CINQUIÈME LEÇON
THAVAfL CAPITAL.
4 décembre 185*.
Dans l’examen que nous avons fait des conditions particulières de l'application du travail et des capitaux à l’agriculture, vous avez vu qu’il ne suffisait pas de posséder ces éléments indispensables de tonte production , mais qu’il fallait encore observer, dans
leur emploi, certaines règles dès lors essentielles à connaître.
L’immense avantage de l’agriculture, ai -je dit, consiste dans la sécurité qu’elle offre à ceux qui s’adonnent à ses travaux. Le temps peut être contraire, les récoltes mauvaises, mais la terre reste toujours ; toujours on aura besoin d’elle et de ses produits : aussi l’origine de l’industrie agricole remonte-t-elle plus haut que toutes les autres, et ceux-là même la tenaient en grand honneur qui n’avaient que du mépris pour tous les autres genres de travaux ; parce qu’elle était la nourricière des peuples, aussi bien des vainqueurs que des vaincus.
Malheureusement cet avantage, tout grand qu’il est, ne suffit pas pour assurer la prospérité d’une industrie, surtout lorsque, comme l’agriculture, elle ne peut appliquer le principe de la division du travail , qn’eile est soumise à de longs chômages , limitée dans ses moyens de production, dépourvue de débouchés autant par la nature encombrante ou le poids énorme de ses produits, que par son éloignement des centres de consommation, et des voies de transport les plus rapides et les plus économiques.
Son émancipation, si je puis m’exprimer ainsi, tient à deux conditions essentielles : la création de routes et de moyens de transport très multipliés et à très bon marché; l’établissement d'institutions de crédit qui mobilisent en quelque sorte la propriété foncière et ses produits, qui permettent de rentrer au bout de quelques mois dans des avances
qui, dans l’état actuel, se font attendre, nous l'avons vu, pendant plus d'un an.
Je dis que ces deux conditions sont essentielles, parce que sans elles en eflet l'agriculture ne pourra jamais entrer comme il convient, c’est-à-dire tout entière, dans la voie de progrès que les circonstances lui ont tracée, et qui consiste à allier les travaux de l’industrie à ceux de la terre; à dégrossir ses produits pour n’avoir à en payer le transport qu’après leur avoir donné la plus grande valeur possible.
Vous comprenez facilement toute l’économie qui résulterait d’un état de choses dans lequel le cultivateur, au lieu d’expédier des betteraves, des pommes de terre, des graines oléagineuses, dans des fabriques situées à vingt , trente , cent lieues de sa ferme; convertirait une partie de celle-ci en ateliers où seraient établies des presses , des râpes, des cuves qui feraient perdre à ces produits les 8 et 9 dixièmes de leur poids, pour en faire du sucre, de la fécule, de l’huile. Il économiserait par là et ferait gagner au public, ce qui augmenterait la consommation, i» tout le transport des eaux et des résidus, qui lui serviraient d’engrais, ou de nourriture pour le bétail; a0 le profit des entrepositaires et négociants intermédiaires entre lui et le véritable fabricant ; 3° le transport d’aller et de retour du marché de vente aux fabriques, et de celles-ci au premier. Mais tout ceci ne peut avoir lieu d’une manière régulière et générale, qu’autant que la propriété trouverait dans sa mobilisation le moyen de s’arracher aux griffes des usuriers en se libérant de ses onze milliards de
dette; que des banques fourniront aux agriculteurs les avances nécessaires pour acheter les appareils, peu coûteux d’ailleurs, qui doivent en faire des industriels , et qu’un bon système de crédit fera circuler leurs produits et les escomptera avant leur mise en consommation.
Une fois ces deux points arrêtés, ces deux réformes opérées, il restera sans doute encore bien d’autres difficultés; mais leur solution sera rendue plus commode et plus assurée, en raison même de la prospérité plus grande à laquelle nos travailleurs agricoles seront arrivés.
Prenons pour exemple la question des céréales. Les livres, les dissertations, les brochures dont elle a été l’occasion, 11e pourraient pas être contenus dans cette enceinte : et pourtant nous ne sommes pas plus avancés maintenant qu’au premier jour.
Les Romains et les Grecs en savaient autant que nous; ou , pour être plus exacts, nous n’en savons pas plus qu’eux. Les plus grands hommes se sont divisés sur cette question : la brouille entre Turgot et Necker n’avait pas d’autre cause; et l’Angleterre lui doit tontes les difficultés de sa position présente, et la révolution, terrible peut-être, vers laquelle elle court à grands pas.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler que les lois prohibitives de l'introduction des céréales ont été rendues en Angleterre à l’époque du règne du papier-monnaie, dont la dépréciation avait élevé nominalement le prix des choses. Ce règne ayant duré vingt-cinq ans , presque tous les baux des terres fu-
rent renouvelés sous ce régime, et subirent une élévation en rapport avec la dépréciation des valeurs de banque. Lorsque la paix fut revenue et avec elle la confiance au papier-monnaie, garanti dès lors par la faculté du remboursement en espèces, les fermiers réclamèrent et obtinrent de leurs propriétaires, presque tous membres du parlement, non pas une réduction du prix des baux , mais une loi , soi-disant protectrice, qui leur réserva le monopole de la consommation nationale et créa dans l’intérieur du pays une disette factice, lorsque l’abondance était aux frontières et ne demandait qu’à pénétrer.
