CINQUIÈME LEÇON
séance du 13 décembre 1837^
fifXcHifvsisi.
SoMHÀi&E : Le9 machines ont en des avantages et des incojivénients.— ^ Êeù^-d sûi^ dos à la s6udaînetê d6Slny«iltldns,ét 'prîlfic!pàlèm1etit de fa' 'Il ACHUiE ▲ viLFBiTii 9% ùvL^nwxin. A Fjk.x&. Ges découTertes oit'élé te^p4inl( de déjyart de toutes les autres.—Les ouvriers n^ont pas seuls ressenti les effets des macMne*, ils otit affecté également les fca|iïtaiî5tes, "lés com- :ttertattts^1es^ricQlt.eiire. ; ,
Exaàien des attaques dont les machines ont été Pobjet. Réfutation de 1W. de Srsfnôndi.—Ôn'be peut itaterdii-tî l'usage dcè'machfeies.--'*iii tre |>e«t éHppffimer les sa£vsT9 b^yjbntiqn, ;-r ^omparaie^ii dp 4e«& peuples, l'un traTaillant avec des machines, l'autre les. repoussant,—' lié progtèl kidustri^ est ^éVenuiih devoir pMiV Wns — i.és maeb^nes «e profitent pas seulement à l'indvi&trie iqui les empldle, j|h9^ à toute» les industries.— Erreur de M. de Sismondi, sur la limixe de la pro- ^ctioH et sibr les stosoii^s E^is-^àNts/Ute «ugmenlMlon tte ^[A^dactfoB a pour résultat une augmentation de revenu^ et eelle-ci un. actrp^gse^ ment de consommation.— Exemple de la Saintonge et du Nord, de la ïforMa^die et da Uin^Mki, de la Flaïadte, de l'Alsace, de VArtofs, êe^
. Vosges.
Examen des avantages moraux qu^'nt eus les machines par "report à ' fhMMme, «ux femintoft el émx énfants-^Àbus àûs macAïf neft : tr«^ longue dorée du travail.— Cet abus est plus difficile qu'on ne pen^e, à Caira disparaître.— Craintes que les machines ont fait concevoir à ^)oDtesquîetl ietCoIbert.— Gomyamtson éespsjt à machiàês et sans 'machines: Irlanâl» , et Angleterre, Espagne et Belgique*— accroissement de la ]^op4udation dans les villes de fabrique : Gtasgow, I^anchester, St-'Quentin, llèims, Mulhouse, etc. * '
Toutes les sciences, tous les arts, ont participé aux progrés des machine»:
ÉTIRAGE im PI.OVB, LAMmiGE DU FER, CLICHAGE, BOUTOITS, ESTAMPAGE, PIPES, OMNIBUS, BATEAUX A VAPEUR, GAZ, CHEMINS DE FER,CARCELS, ALCOOIS PE lÉCULE, BLANCHISSAGE AU CHLORE, INDIGO, BLEU DE PRUSSE, PAPETERIE, TANIŒRIE, SOUDE FACTICE, ACIDE PTR0I4GNEUX, CtC.
Le plus grave inconvénient des machines, c'est de placer les ouvriers sous la dépendance des capitalistes. Il disparait chaque jour.— Lois contre les COALITIONS, elles ont été rapportées en Angleterre, il faut en faire autant en France.— Histoire des diverses inventions.
Vous avez vu comment Faccroissement des capitaux et la division du travail avaient conduit à
(83) rinv^ation de» machiner. NoM$ 4^vpi)s examinar maiutenaot quelles ont été \es çqnséqumcGS ijiç l'empk)! d^oes iK>uFeau;i^.iDStxiuvtens de pfcduction sur riadusirie et k bieu-être dei travailleurs*
Comme tout c# qui est conçu par Ïe$prii4p^ bdmiiias , le^ i^adbûies ont eu 4^$ avanfajge^ ei dç^ iocoayëâieQSw En J90éme teiii|>9 qa elles enleTAÎesyt le tra^^ai^ à ()iie)q«e$ individus , eJHes l'offi^ajent fi d autres; ellea créaient. de$ produits et en ménxe temps des consommateurs; eu un inot, elles déplaçaient des existeuces^ mais elles n'en détrui-raient auctine^.
Sî elles se fu^seqt introduites graduellf^uieut daus i'indust rie^ elles eussent laissé aux individus qu^e^e3 i^iBplaçaient le tcmp3 dç ct^ercher une occupation aiikwrs , de se cr^er une uouvelliî industrie et â^ iM)uv0au:)L revenus. Mais, vous le savez^ il n'eniiiit pas aiasi^^ elles sont arrivé^ tout-à-coup, elles ont été inventées à la fois et sans qu'auparavant on en ^^ut jamais entendu parlé.
