QUATORZIÈME LEÇON
SétMcniv 19 JMTier i$iêf
CONgTITDTlON DE L'AGRICULTURE.
SoMMAïus : Ressemblance àM procédés aclaels tfec ceax ées Romains.— L^tTentr de l^gHctntare est dans an nooTean système d*orf aofsatfon .
Da système ytlri«r«aK — CoiSiHvtjan de la prepriété.* Comment eelt# coDstilDlion 8*est eflectoée en Amérique.— Noie sur le prix des terres dans ee pays.
Dn sysièmê rçmaùi,-^ L'agricnltnre hoBor^e k Rome.— Docnraenis laissés par les Romains.
Ofliurê par Im «9cI«v#«.— Lee etetayes se ttansfonnent en êêrfs aimehéê à la glèb0;^Le% serCl defiennent cen^tVairtfi;— Les censitaires defien* nent métayers.-^ Appréciation da métayage.
Dt fêwrrage. — Gomparaiion da système des banx en Prante et en Angleterre. — InconTénients des fermes ditisées en Jof«.— Misère des petits fermiers.
Iniaence de Vuiurê et ite la rtttfn^ pâimê.
Statistique de ^agriculture en France. — Popaiatlen des commones. --< Revenus des communes. — Impôts. — Procès. ^ Division de la prof f lété par le fiio. — Les ttelaires et les gens de lei. -^ Statistique dtt sel. '
Messieurs,
Nous nous occuperons ee soir de ia constitution de lagricullure aux diflPérentes époques de l'histoire , afin que vous puissiez juger ^ par les phase» que cette branche de l'industrie humaine a par^* courues , de ce qui lui reste à faire.
Une chose attirera d'abord votre attention ; c'est la ressemblance frappante qui existe entre les procédés en vogue aujourd'hui , et ceux des Romains, dont nous retrouvons la description dans les écrits que nous ont laissés Varron et Golumelle , sans compter les Géorgîques de Virgile, qui sont à la fois un curieux traité d'agriculture et un beau poème. J'insiste sur ce point, parce que c'est beaucoup moins dans la nouveauté des' méthodes et les perfectionnements des instruments, que dans sa théorie sociale , qu'il faut désormais chercher l'avenir et la prospérité de l'agriculture.
D'abord nous voyons apparaître le système pa^ triarcal , comme Tappelle M. de Sismondi ; l'homme vagabond et nomade transporte sa tente où la nature lui sourit davantage. Il y a de la terre pour tous ceux qui arrivent. 11 n'est pas nécessaire de se reporter à une époque antérieure au déluge pour se faire une idée d'une semblable constitution; les Arabes et les Bédouins sont encore, au momeift où je vous parle, errants avec leurs troupeaux. Mais un tel état de choses ne pouvait guère amé«» liorer l'agriculture; et tout au plus â'îl convenait aux sociétés naissantes, peu nombreuses par rapport aux terres qu'elles occupaient; aux peuples chasseurs il fallait de profondes forêts sans fin , aux bergers nomades il fallait d'immenses prairies, et Ton peut dire que dans ces temps primitifs , les champs étaient plus dévastés qu'ils n'étaient cultivés. Fourrant ce système, que vous jugez sans peine comme Tautipode des progrès^ nous le trouvons en-* çore constitué en France, avec ses abus^ bien qu'il
ne faille pas être un grand ëeonomiste pour oobh* prenulre tout ce qu'une pareille organisation fait perdre au pays* . A mesure que la population augmente, la pror priété se Cimstitùe, et l'agriculture rentre de plus en plus dans les conditions d*une exploitation régulière. La propriété a bien toujours pour prin*cipe l'occupation ; mais celle-ci devient constante de passagère qu'elle était , et chaque occupant fait tous ses eflEorts pour repousser les envahissements des voisins dont à son tour il respecte les droits. C'est d'ailleurs ce que nous avons vu se passer ^ presque sous nos yeux en Amérique. D'abord on a appelé les colons de toutes les parties du globe ^ et on leur a donné non-seulement la terre qu'ils ont voulue^ mais encore une prime sous forme d'instruments, de bestiaux et de bâtiments. Puis on a cessé la prime et Ton s*est borné à donner le terrain ; c*était le moment, où Ton était, si vous voulez, au pair. Plus tard on a distribué les terres dans de certaines limites / et sous certaines conditions; plus tard encore on les a vendues , et en ce moment , elles sont 1 objet d'un agiotage (1). Ainsi, dans un
(1) Les unrcs de Toue»! m Te^denl à raUon dt 46 fr. 48 MrJ>«<^r«* Il n*y a pas de coDcessfoDs gratuUes, mais un certain nombre d'indiTidua déti^ëa aona le nom de squatêrs a^emparénl dea terrains non encore achetéi, les défrichent et les etploiteot sans rien payer ; et quand plua tard les terres qu'ils onl prises pour former leurs fermes, sont mises ea rente, ils ent le droit de préemption sar tonf les autres acbeteori.
