOUS venons de parler^ et ^ui^ ainsi qu^ nous l'avons vu est =7:^ £r« 30 cent, par JOÛ, ou 44ir. 777 m. pour un k. au prix lé^al de 3,444 f. 44 c. le kilqg.
Sans insister ^ur rioconvénient qui résulte de briser le syistème décimal français qui était adopté en £el^qu€|<, (4j|)ar la fabrication des pièces d^ 1 0, 25, 50 et 1 00 francs , dont les unes , les dernières, seront soustraites de la circulation pour être enfouies par les thésauriseurs, et les autres
(1) 'Votci qaelqtnA'diStiills cin4etix «nr VfShM monéCaire Vk-ançalse et ses
oilTOMD!I&TiairlDES PIÈCES. POIDS. TjTJLE. DUMÈT&K.
SftWitS. *<l(,<M)^r. *^06lh. 37ttfilHm.tmi6,4Dlfif.
Ifâ- 4p«tfO A0«- 1* -► «f6i»-«t
lOceDtimet. 2,000 100^ 19 — 8,432 —
Il faut 40 pièces de 5 francs pour faire un kiio^ j
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400 — îfi— — do —
800 — 40 cent. — d» — II suffit donc d*aYoir une pièce de 8 francs pour pouvoir établir, non seulement le hilog., mais encore le litre et le mètre, puisque cette pièce pèse 25 grammes et que 40 font 1000 grammes ou 1 kilog.,ce qui est juste le poids d'un litre d'eau distillée. Cette même pièce ayant 37 millim. de diamètre, il en faudrait 97 ajoutées limbe contre limbe , pour donner 999 mUlim. ou un mètre à un millimètre prés.
[VmLOViifiUyDict^' du commerce), Not«duRéd.
ne poiin*ont faire la moitié des paiements qiri se présentent à chaque instant^ tels que ceux de sommes de 20, ^, 40, 70, 80, 90 francs, etc. ; je ne puis que déplorer Terreur du gouvernement belge qui va par son projet , mettre des entraves aux relations de commerce de ce pays avec tous les autres peuples. Qu'un négociant belge vienne en Bourgogne acheter une partie de vins , et après le prix convenu, le propriétaire français stipulera une augmentation de 1 3 p. cent en cas de paiement en or affaibli ; il en sera de même partout ailleurs; la défiance , l'incertitude du mode de paiement rendront les transactions plus difficiles et feront élever les prix.
De toutes les manières , ce projet est mauvais , il nuit au commerce et ne peut , malgré ses auteurs , empêcher l'or d*être recherché avec une faveur, c'est-à-dire un agio variable, suivant certaines circonstances ; de telle sorte, que le rap« port rétabli aujourd'hui par une nouvelle fabrication de pièces d'or serait rompu demain et toujours ainsi. Cette seule considération devrait suffire pour faire rejeter cette malencontreuse proposition.
Ad. B (des y).