Les deux premières machines qui furent invcQ- ( liées remontent à la fin du XVIIÏ" siècle; ce sont^j la mwhine à vapeip' çt le métier à filer. LjBur impoUance et les modifications qu'elles s^portèrent dans tout le système de fabrication^ forcèrent bientôt x^e chauler tous les rnstrumens qui devaieat leur , être «subordonnés, surtout a la pre- Joière (1)* C'est la brusque découverte de ces machinas puissantes qui a donné tant d'importance à la question qui uous occupe^ c'est à la sour
CS4) daihë(ë de leur apparition qlie sont dues toutes les complications que nous étudions aujourd'hui. " ^ Le jour où, grâce aux travaux de Watt, la ma* chine à vapeur devint un moteur permanent et économique , l'industrie se développa en Angletei^re où, jusque là , la cherté des salaires avait été tiii obstacle qu'on li'âvait pu franchir. Perpétuellement disponible , la machine à vapeur remplaça avantageusement les roues hydrauliques qui manqtient souvent d'eau, et les manèges qui sont d'un èiitiretien coûteux ; elle devait être adoptée partout avec empressement, mais à plus forte raison dans An pays où le combustible était abondant et à bas prix.
Le perfectionnement du moteur des fabriques fut le premier pas , le point de départ d'une foule d'autres améliorations qui, pour être secondaires, n'en ont pas moins eu d'importans résultats.
Les industries qui en ont le plus profité sont celles qui ont pour objet la conversion des matières textiles : coton, laine , soie , chanvre , lin , etc , en fils et en tissus : aujourd'hui leurs produits réunis Vélévent à' plus de quinze cent millions de francs. ' Du perfectionnement de ce que les Anglais appellent pdwer-loom est découlé également un gi^and nombre de progrès qui ont opéré h leur tour dans l'industrie une révolution tout-à-fait radicale, dont les ouvriers ne se sont pas seuls ressentis , mais qui a affecté aussi les capitalistes , lès entrepreneurs, les négocians et les agriculteurs.
En présence de ces faits , il est inutile de de-
(86) mander quelle a été la c^u^e des periurbatLoQS qjin ont déplacé quelques existences , ^ acuéauii qnel-r ques fortunes; nous devons simplement. qou$ borner à rechercher si 1 on a fait tout qe qui était possible pour se défendre contre ces inçonvénieas,, contre cette perte de traYail , momentané^ il %sC, vrai y mais qui n'en a pas moia§ été dauJout* reuse pour les journaliers qui ont çu à la. supt* porter. . .:i
Cette question tient de tnop prè^ à celle de la division du traydil dont elle e^ une conséqi,^nce^ pour que nous ne trouvions, pas sur le terrain où elle nous place, les mêmes adversaijresque^ceux que nous y avons trouvés l'autre jour. Au premier rang, des auteurs qui ont propos^ de réglementer le trarf vail et de débarrasser les ouvriers des soucis qye leur cause l'invention des machines, nou5 tçoun vous donc M, de Sismondi. .^
Cet écrivain a proposé de ipeïtre )es travailleura^ dépossédés de leur$ fonctions par l'iave^tion d'imt« machine nouvelle , à la charge du fabricant qui l'adopte; coname dans certaines contrées agricoles, les fermiers sont tenus de pourvoir à la subsistance des journaliers inoccupés. Mais.cet(e mesure, qu^' le désir de soulager la misère des. ouvriers qui se voient enlever leur pain par l'emploi des machine^ peut inspirer à un homme de bien , ne saurait être adoptée par des hommes d'étal qui voient plu? loin que le moment présent et dont )e devoir est de ne pas engager l'avçnir. Or, c^estce qui arriverait si* la législation plaçait de nouveau 1^ travailleurs vfif dustriels sous la dépendaiice absolue de c^iqc qu«^
Foh â ^ptlêi avec i^aisbn * les hâilts bât'dhS cÎTrAie fôddàliiè hdiiVettei
" Daîii: tin àiitre jpitisa^e^ dé ses NôùVEitîx Pkmfc>î teaf , iff* de l^slnôiddi proposé encore d'ahéaritîi* lèÈ privilèges dont jouissent les i h venteurs, c^eèN â-<!ii^é dë-Wélt^e leur dëdoiiverte en cîrculatidri\ delà jeter ifeirié le Homainé public ^arcé que, dît- Ît*j4^eri éu ô6n8èr*vàitt k jouissanôc exclusive à l'inventeur on lui donne le monopole du marclïd éént^e les autres prédticteurisi ses conipalriotes. Il en résulte que les consommateurs riatîonaux y ga-^ ^ent Tort peu, que l'inventeur y gagne beaucoup,' ^tlé les autres producteurs y perdent et qtié leurs èuvrieri meurent de misère. Si, àû contraire, tolitésf tes Inventions sont Itfamédiatèment riêV^ëeS', îmâtiédiatement soumises à limitation de tous les rivaux dé rinventeur , le z^lepotir de pareilles dëtouvertes se refroidira et Ton ne les regardera plus éothme un expédient par lequel on peut enleVer àés pratiques à ses concurrens. »
~' M. de Sîsmondî a grande raison de dire que si tes intentions sont immédiatement tévéUeSyïezèle pour de pareilles décoweries se refroidira; et il éé refroidira si bien qu^îl disparaîtra même tout-àfôitet que les hortmes industrieux iront porter letirs inventions dans des contrées où les droits du génie ^ont mieux appréciés et mieux récompenses. H àrrîvei'a alors ce qu'il vous est facile de prévoir en éomparant deux peuples dont l'uri utîliserai'i toutes lé^ découvertes , toutes leè machines posèîbles, tandis que l'autre les repousseitaît potfretnplcyer un plus grand nombre de bras.
