‹ Cours d'économie industrielle 183839 par m. Blanqui aĩnéChapitre 45 sur 118 · PRODUIT · texte numérisé non relu

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(i) Sur ce nombre , ao3 appartenant à la maison d’Eysse» ( Lot-et-

Ce qui donne : en travaux domestiques,

18,968 fr. 78c. pour un mois, ou 167,841 fr. 36 c. par an ;

Et en travaux industriels, 125,241 fr- 80 c. pour un mois, ou 1,502,901 fr. 60 c. par an ;

Et ensemble 189,228 fr. 58 c. pour un mois, ou 1,670,742 fr. 96 c. par an (1).

i,5oo,ooo fr. ! voilà donc l’importance de cette si terrible concurrence contre laquelle on a tant réclamé. — i,5oo,ooo fr. de produits et quels produits ! qui viennent lutter sur un marché dont l’ensemble s’élève à plusieurs milliards; étaitce bien la peine de s’effrayer autant?

Legrand reproche adressé au système du travail des détenus par ses adversaires, consiste à dire:

Garonne ) , n'ont d'autre tâche ù remplir que de suivre les cours de l’école établie dans la maison.

(1) Les pièces officielles qui ont fourni à M. Blanqui les indications qui prérèdrnt étant demeurées pendant quelques heures i ma disposition , j'y ai puisé quelques chiffres qui ne sont pas sans intérêt .

On a vu plus haut que le produit du travail des détenus était divisé en 3 parts , dont l’une pour l'entrepreneur, et les deux autres pour le prisonnier, savoir : l’une qui lui est distribuée chaque semaine comme denier de poche, et sur l.iquellc on retient, ou profit de la masse, toutes 1rs amendes encourues; la seconde, qui est mise en réserve pour former une masse que le condamné libéré ne reçoit qu’au lien êe sa destination.

L’ensemble des masses appartenant aux détenus formait au i«, novembre >838 une somme de i , 1 38, 7 74 fr. au c. qui se trouvait placée en rentes sur l’État inscrites au nom des maisons centrales. Cesdernières sont ainsi titulaires de 1 78, 1 75 fr. de rente, dont une partie, celle dépassant le capital de 1,1 38,7^4 fr-, et 1°» a été formée au moytn des intérêts accumulés, des masses des détenus morts ou évadés, des amendes, etc., leur appartieut. {/Vote du rédacteur.)

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a On oblige les entrepreneurs à faire apprendre aux a condamnés les industries qui s’exercent dans les «pays où les maisons se trouvent situées, ce qui « rend la concurrence plus directe et par consé- « quent plus à craindre; il faudrait au contraire a chercher par tous les moyens possibles à éloigner « les travailleurs analogues. » Ce reproche n’est pas fondé, et la marche désignée inacceptable. Le travail est ordonné aux condamnés dans un but social, celui de leur amendement ; il faut donc, pourque le but soit atteint , que les détenus se trouvent à l’instant même de leur libération , en mesure de s’assurer une existence avec la profession qu’ils auront apprise pendant leurs captivité. Or , c’est justement ce qu’ils ne pourront pas faire si , au lieu de les exercer à une industrie locale , on leur a appris , à Nîmes parexemple, à faire du drap comme à Elbeuf, et à Loos à faire des châles et des soieries comme à Nîmes.

Sans être arrivé au degré de perfection qu’il doit atteindre, le travail des prisonniers est, en principe du moins, ce qu’il doit être. Les maisons centrales se transforment en véritables manufactures auxquelles il ne manque rien, pas même des machines à vapeur; grâce à cette révolution, le travail cesse d’être abrutissant comme autrefois, il devient plùl commode, quelques-uns diraient trop, et appréhenderaient de nous voir tomber d’un excès dans un autre, de ne pas savoir nous préserver du danger de rendre la position des prisonniers trop douce, si douce même , que beaucoup d’ouvriers libres ne

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peuvent s’en faire une semblable en demeurant honnêtes. La mesure propre à faire disparaître cet inconvénient est facile à appliquer, ainsi quele système pénitentiaire américain nous en fournit la preuve. Aux États-Unis, en effet, le produit du travail des détenus appartient tout entier a la maison qui ne leur donne ni denier de poche , source de tant d’abus et de désordres dans nos prisons, ni de masses de réserve à la sortie, qui disparaissent si souvent après deux jours de débauche et d’orgie. Plus d’un homme spécial, et nommément M. Bérenger, a proposé de suivre cet exemple; je m’en rapporterai parfaitement à eux sur ce point et me bornerai à dire que, tant que le travail des prisonniers sera compris comme aujourd'hui, il n'y aura pas dommage pour l’industrie libre, non plus que pour les détenus eux-mêmes dont les moments sont occupés de manière à leur fournir à leur sortie de prison une profession qui leur permette de demander leur existence à une source plus pure que celle du crime.

Voici l’indication des industries exercées dans quelques maisons centrales, et le nombre d’ouvriers qu’elles emploient :

A Embrun , sur 600 détenus , plus de 3oo sont occupés à la soie et le reste à la grosse laine.

A Ensisheim, sur 700 environ, 3oo à la filature et au tissage du coton ;

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A Fontevrault, sur 1,000 hommes environ , 5oo à la filature et au tissage :

A Loos, sur 800, 5oo au coton;

A Hagüeneait, sur 400 femmes , 3oo au coton ;

A Meldn, 108 au plaqué, 109 à la quincaillerie fine;

A Montpellier , sur 475 femmes, il y en a les deux tiers employées à la soie ;

A Nimfs , sur 1,100 , plus de 700 à la filature de la soie, laine et coton ;

A Poissv, grande variété, à cause du voisinage de Paris ;

A Rennes , sur 5oo détenus , plus de 4°° sont employés à la fabrication de la toile.

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Voici maintenant la population de chaque maison centrale par classe de détenus, avec l’indication du prix moyen de leur journée :

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