‹ Cours d'économie industrielle, 1836-1838Chapitre 49 sur 105 · GRANDE COMMUNICATION · texte numérisé non relu

GRANDE COMMUNICATION

Fondation d'Écoles dans toutes Içp POBIWffW» et révision du programme d'enseijpemçntf

Enfin , adjonction de cours spécjfiWf d'i^^ppnir ture^ dTiorticuUure, d'amén9gen»çnt d^ \^^^

( 35 ^ d'bfdi'atilique agricole ^ etdeconfectiou déroutes et chemin» , dans les écoles aormale^ département tale$» pour les élèves qui se destiaeut à exercer lef ministère de maître d'école dans les campagnes (1 )• Spu^rinfluence du mouvement dont je viens de p(irl?ri ^ du retour des esprits vers Tagricultore , on a Gwstalé officicUementle3 résultats dont voici, lei^umé;

iie« Jfimds destinés à Fencewagement de TagricipjLMir^qui n étaient en 1830 que de 70,000 fr., eUifttMWt um emploi 1 3e sont élevés à 260^000 fr. ea 4^34; La dernier budget voté par le3 Chambrer a iwrté cette spmme au chiffre de 500,000 fr., qui es(ai¥)ore in3uffî3ant,

Hiçm ^vons aujourd'hui :

2^0 Comices 4^gricoles.

119 s0c)£t£s d*agricult0r£.

12 Fermes modèles.

18 DÉPÔTS n'ÉTALoirs.

â Haras pour les chevaux pur^swg»

(I) Ife pourrait-on pw faire de Pannée une pépinière d'agenU yoyers, de piquears et de eantoinlefs ioilraitiy (» MnplQTimle* iotdats sous les drapeaux aux travaux de construction et d^entretien de route? Alors même qna^lfi Ittor >^y IfOfmfttI f ^ 4>4f «nlff^^écodi^ires immédiat!, il y «n aurait un immense pour le pays à arracber les soldats à PoislVeté, à les habttuet an traTafl, è donner à b««uc«iip un état qal, lot8i|a!ils sorCirool du 99fmmf.le9* mt^ doplni grimd sefoiv^ pans 4e noiçbreuses locaMtéf OB n^i^ pas pu employer les fonds destinés à la confection des chemins, on ceux'-ei, mal ekéeiité», ami été biea file délévlorés, firate i9 Noa fipl4wteuf^ de tr|LT|uiY«Les trayaillenf's étaient no^breui^, pleins de bonne Tolonté ; argent et pierre tout était là, mais H n*y ayiit pas de chelh : . temps, argent et pierre, tout a été perdu, et le découragement a mué4& .au 4^ir à0 bi«p f«ire.

11 vi'tn eût pas été aitasi, si tout les aneleiis militaires de la fomraiiBe enÉbwt M Mmninl conHruirt et r^afer les remea^^^e qu^il» «urafeiK pu (acilem^Qt apprendre au cor p9, par théorie ou par pratique.— Que du moins Texemple du prissent aerte de leçon pour Pareoir.

» mif^ du Kéd. Ad. p. des vo

(36) ' Les dépenses pour les haras ne sont pas prélevées ' sur les fonds de l'agriculture , qu'elles dépassent de beaucoup ; elles forment à elles seules au budget uti article qui s'élève à 1 ,920,000 fr.

Tous ces chiffres et ceux qui précédent sont importants , et je vous les ai cités parce qu'il n'est plus permis aujourd'hui à personne de les ignorer. Leur connaissance est indispensable pour se former une idée juste de la véritable condition de Tagriculture , et ce n'est qiie parce qu'ils étaient ignorés qu'on à pu trouver si long-temps une aussi grande quantité de gens disposés à donner créance à tous les comptes sots qu'on a inventés et débités à plaisir sur les énormes profits de l'agriculture. Elle ne donne que 2 1/2 à 3 0/0 , et sur les faveurs dont elle était l'objet , par rapport à l'impôt , elle paie 400 millions d'impôt direct , sans la porticm que ses 22 millions à 25 millions de travailleurs supportent des impôts indirects ou sur la consommation , et des droits de douanes. .

EmUSTRlE HABîUFAGTIJiaEEE.