SappMèï, par eMBiple^ ^pie hi'F0tnoe< Imf k pAys iÀ , jmt tGoe jdiibn^jûç ^pie j^ppelfpaî Aomaide^ le légûlateup ait défendu Teaiploi dM Qâehiafeé 4tfit:lM arts et rinduBlm^ iX\ §w r Aa^ ^rMenre ttti la Belgtifiie «qit le paya au eonU^ire.^ deâ fécompeiMès^ dts privîlégef soient offert* tt ddeiérqéA aux inreiitifQiis utiiea / à celles qui éf^owr fij^lséoÊ. des bras fA An t^iBps..Qiidré$uH^fa^tr4l poiii* les de»x pay^de pettepositioB al difffreoto?
D'un côte ion file a U qa^nouiUe , ose tisse à la majn , oa Uanchit au pré/. oh iifipfiirM à b tablt de»x couleurs an plus et on a de grosses toiles'^ de gFQSseà colottDades eomnfunes. îrréjruUères tt qt^i reviennent à plus dé 40 scfns Tiiune. De rautPt eété^u dentr^ire^ on filet au métier , oa1itoe:à'la m^nique , on blawohit ,tta. chtepre ^.on imprame quatre couleurs au rouleau ^ on sécbeouoyUhdiyi cb^uffé par la ivapairf et pour, résultat on obtient pour 46 à 20 sous des toiles^ des indiennes^ phii fortes et de meilleur tafut que oeUes de 40.
ta; conséquence de ces deux syst^nes, c'est qweles foinree^ qui n'ont que 35 sous à mettre par aune d'iftôffe, ne. peiirelit''P^ acheter dç robe tous les ans dans )ef ^ays sam mabbineaj tandis que celles qui habitant le pays! mécani^ ques i^uvenl en avoir deux pài» années C'est en^v core que le pays où lV)n produira à 46 sous téra tous se^ eiïblts pour fiairf e&trerjse» étoffes dan» le pays où elles se vendent 40^ et qu'il sefa secondé dans ses entreprises de contrebande par les habit lanta mêmes, du fmys protégé ccmtre les maehinea; C'est que non seulement on pepdra de pette ma*
(88) liièire la plus^^Topte partie die&déboiidiésmtérietirs^ mài^' encore toiii espsîr de plaœment miv les maiv *liés»éiratigerg: Qu'airivera-t^l alors de oc système? ■Qtfè féi^ôHt les ouvriers qui atirofit ranpU les fonciifeonS' des machines ? A qui vendront^lsieurs prô^ duits quand les prix seront trop élevés pour être atteints par les reventis des naiionaxix^ et trop diflGétieilts des prix étrangers poUt* que leur qualité infé* irieure leur fasseobteair la préférence sur les plaees de commerce des autres «pays? S^ont-ib plus heureux de cet état d -infériorité qui privera la plupart d^entre eux de tout travail dans l'avehir comme llans le présent ^ que des mcmiens de malaise iqu-ils'ont à supporter aujourd'hui, moments qui 6ont difficiles à passer sans doute, mais qui au mcSne ne sont que transitoires et ne durent que qdelques instants ? .
J . I ^ous pouvons donc conckire hardiment que àors même que le moyen serait trouvé de pouvoir défendre entièrement l'eliiploi des machines, cette Inesure ferait le malheur de tous,- parce qu'elle remf^ceradt une souffrance pa^agàre par un mal permanieat. Quant aux moyens d'exécuter la loi, que j'ai^ danâ cette hypothèse, admis un instant o(»mme découverts y j en nie la possibilité. Je de^ mande quels sont les instruments qui seront considérés comme machines et comme tels, défendus, et ceux dont l'usage sera permis. Tout ce quhuous entoure , tous les objets dont nous nous servons , ne sont-ib pas des machines ou les produits des
\ machines? La charrue n'est-elle pas une machine ?
^ Le levier, la houe, la presse, ne sc»M;-ils pas des
( 89 ) madimes ? Le tour ^ le rahot^ la lime , le burin , ne sont^ils pas encore des machines? Si tous prohibez Temiploi des agens mécaniques^ n'aurezrYous pas à répondre à une armée de copistes qui vien-* dront se plaindre de la concuirence de la presse d'imprimerie, ^ alors rayerez-vous de Thistoire la découvert^ de Guttemberg ? Écoutcrez-vous aussi les doléances xtes propriéjLayres de chevaux et de mulets qui seuls autrefois faisaient les trans*ports, et qui sont devenus inutiles en grande partie depuis l'amélioration des routes et de la navigation? Non, Messieurs, il ne peut pas être permis d'apporter d'obstacles aux développements des machines dans l'industrie, parce qu'on ne peut les empêcher partout à la fois; rester en place quand tout le monde avance ^ c'est reculer; et en industrie^ reculer c'est mourir.