Par suite de ces lois, la misère est devenue fort grande parce que les salaires, tout élevés qu'ils sont, ne permettent pas encore de payer le pain trois fois ce qu’il coûte, chez nous. Aussi voit-on éclater fréquemment des émeutes , parfois sanglantes , et dont j’ai vu un bien triste échantillon dans l’un de mes voyages en Angleterre. Cette espèce d’iusurrection comprenait deux partis : l’un celui du peuple, qui mourait de faim et demandait la mise en consommation des farines que le gouvernement, sur la proposition du grand Canning, avait fait acheter dans la prévision , que l’événement n’avait que trop confirmée, d’une mauvaise récolte, et qu’il conservait en entrepôt ; l’autre , celui des fermiers et de leurs serviteurs, criant qu’on voulait les ruiner, et s’opposant énergiquement à ce que les sacs sortissent des magasins.
Les deux troupes étaient en présence, une colli-
— lésion terrible était imminente, elle ne fut prévenue que par un ordre du conseil qui, prévoyant le triomphe de la masse, qui était la plus nombreuse, et craignant que dans sa victoire elle oubliât, ce qui eût été possible, de payer non-seulement les droits de douanes, mais encore le prix de la farine, fit mettre en vente une partie de la réserve, pour sauver la ville des désordres dont elle allait être le théâtre.
Avant même que la question n’en fut venue à ce point extrême, on avait essayé des armes de la logique; les écrivains avaient préludé à coups de plume au combat qui se terminait à coups de bâton. Deux entre autres, Ricardo et Maillais, avaient soumis à une sévère analyse le droit des propriétaires à la rente qu’ils se faisaient payer.
Tous deux, par des roules différentes , arrivèrent à reconnaître que le prix élevé de la terre était le droit exigé par le premier occupant, et la rente, la prime payée pour les terres de première qualité à mesure de l'accroissement de la population qui avait fait se rejeter sur celles de seconde; puis la prime pour celles-ci et une plus forte pour celles île première^ mesure que la masse des consommateurs augmentait, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on attaquât les flancs granitiques des montagnes et qu’on les recouvrît péniblement de quelques poignées de terre.
Quoi qu’il en soit de ce droit de propriété et de son origine, l’important aujourd’hui est de rechercher, non pas à quel titre la rente est payée par le
fermier au propriétaire , mais par quel moyen il peut plus facilement s’acquitter sans exiger des consommateurs un trop haut prix des denrées qu’il leur fournit.
Notis avons vu plus haut comment il était possible d’y arriver en France, par les grandes routes du crédit et des moyens de transport, du travail industriel, des longs baux, etc. (i); des obxtaeles d’un autre ordre s’opposent à ce que l’on atteigne le même résultat dans la Grande-Bretagne.
En effet, depuis long-temps déjà, les réformes qui pour nous sont indispensables : les routes, le crédit, les baux à longs termes, sont acquises à ce pays; te siège du mal est ailleurs. Il est surtout dans la constitution vicieuse de la propriété, qui inféode la ferre à quelques grandes familles et les fait juges dans leur propre cause. Il est enfin dans ces lois prohibitives qui font de tout un peuple la proie de quelques grands seigneurs; et qui règlent l'appétit d’une population immense sur la production limitée d’une terre qui ne suffit pas à uourrir tous ceux qu’elle porte.
Si l’Angleterre ne travaillait que pour elle, ne faisait de machines que pour ses usines, d’étoffes que pour vêtir î-es habitants, de houille que pour les chauffer, elle aurait assez de blé pour fournir aux besoins de sa population , parce que celle-ci serait trois fois moindre; mais puisqu’elle travaille
(i) Voir le cours de l’année précédente, dans laquelle cette question a été longuement étudiée.
pour le monde entiçr, qu’elle construit des mécaniques pour la Chine, tisse du calicot pour Les Indes, du drap pour la Russie, des soies pour la Sicile; il faut bien qu’elle nourrisse ses ouvriers qui ne travaillent que pour l’étranger, avec des blés étrangers, ceux qui lui viennnent de la mer Noire, aussi bien que ceux qui arrivent par la Baltique, et ceux qni proviennent de l’Italie. — C’est là une vérité à l'évidence de laquelle il lui faudra se rendre, si elle veut prévenir l’explosion du volcan sur lequel elle marche!