Le prix des terraioa est énormément plus élcTé aux alentours ou dans Pinlérieur des ? jlles ; à Philadelphie dans Market slreet, et h New>York ^ani Wall atreet, il se Ttnd }«gqa*à 3 et 4,000 fr. la toise carrée^oa 7S9,000 à 4,053,000 fr.Vhectare.
(385) tf&mi eipftce Ae ten^ft^ daBsie eonirint 4'oiit «xit- Mice d^hanuiie ^ nous aimw pu «Kaminer toutes les phases qu'a dû traverser la propriété avant de ^ constitCN^r confortnëmefil à nos morars et à nos
La grande colonisation de TAmériqne vous |>itmve encore que raccroissement de la popuktioaa augmente ki demande de nourriture^ et arec «lie tout naturellement, riustrum^itqtfi sert à la pro^ duire. La terre devient la première de toutes lèB marchandises, en se constituant propriété exdo* sive , pour des raisons fort simples. La première occupation fait droit , parée qu'elle entraine avec elle des peines et dès ennuis , parce qu'elle néces^ site du travail et la dépense d'un capital moral* Les nouveaux venus n'ont pas besoin de déployer le courage des premiers colons; ils ne sont point exposés aux mêmes privations, et ils n'oot qu'il entrer en jouissance. Voilà pourquoi le premier occupant a le droit de faire des conditions à celui qui veut devenir possessair à sa place. C'est ainsi que la propriété se constitue , et que tout un état progresse en civilisation.
Au système patriarcal , tel que je viens de le décrire , a succédé un système assez difficile à définir et que j'appellerai le système romain.
A Rome, et surtout du temps de la république, la terre était cultivée par les propriétaires euxmêmes, ayant à leur disposition une classe de journaliers. Ça a été sans doute Tépoque la plus florissante pour l'agriculture; vous savez qu'on s'honorait du travail des champs, et que c'est à la
(283 ) chainie qu^on altoit chercher des consote ^ parce que c'é^it alors le poste des hommes d'hoimeor. Il est fa cite de joger de la tendance de Tépoque par les brillants écrits qui nous sont restés , et qui portent tous Fempreinte de cet hommage politique que ces Yiiinqueurs intrépides rendaient à l'agriculture. Les lettres de Pline y l'éloquence de Cicé^ roii y la poésie d'Horace et de Virgile , ont en cela une unanimité remarquable^ et rendent pour l'agriculture une affection vive et bien sentie que nous ne retrouvons plus aujourd'hui. Si nous n'avions d'autres documents que ceux des belles-lettres^ Ton pourrait croire que l'imagination de ces auteurs s'est feit une illusion complète; mais comme je vous le disais^ en commençant, il nous est resté des écrits spéciaux où la greffe des arbres, par exempte , et où l'éducation des bestiaux sont enseignées avec une rare exactitude; et tous ceux qui ont lu Columelle, savent que ce n'est pas sans fruit que les plus habiles d'aujourd'hui , l'ont souvent consulté.
Plus tard survinrent d'immenses conquêtes , et nvec elles ou plutôt après elles les hommes de loisir , c'est-à-dire les paresseux , car il faut appeler les choses par leur nom. Ce fut alors que les grands propriétaires , au lieu de dépenser leur intelligence pour améliorer leurs champs , coururent la perdre dans les villes. Chacun d'eux eut des intendants et ceux-ci des esclaffes , véritables nègres blancs^ qu'ils firent travailler à coups de bâtons. Or, Messieurs, vous le savez, ce n'est pas la te bon système, et c'^st un triste encouragement
au travail que les coups de bâton. Avec une si déplorable organisation vous concevrez sans peine que l'agriculture dut forcément suivre l'empire dans sa décadence.