Si nous considérons les madiines sous un autre point de vue, nous verrons qu'il ne nous est pas possible de renoncer, je ne dis pas à leur emploi, mais encore à leur perfectionnement. Les machines sont le double produit des capitaux et de l'intelligence, et renoncer à leur usage, à leur invention, c'est abandonna nos richesses, c'est nous suicider moralement. Vous le savez en effet et je vpus l'ai dit déjà l'an dernier : (V. 1 ^® Leçon, page 5.) Tous les grands progrés qui ont été faits depuis un siècle en civilisation, en sciences, en industrie, sont dus à trois grands peuples : la France , TÂngleterre et les États-Unis d'Amérique. C'est de-là que sont parties toutes les améliorations qui se sont opérées dans la condition des hommes; ce sont ces trois
iin^ belle place ^ qui oui fâdt avec u|l àdtmMÛe ëévôiieiaiënt toutes les ©xpéf î^noes^ ^ tôtis^tes» ««saié d'6rgahisark)n pôlitîqtté et iûdiistrîeWe/ fn^qudif oht doit là légère augitténtation de Mej^être^doull jôiHsàèrit aojornrd*hiri des mîllïond de travaillei)rg de tous' les pap. Un^ louable émulation s'est étabMe ëhtre ces peuple^ et tîhacflii d:euxne voilidi'ait cé^ der le pas aux deux autres, ear le progi^è* est^ur eux ' plus qu*uri besoin , plus tju'une ' nécessité ; c'est un devoir ! * ^ '
Lorsque, frappé des ihcônvémeiafs qui résitiltenl ées madhiïies, on veut placer en rëgàtd fes avaiîh- Htlàges qtf elfe» procurent, on ne doit pas se borner â considérer les services spéciaux qu'elles raident à l'industrie qui les emploie, car celle-ci n'en resh sent pas seule ks heureux effets. Ain^i que cela est arrive pour la machine à vapeur et la machine à lîler , i'inventîon d'une machine a souteht amené ou nécessité la découverte ou lé peFfectiônÉrèment de beaucoup d'autres. Que Ton parvieiine à trouver, par exemple ^ un procédé de fabrication du fer qui en réduise le prix de 1 8 à 20 pour cent, et èe lie seront pas Seulement les maîtres de forge qui profiteront de cette économie , mais encore tous les ii^dùstriels qui emploient ^lë fer, tous les consommateurs qui achètent de^ objets dont la cotf4 fection a nécessite le concours de' machine^ et d'instruments dont le fer compose là brin'cipalë matière première. Il en sera d'é'mênfièsi rinverition dont il s'agit , ^concerne la fabrication du coton, celle de la laine ou toute autre; là réduction de
( dV )
prist^tii en réhiMérà dura pour conséquence, malgré répînîon contraire de M. de Sîsmondi, d'aiigmeûterla consohimation , cecmi occupera tin plus grand nombre d'ouvriers et ajoutera à la richesse p«Hique en créant de nouveaux revenus.
Depuis qu'àTexempIe de TAngletérre, chaque peuple a voulu se faire le fabricant et le boutiquier de Funiverfe, TinTentiôn des machines* est devenue une loi à laquelle tout lé monde à été contraint d*obéi^ ; \l h'y a eu de chances de succès que pour ceu3f qui ont travaillé sans relâche à améliorer leurs mt^thodes, à jierfectîonnèr leurs înkruments, La supériorité â été le phrtage de ceux qui ont le » plus inventé et qui, à éhaque découverte nouvelle, en ont fait chaque jour succéder une autre. Sans cette marche continuellement progressive, le premier învientenr eût été bientôt atteint par ses concurrens auxquels il n'aurait pas pu cacher long-' temps son sect*et, et qui Juî eussent repris les débôucbés quHl aurait pu s*ouvrir d'abord, grâce à la supériorité de ses produits ou à leur bon marché. C'est parce que M. de Sismondî a nié que toute diminution de prix d'une marchandise d'un usage habîluel;^ avait pour résultat un accroissement de consommation , qu'il s^est opposé aux développeïnents des itiachîties, et qu'il ademandé avec tant d'instance qu'on y apportât des obstacles. Suivant lui, vous le savez, (V. 4® Leçon, p. yî) les revenus rie ^accroissent que comme deux , . quand la produêttôn aiigrâehte comme quatre ; or Ifi consbmrtiadon ayant poiir limite la somme, nop pas de tou^ les besoins existants niais de ceux qiii ont
( 92 ) un revenu ; la production, qui doit 3e régler sur la consommation, ne peut s'élever sans danger ^u delà du chiffre des revenus disponibles. Telle est. Messieurs , la base du système de M. de Sismondi , mais ainsi que j'ai essayé de vous le faire voir dans notre dernière leçon , celte base même est fausse, et avec elle tout le système qu'elle supporte. Npn, quand la production s'accroit les revenus ne lui sont pas inférieurs ; non , il ne faut pas considérer dans ce calcul, seulement le bénéfice net du dernier producteur ; mais encore les profits et les salaires de tous ceux qui ont concouru à la production : depuis le cultivateur, le bûcheron ou le mineur, jusqu'au marchand en détail et à ses commis.
En procédant ainsi, on reconnaît que toute augmentation de production entraîne une augmentation de revenu, sinon supérieure, au moins égale; parce qu'il suftit qu'il y ait un capital disponible pour faire l'avance de la production, pour que tous les profits , les salaires , les revenus qui permettent de consommer, soient créés ensuite. On ne peut jamais connaître les besoins existants , car ils restent toujours ignorés tant qu ils ne possèdent pas les moyens de se satisfaire. La production est antérieure à la consommation et c'est elle qui la règle, car c'est d'elle que découlent tous les moyens d'échange ; c'est elle qui donne du travail , qui occupe les bras de l'ouvrier , les connaissances du savant , le savoir de l'ingénieur ; et qui leur donne une rémunération en échange de leurs services.