Si maintenant nous passons à l'étude de l'indus^ trie manufacturière , nous verrons que comme a l'ipdustrie agricole, il lui faut d'énormes capitaux, et chez ceux qui l'exploitent beaucoup d'intelligence , et de plus des connaissances nombreuses et variées.

Bien plus encore que l'agriculture , il faut que l'industrie observe le principe de la division du travail, non seulement entre chaque espèce de production, entre les contrées* et les villes, mais encore

(.37) dans la création de chaque produit, et même jui« que dans chaque opération de détail.

Tandis que dans l'agriculture il arrive fréquemment qu'un seul individu remplit toutes les fonctions du producteur, l'industrie, plus difficile à exercer, exige presque toujours lé concours de plusieurs coopérateurs distiucts;

Trois au moins sont indispensables , à savoir :

Le Savant ,

L'ËiiTREKiENEOR qui cst Gapitaustb en ïùkm^ temps,

L'Ouvrier.

Le Çavawt découvre, invente, perfectionne : je Tai nommé le martyr de l'industrie. Il enrichit ses concitoyens , fait la gloire de son pays , et meurt pauvre; heureux encore si on lui rend justice quand il n'est plus. Pour quelques-uns auxquels nous avons élevé des autels, toujours après leur mort, combien sont demeurés inconnus; grâces à Y habileté de metteurs en œuvre qui ont accepté, avec les profits de l'applioation , les honneurs de l'invention dont ils n'étaient que les éditeurs !

L'Entrepreneur, capitaliste ou commandité, est moins savant que le savant. Il doit cependant pos-« séder assez de connaissances pour savoir distin^ guer les bonnes idées des mauvaises ; pour acfae* ter en temps opportun, et vendre de même; deviner et prévenir les besoins de la consommation, afin d'étîe toujours en mesure de les satisfaire ; comme aussi pour prévoir les engorgements et les crises, afin de les éviter en s'arrêtant à propos..

L'Ouvrier est l'instrument qui exécute l'idée du

(38) 9tf tut dont rtnrfrcfpreMur a hk ê9Làko^.S^m que les lumiét^^de la soience lui édmoi auit) né* dé«êtttre(^ qu'ouft detnc {nremiéri, il ûe doit fMt« tlê- ^ti^» (^pmféaht de les àéquërir toute» le» fois cpie éetal h» 4Bt possible j rar jpîus il ^t instruit et |ihfs SA eoefiénitioa est utile ^ néœssaire et fruotueuse pour rentrepreneur> plus son traràil est parfoif } et pluf^ tiaturôUesient^ sa positi<m à hiî s'aitiëtiôre à mesure quHl se rapproche davantage des raâgs su* ]iirliiurs| car il obtient pour son concours^ ime pari de profits d'hantant plus forte qu'il a été plus utile* Beaucoup d'ouvriers parvenus à la fiirtaaë nous fiDurnisseât la preiire de TexMtitude de ces remarques* il est arrivé firéquemment, vont léserez^ que le savant et plus tard le capitaliste et reotre*^ preneur^ sont Sortis des rangs de rouvricr, de eelui qui, continuellement attaché à son bauc^ n'a qu'Un soin , qu'une occupation > et doutTinuigi* nation fixée sur un seul pôint> l'agrandit^ l'ol»* serve et Tinterroge^ dissipe les ténèbres qni en-*yéleppent tes difficultés ^ fait parler la matière et la rend docile^ plus mèmei intelligente* Qui^ mieill que l'ouvrier^ connaît les inconvénients d'une méthode ^ rUnperféction et la lenteur d une opération 7 qui , enfin> a perfectionné la plupart de nos machines ; qui, par exemple p a inventé le métier à fiW> a perfectionné la machine à vapeur? Ahxt- WRIGHT, Watt; uuouvriba tiIsêrakd^ un ouvtusii rHYSicien, que l'observation et là perséirëranee avaient rendus savants*