Fort heureusement une nouvelle révolution dans sa constitution vint régénérer Tindustrië agricole. Vous savez que vers la fin du grand empire^ il y eut deux têtes pour commander un même corps; Tune d'elles était à Gonstantinople et Tau- .tre k Rome , et le Christianisme prêchait amour pour le travail et pitié pour les travailleurs. L'esclavage ancien se transforma en servage; c'est-àdire que les esclaves furent attachés à la glèbe, et qu'ils ne- pouvaient être vendus qu'avec la terre dont ils étaient une des dépendances. C'était un commencement d'émancipation, et déjà l'homme put se considérer comme un meuble utile. Les travailleurs quoique vendus d'abord comme du bétail, s*at tachèrent au sel qui les avait vus naître et qui les nourrissait, et l'habitude finît par leur donner des idées de propriiUé. Peu à peu ils surent réckimer certains avantages; on leur accorda pour leur propre compte, d'abord un jour, puis deux et enfin. Dieu et la nécessité aidant, iquelques-uns purent gagner de quoi se racheter. C'était déjà un grand pas que cette lueur d'amélioration , que cette liberté qu'on apercevait au loin , bieù loin sans doute; mais enfin que l'on pouvait atteindre.
Nous voilà arrivés aux ^erfs censitaires ^ à ces embryons de* fermiers, propriétaires des fruits de leur travail moyennant un cens payé au proprié-
( 285 ) taire qui les avait, acquis avec sa terrç* Au premier abord ^ ce rapprochement des fermiers et des serfe censitaires y peut paraître paradoxal; mais en y réfléchissant de plus près , ou voit qu a la liberté près y les fermiers de nos jours sont de véritables censitaires.
Indépendamment de ces censitaires ou villard (gens des campagnes) admis à payer à leurs possesseurs une redevance au moyen de laquelle le surplus des produits de la culture leur appartenait, il y avait aussi quelques hommes libres , en petit nombre, il est vrai, qui conservaient une ombre d'indépendance, et jouissaient du fruit de leur travail , dans certaines limites , comme l'indique le nom de conditionales irihuiarii ( tributaires conditionnels).
A une époque moins éloignée apparaissent les colons partiaires , classe fort originale dont vous avez plus souvent entendu parler. Les colons partiaires comme les métayers d'aujourd'hui, fournissaient leurs bras et leur industrie et partageaient avec le maître qui fournissait à son tour le sol et les autres instruments. Ce partage toujours naturellement fort léonin était un progrès. Le cultivateur travaillait davantage et le propriétaire l'encourageait aussi davantage.
C'est à l'arrivée des métayers , à leur invasion , qu'il faut rapporter. le changement complet qui s'est opéré dans la constitution de l'agriculture; on les voit en. Toscane d'abord, puis en Allemagne, en Angleterre où ce système existe encore au complet , et enfin en France où ce système a pro-
( 286 ) dfirift les plu» heureux résultats au moim au temps dont nous parlons. Ce sysléme était le seul po«si^ ble à une époque où il n'y avait pas d'argent ; ai>* jourd'hui il n'oflfire plus de ressources; car le serf devenu métayer ne peut point ama^er un capital suffisant poiir faire des avances en instruments, en semences, en bestiaux; car les échanges ne se font que difi&cilement en nature. Cependant ce que ce commencement de sécurité accordée au* travail-leurs agricoles produisit de résultats favoraUes ^ est très remarquable.
Des circonstances heureuses ayant permis plus tard aux capitaux de se développer , Ton vit remplacer le métayage par lé/ermage qui est aujour-' d'hui la plus haute expression du progrés. Le propriétaire ne fournit que la terre et celui qui doit la féconder n'est plus seulement un travailleur intelligent f mais un capitaliste possédant lui-même des bestiaux, des outils, des semences, ete,, et en m^e temps des avances, soit en nature ^ soit en argent, pour se nourrir ainsi que ses ouvriers jusqu'à la vente de ses récoltes. C'est sous ce régime que Tagriculture a prospéré, et qu eUe est devenue tout à la fois un art souvent difficile à exeroer , et une grande source de richesses.
Ainsi donc, comme je le disais en commençant, l'avenir de l'agriculture est beaucoup moins une question de procédés qu'aune question d'organisation. D'un autre côté la prospérité de Tagriculture est d'autant plus grande que le propriétaire réside davantage sur ses terres -et les exploite lui-même, et que la condition des travailleurs qu'il emploie
est phis hetireiise* Jamais elte tit fut en pins eom« pMte déeadeiiee, que lorsque ie propriétaire ka*- Mliiit de b Tille , laissa le ioin d^administrer ses bkosà nu intendant ; et que le cultivateur propremei^ dit JFàt réduit à un dur esclavage.