Les besoins existants ne sont donc pas , ne peuvent donc pas être, la limite de la production; parce
( 93 ) qu'il» ne sont pas fiies, et qii*il8 augmentent ou diminuent suivant le degré d'activité de la production agricole et manufacturière. Les besoins ne sont pas fixes : comparez en effet la liste des objets regardés aujourd'hui comme de première nécessité^ même pour la £amille du plus humble artisan^ avec l'inventaire de ce qui composait autrefois l'ameublement et le costume de plus d'un bourgeois aisé. Sans doute si vous appliquiez la production de 4836 à la consommation de 1750, vous auriez un excédant considérable ; mais cela tient à ce que les salaires de 1836 n'ont pas été partagés entre les consommateurs de 1750. A toutes les époques il s'est trouvé des gens qui sont parvenus à dépenser 50 mille francs par an et même plus, on peut être certain que dans le même temps les ouvriers , les marchands , les cul^ tivàteurs, eussent trouvé le moyen de consommer un revenu de 1 2 à 1 500 francs ; si donc, il y a un siècle, la consommation était si restreinte, ce n'^ tait pas qu'il manquât de besoins à satisfaire, c'est que les revenus correspondants n'existaient pas. Depuis lors, chaque progrès dans les arts a stimulé 'Ct accru la production , celle-ci a augmenté les profits et les salaires, et ces derufers ont provoqué la manifestation de besoins qui jusqu'alors n'avaient été que des désirs à peine avoués , tant leur satisfaction semblait impossible ou tout au moins éloignée.
Quelques exemples rendront encore plus sensible l'évidence de ce raisonnement.
Avant qu'un nouveau procédé de distillatiofa
( 94 ) n'eut é|é adopté jdans }a £lainta9|;Qf,«on y: l^OMt moins de vin , on y faisait Haloin$-4'eau-4e-yiiè qite wnintenant , et ^Ue éiaji de qualité très inHrkméf par $uite dé ce perfecûoiinement on fai(îffHiii$'<el^ mît^xf on vend plu$ 6)cii^menr^ avec id^fâ<i$ ^mndsavauta^s, et e» plujs g^andeqnan^két.
Passez 4ans 4e Nord^ et voyez Jiies progi;-^ qii,ft faite la culture des plautea ohéaginêusee depuis qu^ IcSx moyens d extraction <mt été peifèettonoés^^ q«e Ton retire plus d'hail^ de U méque quantité de matière^ grâce aux. presses hydrauliques ete^
Partout où rindustrie du mécanicien $e c|év^-^ ioftpéy toutes les autres industries sont en yoèedie |irospërité^ ainsi iqu'il est facile des'eaceBvatnere en toomparant les pays les pkis riches à ooux cpfti le sont moins. Prenez par exempte laCreuseoù M Hi'y a pas de madbines^ et la SeineriftÇérieurexm U y en a de tant de sortes; où en est l'agriculture ^ns ces deux départements ? l^t^lte plus avaA- ^e dans le Limousin que dans la Siopwandio/ ^ îles habitanite comment sabt^Us jaEveMbt^s^ hiabitlés et nourris dans ces deux {HY)vinoes 4e la Filsinim? Me remarquez-vous pas la B^me ai^no^géuériad^^ ^efc IWvrier des fal^Hiques Hsomn;i6'Clii^z Iç i^^ltivaiteur^ en Flandres, daiM VAtt$i», en Almcf^^, dans tes Vosges?
MbtérietteflftOttt donc^ lés oËwhiiiesin'idnt p^s les înooBvëfivents qu'on lew àttribtie^ voyOna si les reproches d'immoralité qu'on leur adr^ss^ ioM HÔaieiuc fiMqjdés^
Nous avons ivu <d^ tfu'elles avaient at^neicM il'hodDiDieia ^ex^^âilaiipnilDutalfi dontîl àteMrl'ob-
(96) jH; ce n'a$t plus » (breeque Toa ro^ert^ie M-> jourd'hiti I !m«tt ma inteiligmce» sto habileté y 90it adresse. Un méoaB&ciea e$t mieia^ payé <jta'ua toiarneur 4o roue , TouViier qui sail réparer luU BMMe son métier reçoit p\\A ^e. belui qui fst Miçé ^ racoui^irà Tii^ d\xn oMi4re«*ma4tre^ e'est laclîffér«Qt^9 qui «xiête entre m ouvriers ai»glais «t français.