Telle est , Messieurs , l’énumération bien complète des principales conditions de l’application à l’industrie agricole des deux grands éléments de toute production : le capital et le travail. J’arrive à ce qui concerne l’industrie manufacturière.
Si l’on rencontre dans cette branche de l’activité humaine moins d'obstacles naturels à vaincre que dans l’agriculture, on n’y trouve pas moins de difficultés pour lesquelles la science n’indique pas toujours de solutions satisfaisantes.
Les différences les plus radicales sépareut les choses les plus identiques ; presque jamais on ne retrouve dans des industries, qui ont pour ainsi dire le même but, une position semblable, un problème posé dans les mêmes termes; il faut donc une étude spéciale pour chacune , et le nombre en est incalculable.
Comparez , par exemple , l’industrie de Rouen ou de Mulhouse avec celle de Lyon ou de Nîmes.
Toutes deux ont pour objet la filature et le tissage de deux filaments : l’un le coton , l’autre la
soie; et cependant elles ne se ressemblent en rien.
La première ne s’exerce que dans de vastes établissements, à coups de capitaux, à grand renfort de machines puissantes et compliquées, avec le secours de véritables armées de travailleurs; cantonnés par centaines, par milliers même, dans d'immenses usines semblables à des casernes, hautes comme des tours, et criblées de fenêtres comme de meurtrières.
La seconde, au contraire, est toute patriarcale; elle emploie beaucoup de femmes et d’enfants, mais sans les épuiser ni les corrompre; elle les laisse dans leurs belles vallées de la Drôme , du Var, de l’Isère, de Vaucluse, y élever des vers et dévider leurs cocons. Elle n’approche de la ville que pour se diviser dans les ménages : jamais elle n’entre dans une véritable fabrique.
Pour être aussi bien observé dans cette industrie que dans la première, le principe de la division du travail s’y revêt d’un caractère spécial. Il y a bien des dévideuses,des moulineurs, des teinturiers, des encodeurs, puis des tisserands; mais ils ne sont pas réunis dans un même établissement , ne dépendent pas d'un même maître : tous, ils sont indépendants. — Leur capital , qui se compose de leurs outils , de leurs métiers, de leurs chaudières, est peu important, mais il suffit pour les mettre avec leurs commettants sur un certain pied d’égalité. Là, pas de règlement de fabrique, pas de conditions à subir; chacun stipule pour son compte, en pleine liberté: aussi y a-t-il de fréquentes discussions qui n’arri-
vent jamais dans l'industrie cotonnière. — Il n’y a pas même, à vrai dire, de fabricants dans la rigoureuse acception du mot. Ceux qui en prennent le titre sont des intermédiaires qui reçoivent les ordres des négociants étrangers , achètent les soies et les dessins, et les livrent à des espèces de contre-maîtres, propriétaires de plusieurs métiers sur lesquels ils travaillent avec leur famille et quelques compagnons. Le tissage se fait ainsi à façon , comme celui de la toile dans quelques départements, comme la bonneterie en Champagne.
De Jà , des crises bien plus fréquentes que dans la grande industrie, car le travail cesse avec les commandes, tandis que dans cette dernière, l’intérêt de l’entrepreneur est. de produire toujours atin de ne pas laisser chômer ses machines et ses capitaux. En outre, les gains assez forts réalisés pendant la période où l'ouvrage abonde invitent à de fortes consommations qui ne laissent aucune réserve pour les époques de morte-saison ; de telle sorte qu’à la fin de l’année, l’ouvrier lyonnais se trouve aussi pauvre que le plus pauvre tisserand de la Bretagne ou de la Normandie , bien qu’il ait gagné trois ou quatre fois plus.-
Vous voyez combien il est impossible d’appliquer ici les remèdes proposés pour l'industrie manufacturière; mais la question, pour n’ètre pas aussi compliquée, n’en est pas moins difficile. Il ne s’agit pas de régler le travail des enfants, mais d’assurer du travail aux pères de famille. On ne peut ni les forcer à l’épargne, en retenant pour cette desti-
nation une partie de leurs salaires, ni les corriger de l’imprévoyance et de l’ivrognerie, en les chassant des ateliers ; ils sont libres dans toute l’acception du mot , libres avec leur ignorance de toutes lois morales. Qui se chargera de les leur apprendre? qni les rendra économes? qui leur donnera, la veille , le souci du lendemain ? sera-ce le gouvernement,les autorités? comment, et par quels moyens?