Le fermage contribuera d'autant plus à la prospérité de l'agriculture^ que le fermier tiendra plus du propriétaire et qu'il s'éloignera aussi plus de la eonditioa de serf censitaire ou de mé* tayer. L'Angleterre et la France pourront me fournir des iaks à l'appui de cette assertion. * En Angleterre le fermier peu t jusqu'à un certain poitÈit se considérer comme propriétaire ; en effet au lieu d'avoir comme en France un bail de six ou neuf ans, quinze ans au plus; il a un bail emphi«* té(Hique qui peut durer de 60 à 99 ans. Il n'est pas difficile de comprendre les résultats^ différents que l'oa doit obtenir avec ces syslïèmês ; le fermier anglais f franc tenancier {free holder) à l'abri de la longueur de son bail , peut entreprendre des essais et faire des améliorations ; il est sûr d'en retirer les fruits. D'un autre côté un simple fermage de deux livres (cinquante francs) le rend électeur. Mais en France^ un fermier n'ose rien entreprendre; il ne plante pas d'arbres , parce qu'il est sûr que ses enfants ne les couperont point; il ne renouvelle pas ses fonds de terre par des engrais suffisants, parce que son capital n'aura pas le temps de lui rentriT. Il travaille et vit au jour le jour.
Une autre cause agit encore en France au détriment de l'agriculture et s'oppose à ses progrès. I^ propriété est très divisée ; pour 1 0 millions de pro-
(288) priétaiies , ou y compte 120 millions de parcelte^, et comme si ce n'était pas encore asse:^ de ce tamisage du sol^ les détenteurs de portions un peu considérables les subdivisent encore en plusieurs exploitations. Une avidité mal entendis a poussé les propriétaires vers ce système. Les fermiers aisés pouvant se passer d'eux, ont refusé de souscrire dés contrats à des prix désavantageux j c'est alors qu'ils ont divisé leurs fermes en petits lots, et qu'ils ont pu profiter de la concurrence que se livrent des travailleurs malheureux ,qui n'analysent pas toujours bien les conditions qu'on leur ofire, et qui souscrivent souvent des engagements qu'ils ne peuvent pas remplir. Ce triste résultat, qu'il y a lieu de déplorer aujourd'hui dans plusieurs parties de la France ,. s'explique très bien par l'impossibilité dans laquelle se trouvent vi«-à-vis des grands fermiers , les journaliers devenus fermiers qui n'ont ni assez de chevaux pour labourer, ni assez de voitures pour effectuer les transports. Aussi quand vient le moment de payer le fermage ou la rente, ils vendent leurs récoltes comme ib peuvent et presque toujours à perte. Admettez maintenant qu'un orage ait détruit leur habitation, qu'une maladie ait ravagé leurs troupeaux, que des insectes ont dévasté leurs récoltes, il ne leur reste plus d'autre ressource que l'hôpital. C'est alors que pour sortir d'embarras , beaucoup d'entre eux veulent de nouvelles terres, et que de nouvelles avances devenant nécessaires , ils cherchent à emprunter. Dès ce moment leur raine est certaine; l'usure s'attache à eux et absorbe toutes leurs res*
( 289) sources. U faut le dire ; l'usurier prend toutes les formes; l'empruiUeur a-^t-îl un peu de bien, c'est le propriétaire qui lui prête , dans un espoir de rapacité peu honorable ; s'adresse-t-il à des prè-> teurs ordinaires, il trouve des gens qui le voyant dans la g^e lui disent : « Nous n'ayons pas d'argent ; mais void des marchandises que nous TOUS cédons à tel prix ; vendez-les , vous aurez de l'argent. » Poussé par la nécessité, il accqïte pour revendre a perte à un compère du prêteur , et aU bout d'un certain nombre d'années il est complet teuient perdu. Ces détails vous paraissent incroya^ blés; mais demandez à ceux qui ont vécu avec les agriculteurs $ ils vous apprendront que l'usurier agricole e$t le type de Tespéce, et que dans phis d'un déparlement ces loups cerviers ont réduit nos cultivateurs à la condition misérable du paysan irlandais.