Ce soût aussi, les machines qMt ont perlais dt éoMier aux^eoimes, du trataii proportionné à lew force , qui les a i^t sortir de cette étemelle ïninortié à laquelle 1^ aiïiciennes lois oi^anisatrices de l'î^dustiie les Avaieat condamnées. Cette amélioration dans le sort des femmes est u^ sigtie non équi¥oque de €iivîli^atioa :. ch&i les sauvâ^;es, elles r^mfillsseiit les lonîcûoi^ de bètes de sotrime ; dans ks campagnes, leur condition n'esl guère plus sûfiportable; dans ks villes au contraire', qui doi^ vent leHur pr^péritéauK machines et à Tindueitrie^ elles 9^iit ^DQ^loyées à yHk travail qui n'a rien de dégradant > et où e)les peuvent faire usa|;e de ja délicatesse de kurs organ^o^ de rhabiletfs de leurs doigts^ du ta,ct les^fiids d(Nat ^es sont douées. ,
Les mËicfaijiies ^t encore émancipé Jes enfants qui n'avaie«4^ été jusqu'il qu'une (charge souvent Uen lourde pour lenrs parenAs^ €%qui sont devenus uû moyen. d'uugmenlier le bîear-écre de la.filniiUe»
Malheureusement , Messieurs ^ on ne s'est pas borné à tirer des /machines les avantages qu'elles aPb>ent> kcoiivoitise de l'JiosMiie éa a abusé comme de toutes l^. bouimes choses; car après avoir fait servir les machines à économiser * la force de
( 96 ) l'homme^ on s'est autorisé de k permanente activité de rinstrument, pour exiger autant de sertices du bras qui le dirige, de l'œil qui le surveille; ce qu'on a retiré de la fatigue du travail , on l'a reporté sur la durée. Les journées de 42 heures ont été étendues à 14 et 15 , et it n'est plus resté' aux anciens manœuvres élevés aux fonctions xi'ouvriers , qu'un temps à peine suffisant pour satis-^ faire des appétits bruts ; il n'ont pas eu celui de vivre , de penser. C'est là un grave inconvénient et je suis prêt à le reconnaître avec tous ceux qui l'ont signalé, mais j'ai cherché en vain comttïent il était possible de le faire disparaître. On a proposé , je le sais , de régler par une loi le maximum de la durée du travail. Au premier abord ce re»* mède semble suffisant, et la loi d'une exécution facile , mais en admettant que cela soit comme (m l'espère , je recherche les effets de la loi et je suis conduit à reconnaître qu'elle n'est point admissible, parce qu'elle aurait pour résultat de tuer l'industrie. Quelle serait en effet la position de nos fabricants qui , conformément à la loi , ne feraient fonctionner leurs machities que 10 ou 13 heures par jour , vis-à-vis de leurs cortcurrents des autres pays qui travailleraient 14 ou 15 heures? Les for^ cerez-vous à paffer à leurs ouvriers un salaire aussi fort pour 12 heures que pour 15? S'ils réduisent le prix de la journée d'un quart ou d'un cinquième , comment les ouvriers pourront -ils vivre , quand déjà leur salaire actuel est insuffifi* sant? Et s'ils le laissât intact, comment soutien^
C i)7 ) dront-ils la concurrence avec des prix de revient augmentés de 20 à 25 pour cent ?
Il en est donc, vous le voyez, d'une loi pour fixer la durée du travail, comme de celle qui interdirait l'emploi des machines; elles sont également impossibles parce qu'elles ne peuvent être générales. Cette mesure ne peut erre applicable qu'au travail des enfants , et c'est une question sur laquelle je reviendrai ; elle ne l'est pas à celui des hommes qui auraient le droit de dire : « En m'empéchant de travailler au-delà des heures fixées vous me privez d'un supplément de «alaire dont j'ai besoin; vous me faites mourir de faim pour me laisser reposer*» Je sais bien qu'il est cruel pour tout homme de cœur qui pénétre dans une fabrique, de voir écrit en traits de souffrance, sur le visage des malheureux qui y sont enfermés tout le jour, les conséquences funestes d'un système manufacturier poussé à l'excès. Je comprends parfaitement qu'en présence de la misère dont cette population ouvrière si nombreuse porte Ja livrée , on se prenne à vouloir une solution immédiate à cette question de haute politique et d'hygiène générale , mais je le répète, cette solution est plus difficile à trouver qu'on ne le suppose ; parce que , à côté du soulagement qu'on espère donner au malheur, se trouve le mal certain que l'on causera à ceux dont on prétend adoucir la position.
Les plaintes élevées contre les machines ne se iont pas fait entendre seulement de nos jours j Montesquieu lui-même s'en rendit l'écho , voici ce qu'il disait à propos des moulins à eau : « Les ma-
Bianqui. 7
( 98 ) » chines dont l'objet est d'abréger l'art , ne sont » pas toujours utiles. Si un ouvrage est à un prix » médiocre et qui convienne également à celai qui » l'achète et à l'ouvrier qui le fait , les machines » qui en simplifieraient la manufacture, c'est-à- » dire qui diminueraient le nombre des ouvriers M seraient pernicieuses; et si les moulins à eau n'é- » taient partout établis, je ne les croirais pas aussi }) utiles qu'on'le dit , parce qu'ils ont fait reposer » une infinité de bras ^ qu'ils ont privé bien des » gens de l'usage des eaux, et ont fait perdre la fé- }) condité à beaucoup de terres. » Vous le voyez, Messieurs, le génie même n'est pas à l'abri de l'erreur, et dans cette circonstance nous surprenons Montesquieu à désirer que le peuple soit renvoyé à la meule , le châtiment des esclaves chez les anciens. Quelles ne seraient pas ses plaintes contre nos moulins à l'anglaise.
