‹ Cours d'économie industrielle 183839 par m. Blanqui aĩnéChapitre 44 sur 118 · fr. (Budget de i83j · texte numérisé non relu

fr. (Budget de i83j

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La population des maisons départementales ê tant essentiellement mobile, et la détention qu’on y subit toujours moindre d’une année, il a été impossible d’y organiser le travail.

Dans les pènitentiers militaires , dont celui de Saint-Germain est le modèle, et où les détenus sont astreints au travail, une bonne direction est parvenue à élever la production au-dessus des dépenses. Le ministre de la guerre a fixé à j5 cent, le prélèvement à faire sur la journée des travailleurs, ce qui, à raison de deux cent quatre-vingt jours de travail par année, donne une somme «le 200 francs, plus que nécessaire, comme je l’ai dit, pour cou-

vrir les dépenses et dont l’excédant est employé en bons ou rentes sur l'État au profit de la maison.

Suivant un auteur., dont les lumières spéciales sur cette question doivent faire respecter les opinions, M. Bérenger, les bagnes ne tiennent pas en réalité, dans l’ordre des châtiments, le rang que leur ont assigné les Codes. Non-seulement la réforme y est impossible, mais encore il n’est aucun forçat qui ne préfère le séjour du bagne au simple emprisonnement. La liberté de se mouvoir, le travail au grand air, mille douceurs inconnues dans les prisons, font de cette peine un châtiment trop doux qui n’intimide pas assez. Ces deux points paraissent démontrés. La suppression des bagnes ne fait pas question pour M. Bérenger, qui ajoute, dans son mémoire lu à l’Académie des Sciences morales et politiques, les a5 juin, 9 et a5 juillet t8i6, et imprimé par ordre du ministre de l’intérieur : a U « resterait à savoir si les forçats sont absolument a nécessaires à la marine pour l’exécution des tra- • vaux des ports, ou si on ne pourrait pas les rem- « placer avec avantage par des ouvriers libres. Cette « question est résolue par l’Angleterre où il n’existe a pas de forçats. »

Nous avons vu que les bagnes contenaient sept mille deux cents condamnés et coûtaient à l'Etat 2,1 76,500 fr., ou plus de 3oo fr. par homme; tandis que les détenus militaires soldaient toute leur dépense d’environ 200 fr. par homme au moyen d’un prélèvement journalier de 7? c. sur leursgains. Pour établir la parité, il serait nécessaire, il est vrai, de

déduire la valeur des travaux des forçats de la dépense dont ils sont l’occasion; mais, outre que cette valeur est fort difficile à 'déterminer , il restera toujours pour cette espèce de détenus, une dépense béai iconp plus forte que pour tous les autres, ce qui s’explique par les frais de garde d’autant plus considérables que les prisonniers sont disséminés sur un espace plus étendu.

Au reste, en attendant qu’une réforme de nos lois pénales supprime complètement les bagnes , leur population a déjà considérablement diminué par suite de la seule déclaration des circonstances atténuantes, qui, en diminuant la peine, ont assuré la punition d’une foule de crimes et de délits: le nombre des forçats, qui n’est plus que de sept mille deux cents, était, il y a peu de temps encore, de onze mille.

La dépense des détenus des maisons centrales n’est pas plus élevée que celle des détenus mdiiaires, aoo fr. par homme ( 3, bon, 000 fr. pour dix-sept mille cinq cent soixante détenus) , mais l’Ltat 11e reçoit rien des produits assez considérables de leurs travaux , dont il sera question tout à l’heure, et qui se divisent en trois parts, l’une cpii revient à l’entrepreneur, la seconde qui est distribuée chaque semaine aux détenus à titre de denier de poche , et la troisième qui foru e une masse de réserve qui leur est remise à leur sortie.

Le travail des détenus de cette catégorie est le seul qui soit assez important pour qu’011 ait pu redouter, quoique à tort, ainsique nous le verrons, la concurrence qu’on l'a cru suceptible de faire à l’industrie libre.

« (i) Chaque maison centrale a, comme je l’ai dit précédemment, un entrepreneur général chargé, non-seulement de procurer du travail aux condamnés, mais encore de les vêtir, de les nourrir, de leur fournir, au besoin, des médicaments , de pourvoir aux frais de sépulture et d’inhumation lorsqu’ils succombent, d’entretenir les objets néressairesau service du culte, de salarier même le sacristain et les chantres , de faire soigner les gardiens malades, de leur fournir des capotes, d’entretenir leurs armes et de les munir de cartouches , de chauffer et d’éclairer l’établisssement , de faire les prestationsde bois, de chandelle, aux employés, qui tous, à l’exception des principaux, et lorsque leurs fonctions ne se bornent pas à une simple surveillance, sont gagés par lui; de pourvoir enfin aux dépenses qu’occasionnent toutes les parties du service de la maison,

u Je n’oserais. iffirmer qu’un tel mode d’entreprise ne laissât rien à désirer : n’a-t-on pas à redouter l’influence d’un entrepreneur dont tout le monde dépend ? Convient-il bien que la même personne qui procure le travail aux condamnés, les habille, les nourrisse et soit chargé de tout le service de l’établissement , de telle sorte que son action s’étende à tout, qu’elle embrasse tout, et que le prisonnier et même l’employé du second ordre relèvent de lui dans toutes les situations de leur

(i) Je crois devoir, pour plus d'exarlitude, reproduire ici un passage du mémoire déjà cite de l'honorable M. Hcrcnger.

( JYolc du rédacteur.)

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existence? Ne doit-on pas craindre que le travail, distribué ainsi dans toutes ses fractions , par les mêmes mains , ne le soit souvent plutôt dans l’intérêt de l’entreprise que dans celui de l’instruction industrielle des détenus? »

Suivant les états officiels parvenus au ministère de l’intérieur ces jours derniers et qui m’ont été communiqués ce matin même, les dix-neuf maisons centrales de France renfermaient seize mille vingt-sept détenus qui, pendant le cours du mois de novembre i838, ont fourni ensemble un travail de trois cent quatre-vingt-treize mille cinquante journées d’une valeur de i3t),aa8 fr. 58 c.

Ces quantités se divisent ainsi :

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