Ajoutez encore à toutes œs causes dissolvantes, un vice d'organisation que nous avons de comniun avec l'Espagne, notre malheureuse voisine; je veux parler de cette coutume barbare qui rattache l'agriculture du dix-neuvième siècle à celle des temps héroïques de l'Arabie et de l'Asie, connue sous le nom de droit de parcours et de vaine pâture , et qui n est autre chose qu'uti droit de dévastation et de pillage aecotdéiaux bestiaux, nouveaux mendiants à quatre pate»^ comme aux temps de la culture patriarcale. Le pmpriétairea bien le droit, .en vertu d'une loi de la république, dé porter plainte contre le voisin qui aura condiiitun trou^ peau sur ses terres ; le garde- champêtre fera son
BUrqui. m
( 2dè ) .
pit)ôêi^v*rbtti , lé jugé de pâi^ ][)roùoiiCera une Améticte pour punir k côutrâVeUtidni mais té propriëtmns he Bérti pâé suffi^AitUent iudemnisëy et il ft'en aUrà pas moins perdu ùm à peU prés sa teeqnde récolte. Vous Croyez peut-^être que cette iifigûiiéré Ooutume est ÛiVôràbié à l'éducation deé befttlaujtj tlétrompéz-vt)U8; elle leur e^i nuisible, pîirce qu'ils sont mal ûdttrris et que Therbè qu'on kur laisse est chétivêî Auési , ne peuvent^ils pas soutenir la comparaisoù avec ceux d'Angleterre, de 4a Belgique et de la Prusse rhénane, et même avec eeux des parties de la France où on a renoncé d'un commun accord à cette coutumfe déplorable. Avec un tel régime, toute amétibi'ation sérieuse est im^^ possible^ datis beau^up d'endroits on n'a point encore abai^ionné les jachères, dans d'autres on f est revenu après avoir en valu essayé des assolements et des prairies artificielles , sans cesse dévastés par le fléau des parcours. Un honorable député, Ma de Magnoncourti représmte de nouveau à chaque session avec une fôuable persistance , un projet de loi pwtant abolition générale de là vaine pâture; espérons qu'enfin cette année, sa patience sera courolinée de succès, et qu'une loi aer^ r^adue aur la tiiatîère. Ce sera le premier paa fait (kns la voie dés améliorations législatives pro« mises depuis long-temps à l'agriculture.
Cùmme nous aurons à nous occupa;* souvent èn^ cote de la question agricole , je terminerai ce soir en vous donnant quelques chiffines auxquels nous aurons plusieurs ibis ooçasi(m de nous reporter*
STATISTIQUE PB l'aGRICULTU&E EN I^RAITCE.
Population des commum^*
Sur 38,000 communes, plus de 33,000 renferment moins de 1,500 habita ns et 3,000 en ont moins de 200. La France est donc îin pays rural. •
• Âm^enms des communes.
3^528 communes ont un revenu moindre
que , fr. 100
87 seulement ont un revenu
supérieur à . . . 100,000
Beaucoup de communes n'ont d'autres revenus que les centimes additionnels, autorisés chaque année par les lois de finances.
Impôt
Les centimes additionnels ont produit en18S5,
fr. 9,331,147 L^affectation sur les patentes . . • 1 ,640,864 Les impôts extraordinaires . . .. 13,451,094 Les octrois . . 56,571 ;506
Procès.
Chaque année, le comité de l'intérieur du conseil d'état est saisi de plus de 6,000 aflPaires communales.
Division de la propriété.
On compté 10,893,528 propriétaires, et 123,360,308 parcelles.
Ce morcellement atomistique est déplorable. iSes plus puissans promoteurs sont le fisc et les notaires , également intéressés à des mutations de propriété donnant lieu à des actes, à des contrats, à des enregistremens et à une consommation de papier timbré. C'est sur les ruines qu'il cause de toutes parts, que s'élève dans nos campagnes l'aristocratie nouvelle des gens de loi»
Classification du soL
Le sol de la France se divise en
terres arables ..... 25,000,000 hectares.
Prés 5,000,000 «
Vignes • . 2,000,000. «
Bois ......... 7,000,000 «
\ Jardins et vergers . . . . 643,000 «
Étangs, mares et canaux 200,000 « Landes et bruyères . . - 8,000, 000 « et le reste en routes, chemins, rivières et propriétés bâties.
C'est sur une forte partie des 25 millions d'hectares de terres arables que la vaine pâture exerce set ravages.