Colbert lui-même fut effrayé de l'envahissement deç agents mécaniques dans l'industrie, lui qui cependant avait entrepris et exécuté tant de réformes qui eurent des résultats aussi perturbateurs pour le moins que ceux qui ont été amenés par les machines. Un mécanicien ayant été présenté un jour à ce célèbre ministre, s'efforça de lui expliquer les avantages d'une machine qu'il venait de construire et qui pouvait remplacer plusieurs ouvriers, et lui demanda son appui pour faire adopter son invention dans les fabriques. Colbert lui répondit : Allez PORTER AILLEURS VOTRE MACfflNE, NOUS AVONS ICI TROP DE BRAS A OCCUPER POUR SONGER A LES REN-
jDRB INUTILES. Et quand il fat sorti, il ajouta en s'a-
(99) dressant aux personnes qui lentottraieBi a Uk
*BOMME COMME GBLA f MAIS C*£6T A ixODFFBR»
Si tant et de si puissantes accusations n'avaient été adressées aux machines , je croirais superflu de TOUS donner de nouvelles preuves de la supériorité des pays qui les ont adoptées sur ceux qui les ont repoussées ; mais ces accusations subsistent f et comm^ on les renouvelle chaque jour, elles ont fait naître dans les esprits une certaine indécision sur la manière dont cette question devait être décidée; vous me permettrez donc de citer encore quelques faits propres à faire cesser cette indécision. •
Je prendrai mon premier exemple dans un pays très rapproché de nous , et je comparerai la position de rirlande où il n'y a pas de machines, avec TAngleterre qui renferme tant de manufactures créées depuis Tinvention des machines. D'un coté nous verrons le paysan irlandais cultiver la terre, engraisser des bestiaux dont il ne mange pas, et se nourrir toute Tannée de pommes de terre dont il n'a pas toujours une quantité suffisante; de Tautre coté l'ouvrier anglais qui achète les bœufs et les légumes de l'Irlande ; celui-ci portant l'hiver de bons habits de drap bien chaud et l'été des véte*^ ments d'étoffe légère, habitant de petits cottages bien propres , bien aérés et suffisamment vastes j tandis que l'autre sera à peine couvert de quelques haillons, et cfue sa famille et une partie de son, bétail auront pour demeure commune la seule pièce qui compose sa misérable cabane.
Comparant ensuite deux peuples qui ne furent
( 100 ) unis un instant que par la force ^ et dont Fun autrefois soumis à Vautre lui est aujourd'hui de beau-' coup supérieur malgré l'exiguité de son territoire, je comparerai la Belgique à l'Espagne , l'ancienne province à sa métropole. S'il était un pays en Europe où les machines n'aient point pénétré , l'Espagne pourrait certes revendiquer l'honneur de s'être conservée pure de tout contact avec ces inventions diaboliques, nulle part plus de précautions n'ont été prises pour s'opposer à leur adoption , nulle part l'industrie n'a été resserrée et étouffée dans des langes plus étroits, dans des règlements plus prohibitifs ; rien en quelque sorte ne pouvait entrer dans le pays; rien non plus ne pouvait en sortir. La Belgique nous offre un spectacle tout-à-fait différent; la, l'industrie a établi ses machines, elle les a perfectionnées , elle a donné du travail à tous ceux qui en manquaient; là, au lieu de repousser les inventeurs, on les a protégés , on les a encouragés ; quand un homme de talent sans fortuné a conçu une idée, il a pu trouver les uioyens de la mettre à exécution , car là, deux compagnies au capital de plus de 200 millions de francs ont réuni les petites épargnes pour les faire servir à entreprendre et à exécuter de grandes choses. Avec deux organisations si opposées , Tune qui proscrit l'industrie et les machines, l'au- ' tre qui n'existe que par les machines et l'industrie : quel a été le sort des deux pays, dans quel état est la fortune publique , quelle est la position des hommes qui vivent du travail de leurs bras? En Belgique : Taisance , le bien-être , la tranquil-
(101 ) litë régnent; ragrlculture y est prospère, les impôts facilement perçus , le peuple, après les heures de travail, va chercher à accroître ses connaissances dans des cours publics. En Espagne : les impôts ne sont pas payés , le trésor obéré, les troupes sans solde et, comme les habitants, sans vêtements et sans chaussures, l'agriculture négligée; et par* dessus tout l'ignorance et la paresse ajoutent encore à tous les maux en servant d*aliment à la guerre civile. -
Avant de terminer , je veux répondre encore à un argument avec lequel M. de Sismondi combat les machines. Elles ont, dit-il, pour résultat éloigné de concentrer l'industrie entre les mains des plus riches. On fait avec de grands capitaux et peu de bras ce qui exigeait autrefois le concours d'un plus grand nombre d'ouvriers. Il y a économie pour l'entrepreneur à travailler en grand , mais il y a perte pour la société , parce que les petites manufactures disparaissent et qu'au lieu d'avoir beaucoup de petits fabricants aisés ^ vous n*avez que quelques grandes fortunes et beaucoup de malheureux; or il vaut mieux activer la production et la rendre avantageuse, le luxe même exagéré d'un grand manufacturier ne vaudra jamais la consommation de cent ménages.
Si les choses se passaient comme M. de Sismondi l'affirme, il est certain qu'on devrait s'empresser de mettre-obstacle aux développements de cette aristocratie nouvelle qui serait due aux machines ; mais il n'y a qu'un seul inconvénient à ce système , c'est qu'il est réfuté par les faits , c'est
( 102 ) ue les pays où le» machines sont les plus nombreuses et les plus perfectionnées sont ceux aussi qui ont le plus de population, et chez lesquels son accroissement est le plus rapide , ainsi qu'on le remarque en Angleterre et en France. Dans chacun de ces pays la population industrielle a plus rapidement augmenté que la population agricole; c'est ainsi que Glasgow, Liverpool, Manchester, Birmingham , ont vu doubler et tripler depuis 25 ans le nombre de leurs habitants (1). Il en a été de même en France dans toutes les villes d'industrie : à St. Quentin, Mulhouse, Reims, St.-Étienne, Rouen (2j etc. J'ajouterai encore : Les villes manufacturières sont mieux bâties^ mieux pavées, mieux éclairées que celles qui n ont pas d'industrie , les connaissances spéciales et l'instruction y sont plus généralement répandues que partout ailleurs.
