‹ Cours d'économie industrielle, 1836-1838Chapitre 84 sur 105 · TRENTE-SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

S4 mars 1838.

ÉT(JOE DU TABLEAU DÉGEflIVAL DES DOUANES.

Ensemble du monvemeiit commercial de la France avec Pélranger. — Commerce général, commerce spécial.— Commerce de terre, comoBerce de mer. — Tonnage.— MouTcments des ports de Marseille , le HàTre , Bordeaux et Nantes. — Cabotage.— Mouvement général de la naviga* lion. — Importation des matières nécessaires à lindostrie.^ Commerce avec les colonies.

Messieurs,

L'administration des donanes, qui publiait depuis 1818 les tableaux annuels du mouvement commercial de la France avec Tétranger, vient de réunir dans un même cadre l'ensemble des faits de cet ordre accomplis pendant dix années, de 1827 à 1836; cette période est d'autant plus intéressante à étudier, qu'elle comprend deux époques distinctes, Tune antérieure, Tautre postérieure à la révolution de 1 830. La comparaison des chiffires relatifs à ces deux époques fait naître des réflexions

,; ;nn ) ^ ^

à la fois pditique.s et économiques; Inissoiil à chacun de vous le soin de faire les premières, je me })orneraî aux secondes.

ENSEMBLE DU MOUVEMEWT GOMMERGUL DE I. V FRANCE AVEC l'ÉTRANGER.

Les importations et les exportations réunies se sont élevées :

en 1827 à 1,168 millions, en 1836à 1,8&7 diio.

Excédant 699 dito.

ou 60 pour 0/0 environ; dont 30,5 0/0 pour l'importation, et 29,5 pour Texportation.

Je dois faire observer qu'il n'est pas exact d'additionner ainsi les importations et les exportations; il faudrait plutôt soustraire, ou mieux encore prendre la moitié, pour connaître le chiffre réel des opérations de notre commerce intérieur.

Mais revenons au tableau que j'ai sous les yeux, et comparons les trois premières années de la nériixle décennale aux trois dernières, ainsi qu*à la moyenne do la période complète.

Total décennal 13,657 luiiroa;:.

Soit en moyenne 1,366 —

Et pour trois ans 4,(W —

1 827 ne s^élè ve à i ,i6S millions, ou 1 1 ,$$ p. ^ au>des3ous de 1 moyenne.

dt{o.

1829 — 1,224 Ensemble 3,610

dito.

diii.

183i8VâtélevéeàJ,435

au-dessui de la moyenne.

dUu.

ditu.

EnscmWe 4,897

dito.

Blanqui.

Les 3,610 millioas de 1827, 2S et 29 éiant inférieurs de 1287, aûUious aux 4^897 millicms de 1834, 35 et 36, la différence entre les deux époques est de 36 p. 0/0 environ.

Ces chiffres se rapportant exclusivement à l'ensemble du mouvement, il convient maintenant de les décomposer pour connaître la part du commerce spécial f c'est«-à-Klire de ce qui reste des importations pour les besoins de la consommation et du commerce g^éral, qui, vous le savez, comprend en outre toutes les marchandises étrangères, pour lesquelles la France est une grande route conduisant au lieu de leur destination.

COBIMERGB OlOOi^AL. GOBIMEEGI? SPtaAL.

1827 l.lSSmitlioBs. 921 miUioiM.

1S86 l,86r ^Mo. J493 dU0.

On vmt d après ceci que le commerce général t'est beaucoup plus accru que le commerce spé^ cial, puisque la différence entre 1827 et 1836 est en faveur du premier de 60 0/0 , tandis qu'elle n'est que de 30 0/0 pour le second. En 1 827 , le commerce spécial, à 921 millions, était au commerce général, à 1 ,1 68 millions : 79 ; 1 00. la proportion change pour 1836; elle n'est plus que :: 64 : 1(K). Ce n'est pas, je le répète, que le com merce qui a pour objet de fournir la consommation du pays des marchandises exotiques ait diminué; il s'est accru, au contraire, de 30 0/0; mais c'est que le commerce de transit, favorisé par la loi du 9 février 1 832, a pris un grand développement, dont ne laissent pas que de profiter nos

( 339 ) aubergistes, voituriers, charrons, marchanda de fourrages, etc.