D^.ns toute entreprise industrielle bien montée» le sAVAitT, I'éntrevrenbur et TouvRiEii» doivent

ftiltii ftMMf une trinùé iûâM^Kié , éont thst^ue pftrtie est iftdispeuMbte au jett dèé deux âratiM J*im siéte^ looguetMtit tar de fx^iit^ Me^tsteur», p*reé qiM j« iftiê que iMg^eiKips cm a nie Tiidlitédtt eemeottn diret*t des sâttûtè dans HndiistHe. Ott a mécûiititt leurs s^^riees , on a i4 de leurs eipéK rknMea^ dé leurs essais; de ce que des t&tonne^ ibénts ataieut eu lieu , et qtie de prime^^ut ils n'éttûMt pcAtti attvféê à un résultat aj^icable; ou a borné à toujours leur avenir à un succès de eu-» riotité^ lem* réputation et leurs découvertes ne devaient pas franchir la pctttede leurs laboratc^res t w, dabtmue foi^ en a^il été ainsi ?-^Non, vous le savezy et au besoin mille exemples diraient comMen }'<m s'était trompé : permettez^moi dé vous en citer quelques-uns^

Long<4etnps la Pitt m Vôi/ta est demeurée dans les cabinets de physique , un instrument impro«ductif* Précieuse y sous le rapport scientifique , cette ^ande et belle découverte était nulle comme utilité pratique* Davy est venu à son tour et l'a hit èervir à garantir le doublage en cuivre des vaisseaux } son application ne se bornera pas là.

tiorsque LaBcm, Tingénieur^ fit ses expériences sur leoAz^ personne ne voulut lui prêter attention^ il demeura sans appui j et tes beaux travaux , qui devaient plus tard enrichir des milliers d'individua^ hii causèrent des dépenses qui entraînèrent sa ruine Il y a cinquante ans de cela f et aujourd'hui les plus belles riies de Paris^ tout Londres , un grand nombre.de villes^ et même, dit*-on> quelques vues d' AleMndrie^ sont éelainéesau ga^s.

Lors de mon voyage en Espagne, je vk^ dbns les bôpitau3cde Madrid d'énormes quantités de quibt-- QvmA attendant les fiévreux , auxquels cm en a4mii^strait d'énorn^es dipses. La belle déçouv^te de]MpVf.P£^i^Ti£R et CAyENTou,,î^u, moyen delàquelle on extrait de cette écorçe un sel (fiulfate de quipim) y qui contient sous un tréshpet^ volume , toutes les propriétés médicales recherchées , n'y fêtait pas. encore connue. Feut^pndire^ là encore, que la science a été inutile ?

Niera-t-on également les services qu'elle a rca* dus à rindustrie> en combinant l^pru^siate depa-' tas^e avec \& sulfate de fer^ d'où est résulté le

BLEU DE PBUSSE ?

Et la Soude factice, que la convention^qui com* mandait des découvertes comme des victoires , fit sortir de l'obscurité dans laquelle elle était d^oaeu-^ rée jusque-là; dira-t-on aussi que les chimistes qui l'ont préparée^ étaient des savants de labora^ toires , inutiles à Tindustrie ? Demandez^le aux fabricants de glaces^ de cristaux et de verrerieSi et aux consommateurs qui ont payé 50 p> 0/0 moins cher»

C'est que^ Messieurs^ si tout parait simple dans une industrie qui marche, tout estdifficik et com« pUqué dans une industrie qui commence. Les éléments des plus merveilleuses créations , les matières premières de toutes les industries , gissent à l'état brut partout autour de nous ; mais pour les découvrir à travers l'enveloppe qui les contient , mais pour les rassembler et les coordonner ensemble, il faut l'œil éclairé du savant y d'autant plus

perçant qn'il s^est usé davanti^ dans de kmguet Telles, et de laborieuses et long-temps stériles re«eberefaes*

La soude et le sable sont là ; Fëtain^ le plomb , le mereure d'un autre coté ; mais à quoi serTirontils, sans le chimiiste et le physicien qui dëternli* Beroot les doses, construiront le four et les creusetSy indiqueront le degré de température, feront dresser une table , prépar^ont l'amalgame, etc.?

YcMci une ca£Eetière qui bouillonne : c'est le principe de la machine à vapeur; mais que d'ignorants laisseront la vapeur soulever le couvercle et chasser l'eau hors du vase qu'elle n'emplissait qu'à moitié tout à Theure, parce que son volume a augmenté par suite de la vaporisation de ses molécules; avant quePapin la renferme dans un cilindre^et que Watt invente son condenseur séparé, et fasse retomber le piston à intervalles rapprochés et égaux, en opérant le vide?