Toutes les sciences , tous les arts ont participé
(l)Aj:a Mola parebfe de JAin^A^t^^ • ▼« s^Uf^t u popqUUMi de 41,032 habitaoU en 1774, à 270,961 en l8Sf ; Liverpool de 34,0S0 en 1770, à i6S,i71t ; auisgow de 28,S00 en 1765, à 202,426.
An commeneement du ré^e de George lil, e» l76o, toqtes ïejs manufactures de colon réunies de la Grande-Bretagne, n'occupaient pas plus de 4ùfi00 perfODoes. Les machines sont inyentées, eHes donnent k un seul homme, le moyen de produire autant de eoton filé ^ue %60 ouSOOea eussent produit antérieurement, et au Heu de diminuer le nombre des owrriers enplorés, eHes relèvent 4 i ,tt00,0$0, c'est-à-^ire 67 fois plus qu^ayant leur création.))
{Histoire des manutactures de coton dans la Grande-Bretagne, par E». BàOTES.) (2) PopulaUoB en 1789, |8S6.
de St-Quentin 9,0(8 £0,570
St-ÉtieiiM 2t,3et 4t,BS4
Houeo ^\^it 92^82
Notes du R.^Ad. B. (des V.)
< 103 ) aux progrés des machines, et tous ont fourni à rindustrie leur contiogentde découvertes.
On a étiré le plbmb en cyUndres de 2 pieds de long et plus, sur 6 pouces de diamètre^ on a perfectionné le laminage du fer; on est parvenu à percer dans une feuille de fer-blanc 3000 trous par pouce carré ; au'moyen du cliché on arepro- , duit à rinfini les/ormes d'un ouvrage , et on a pu c//^/ri&z/^r ensuite les caractères qui ont servi à en composer un autre; les boutons ont été frappés tu mouton; au lieu de ciseler des bronzes , on les a estampés; les pipes elles-mêmes ont été faites à la mécanique.
Les OMNIBUS sont des maabines relativement aux CABRioi^Ts y aux FiACREs.qui avaient réclamé d'abord , ce qui ne les empêche pas de se multiplier aujourd'hui, L^ bj^teaux k vapeur sont des machines comparés aux bâtiments a voiles ; les cœ- MiNs DE FER aux ROUIES ROYALES ; Féclairage au GAZ à Tëclairage à Thuile ^ les carcels aux quin- QUETs. Le procédé de BLANCUfSfiAGE au chlore découvert par BerthoUet, la soude factice due à Chaptal^ 1 EPURATION d^ huiles, l'extraction des alcools de fécule , le remplacement de Tiudigo par le bleu de pkvssb, Temploi du cotoi;i dans la fabrication du papier , le collagb a la cuve , les méthodes abrégées pouf tanner les cuirs , la distillation de Tacipe pyrolignbux etc., etc», sont au-* tant de découvertes et d'inventions qui équivalent à des machines , et qui rendent leur emploi obligatoire.
Après des preuves si multipliées de FutiUté des
machines 9 tout le monde, je l'espère, sera convaincu de la nécessité dans laquelle nous sommes non seulement de les conserver mais encore de les perfectionner. Ce point important bien arrêté, je m'empresserai de reconnaître qu'elles ont eu un inconvénient grave, mais purement hutnain, c'està-dire qu'il est possible de le détruire; cet inconvénient est celui qui résulte de la dépendance presqu'absolue dans laquelle les ouvriers se trouvent placés par rapport à ceux qui les emploient. Heureusement que si les machines l'ont causé elles peuvent aussi le faire disparaître. Si elles ont d'abord concentré les moyens de travail dans un petit nombre de mains, elles ont successivement accru ce nombre ; de sorte que les coalitions entre les maîtres , si faciles autrefois et que la loi réprimait si mollement, sont devenues presque impossibles ; l'association des travailleurs telle qu'elle a été comprise en Angleterre a été un moyen d'arracher les ouvriers au joug du capitaliste, et Tun et l'autre se sont beaucoup mieux entendu depuis que la loi a reconnu l'égalité entre eux , qu'elle a cessé de protéger l'un pour l'autre; c'est-à-dire depuis que l'édit concernant les coalitions d'ouvriers a été rapporté et qu'ils sont devenus libres de stipuler eux-mêm'es les conditions de leur concours au travail commun, qu'ils ont pu le refuser ou en augmenter le prix sans craindre la prison et l'amende ; cette réforme légale a eu d'excellents résultats en Angleterre, car depuis qu'elle a été opérée on n'y a pas vu éclater une seule coalition
(405) d'ouvriers. Il serait important que cette justice fût enfin rendue aux travailleurs français.
Ad.B. (desV.)
(1) Note de la page 85.
Afin de faciliter les recherches, je crois deyoir placer ici quelques renseignements sur la date des principales inyentkNU dont M. Blanqoi parle dans cette leçon.