Passons maintenant à un autre ordre de faits, à l'introduction des marchandises étrangère^ par la frontière maritime et par celle de terre.

La moyenne du commerce général, importations et exportations réunies, étant , ainsi que nous l'avons vu plus haut, de <366 militons, nous trou-^ vous :

CXIMMBRCfi OB TBIiRE«

MoYBKNE. Importations — 221 mil., ou 16, 2 0/0. ExpOTtations — 1 93 dito, 14,1 0/0.

Ensemble 414 dito, 30, 3 0*0.

COMMBRGE DB MBR.

Moyenne. Importations — 446 mil., ou 32, 6 0/0 Exportations— 506 dîto, 37, 1 Ô/O.

952 dito, 69, 7 0/.

Le comiçerce de mer forme donc un peu plus des 2/3 du commerce général; il est à celui de terre:: 23: 10.

Si nous décomposons ces chifires pour connaître le progrès annuel, nous avons :

PAR TBRRB. PAR JUXR.

Import. Export. Import. Export.

Le coiimicroe par terre ayant été de 337 luillious ])our la première année, el de 572 pour la dernière, l'accroissement a été de 215 millions ou 60 0/0. Quant au commerce de mer , les termes extrêmes étantS1 1 et 1 295 millions, Taugmentation n 'est que de 484 millions ou 59, G 0/0: ce qui ne prouve pas en faveui' de uotre marine qui n'a pas, il est vrai, reçu les mêmes faveurs que le comuierce de terre, dont un grand nombre d'entraves ont été levées par la loi de 1832, tandis que rien de semblable n\i été fait pour le commerce maritime.

Comparant isolément Y importation par mer et celle par terre, nous voyons que de 200 à 328 pour celle-ci, le progrès est de 64 OjO, tandis que de 366 à 578 pour l'autre, et n'est plus que de 58 0/0.

La proportion est différente pour les exportations. Celle qui s'effectue par mèi* s'est élevée de 445 à 717 ou 61 0;0, et celle de terre ne s'est accrue que de 1 57 à 244 ou 55 0/0.

Le tonnage général des navires qui ont été employés de 1827 à 1836 au commerce de la France avec l'étranger, s'élève^ pour les deux années, à 1 8,072,709 tonneaux, soit en moyenne 1 ,807,271 tonneaux.

C'est ici que Tinfériorité de la marine française se montre dans tout son jour, puisqu'elle n'est à la navigation étrangère que : : 2 : 3. En 1 827, la différence n'était que de 31 0/0 ; elle a presque doublé en 1836. Quant au tonnage général, il s'est élevé pendant dix ans de 46 0/0.

Voici la division du tonnage entre les diverses

puissances, cnlrées et sorties réunies, moyenne de dix années :

Navires étrangers*

Pour les colonies (ex-

clusivement réservées

aux navires français) :

218,000 tonn. »

Angleterre

266,000 ton.

États-Unis

Suéde et Norwége

Sardaigne

Deux-Siciles

Espagne

Russie

Toscane et États-Ro-

mains

Prusse

Villes ansdatiques

Grèce et Turquie

Rrésil

Autriche

Amérique espagnole

Egypte

Mexique

Danernarck

Portugal

Autres pays

Total:

Les quatre grands porfs de Franee, Marseille, le Havre, Bordeaux et Nantes, ont parlieîpé à ee mouvement de la navigation dans !es proportions suivantes :

BNTRÉE.

SORTIB.

Nav. etrang.

Nav. franc.

Nav. ëtrang.

Nav. fninç.

tOUMMlX.

tOMMMmz.

tonneanx.

tonneaux.

Marsbilli. — Moyenne.

Lb Hatbb. — Moyenne.

Bord tins* — Moyenne.

Nabtbi. — Moyenne.

POUR MARSEILLI.

L'année 1827 était inférieure de 91,000 tonn. à la moyenne, on 17 p. 100 1836 est supérieure de 152,000 idem. — 28

et de 213,000 i Pannée 1827 -4^

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