Je n’accumulerai pas ici toutes les difficultés que nous rencontrerons plus tard à chaque pas sur notre route ; j’aime mieux réserver leur examen pour l'instant où elles se présenteront naturellement à nous, avec le cortège des faits d’où elles sont sorties et des complications qu’elles ont créées. Je me bornerai à citer les règles que j’ai déjà posées relativement aux capitaux fixés et circulants , productifs et stériles; au choix des emplacements sous le rapport de la matière première, des agents indispensables , de la main d’œuvre et des transports. Les questions de salaires, de répartition des profits entre l’entrepreneur qui est en même temps capitaliste, et l’ouvrier; c’est-à-dire entre le travail et le capital, reviendront souvent dans nos études ; nous ne les négligerons jamais. Pour aujourd’hui seulement, je rappellerai qu’en industrie celles qui sont réputées dangereuses , dont les débouchés sont variables , ou qui exigent de vastes connaissances , des organisations privilégiées, ont droit à de plus grands bénéfices que les autres. Ainsi le doreur, qui expose sa santé, sa vie, est plus payé que le manœuvre; le loueur de voitures de remise , qui attend votre fantaisie et ne 38-3g. • 6
travaille guère que pendant la belle saison, prend plus cher que les loueurs de fiacres ou d’oumibus qui marchent tous les jours. L’artiste, comme Rubini ou Damoreau; le savant, comme Stephenson ou Davy, sont et doivent être plus richement payés que le comédien ordinaire ou qu’un simple commis; pour eux cependant le travail est le même, la journée aussi longue : mais il faut payer le génie des uns plus que les secours vulgaires des autres.
Parmi ces considérations générales, il en est une que je ne puis omettre et qui concerne à la fois nos quatre branches de la production : agricole, industrielle, commerciale et des arts libéraux : — c’est l’importance des DÉBOUCHÉS.
Mon prédécesseur, M. Say , est le premier qui ait parfaitement exposé cet admirable mécanisme des échanges. Il a montré comment on ne vendait beaucoup qu’à la condition d’acheter beaucoup, et combien il était nécessaire de savoir tout ce qui étai offert à la vente, pour éviter les engorgements et ne faire paraître sur le marché que ce qui y faisait faute.
Cette étude est nécessaire aussi bien pour les hommes que pour les marchandises, car l’homme étant , suivant la définition fort exacte des économistes, un capital accumulé, il ne peut, comme toute autre denrée , trouver un placement avantageux qu a la condition de ne point trop abonder d'un côté en faisant disette de l’autre.
C’est par ignorance de l’état et des besoins du marché humain , que dans certain pays il y a dé-
prédation par suite de trop d’abondance dans l’industrie prêtre , et disette dans l’industrie manufacturier; que dans d’autres, c’est le militaire qui pullule, ou le médecin , ou X avocat , ou Y homme de lettres , ou Y employé.
Qu’on ne me réponde pas par l’argument banal des vocations; je répondrais, moi, que tous les poètes 11e sont pas des Béranger ; tous les écrivains des Benjamin Constant, des Carrel ou des Châteaubriant; tous les prêtres des Vincent de Paule, des Bossuet ou des Fénelon; tous les militaires des Masséna ou des Fabert; tous les médecins des Chaussier: tous les avocats des Berryer ou des Teste; tous les commis des Colbert.
Pour des hommes de cette trempe et de cette portée, pour les véritables vocations, les grands talents, il y a toujours une place : la foule n’est jamais trop dense, parce qu’ils s’élèvent au-dessus. Mais, pour la tourbe à la suite, il n’y a pas vocation; c’est chez les uns, de la paresse, de la vanité; chez d’autres, la manie de devoir une position à leur état plutôt qu’à leur mérite ; le sot mépris d’industries modestes mais toujours honorables, lorsqu’elles sont honorablement exercées.
C’est pour n’avoir pas voulu comprendre plus tôt cette vérité que la France se trouve aujourd’hui inférieure à l’Angleterre. Nous avons beaucoup de gens qui font de l’industrie, mais nous avons peu d’industriels; à quelques rares exceptions près, notre commerce est abandonné à tous les enfants de la bourgeoisie , assez pauvrement organisés dans leur
jeunesse pour n’avoir pu passer des examens de bacheliers qui en eussent fait des médecins ou des gens de loi; quant à notre agriculture elle n’a guère conservé que ceux qui n’ont pu se lancer à la ville, c’est-à-dire les plus pauvres et les plus ignorants.
La réaction commence aujourd’hui : on songe à étudier ; mais il est déjà bien tard; nous avons encore besoin de lisières quand nos rivaux courent à fond de train. Courage cependant, courage et espoir , car tout n’est pas perdu , et nous pouvons triompher encore et atteindre le but les premiers, si nous savons nous munir avant le départ de tous les secours que la science nous offre, si nous ne négligeons aucun détail et ne craignons pas d’occuper les positions les plus humbles en hommes supérieurs. En n’employant que de bons éléments, nous ne pouvons avoir que de bons résultats ; mais un bon général avec de mauvaises troupes , pas plus que de braves soldats mal conduits , n’ont jamais gagné la bataille.