^ C'est ainsi que nous devons à nos savants presque toutes les richesses qui nous rendent si vains; toutes les découvertes et les monuments qui font notre gloire. Ce sont eux qui dérobent à la nature ses secrets , à l'antiquité ses inventions perdues ; qui recréent des arts, redécouvrent des procédés dont nous admirions les résultats et les produits . sans pouvoir les imiter; qui nous font par exemple des gimeints aussi durs, aussi indestructibles que ceux qu'employaientles Romains; et confient à nos marins cette arme terrible , le feu GRBGEois, qui va au sein deseaux dévorer, détruire, embraser les flottes ennemies.

^^ lig ÂfviMB i^U fKAettc» ^ Tes jAivote ] renctem Mut t^^^qu#pe«*tMlQM9éei«ittlknf pas letir donner dans nos profits, une parlÉ» êé^ gOBt f ^ale à l'Utilité di knr ixmciHiri ^ smIumis du iwii» être asseï justes^ û nous ne pairrQo».écri gân^*éttiL f fowt ïm ptyer é& j^^idm , enettmie et en homiêilf ; ne leê i^pmuMnt pas horë de n» wà»» lier$ et aeeéploaa*ks eomiM um ceUalwîateura ; partageons wm ûhs, sinon les béné&esy au wMÂmB les chargea eC le» difficultés de la direelîen du travail.

Outre celte dîtisîMi d^attributioft qtfê j'apprfte» Mi personnelle, et celle matérielle, qui consiste h ft'enfreprendre qu'un genre d'industrie , et même qu'une opération industrielle^ iLeucàtettôot^uiié autre, qu'il importe égalemetit d^observer, et que nous nommeroné topogMphique.

C*esten Véftu de cette espèce de division du travail que nous voyons des indu^trie^ entfalnécè par d'anciennes habitudes, ou par des causes spéciales, se grouper, se réunîrdan^certaîties Contrées, danà certaines vUles , hors desquelles elles ne peuvent prospérer et réussir.

Voyez en France : c'est Louviers, Elbeuf, Sedan, Castres, et deux ou trois autres villes qui exploitent Tindustrie des draps ; où trouverez-vou* ailleurs des fabriques qui les produisent à qualités et prix égaux ?

Faites sortir les flanelles de Reims et de Saint- Quentin, où en ferez-vous d'apssi l)elles aux mêmes prix?

font «h» fAt'ft ) où les fkiit^'Oii ium M«A ?

fter ks IKMB, i^yvfl qû«lli diviiiôn : o'^K Ltmi qui fait k»/af(7/im(f, Avignon les /ftMt»;M«l > «t

NiSBfES les Û72l>.

C'est à TaraHe et à âAiNt-QtrÊNTiN seulement qriie se fbûties belleâ fiiôt/sgeLiNËS.

Pour les lÉTOFFES" DE COTON , même partage que ppur la «ofe. C'est Rouen qui tisie et imprime les toiUfâ ùrdinaires f et Mt/LfiomB les ^nes; quand RôUM veut sortir de «a spécialité et faire du Mulhouse ^ Rouen perd et Ht fait pas aussi bien.

Et tout cela. Messieurs» s'explique facilement. Quand une industrie est depuis long-temps exercée quelque part, on y trouva outre certains avantages de localités^ ce qu'on ne pourrait atoir nulle part ailleurs : une population toute entière façonnée dès l'enfance à tous les travaux, à toutes les opérations^ parfois fort compliquées que cette industrie réclame- L'apprentissage est tout fait , le tour de main, eSt là : il faudrait des années «td'énormes sacrifices pour l'obtenir dans un autre endroit* C'^t pour cette raison dont on ne s'était pas rendu un compte suffisant^ que des fabriques qui sont allées se placer dans des lieux où elles trouvaient une main d^œuvre économique, un moteur gratuit ou peu coûteux, même des transports faciles , n'ont pu cependant souteuir la concur-^ renoe d'usines situées dans l'intérieur des villes, et qui avaient à payer des octroi* élevés, une maind'œuvre coûteuse, de la houille chéfe.

(44) un loyer coniidérftMe, ibais qui compeuftaient tous ces avantages par une grande habitude et une grande habileté de travail, dont les autres manquaient. Âd : B (des Y).

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