PERTES DE LA BANQUE
On peut reprocher à la Banque d’avoir péché, dans plusieurs circonstances, par excès de prudence, faute qui n’a pas été moins préjudiciable à ses actionnaires qu’au commerce. Il résulte, en effet, des chiffres publiés par la Banque elle-même, qu’il n’est résulté pour elle que de très-faibles pertes des secours extraordinaires qu’elle a prêtés au public aux époques des plus graves crises, et notamment en 1 83o, pertes qui ont d’ailleurs été trente fois compensées par les bénéfices également extraordinaires que sa plus grande facilité lui a procurés en augmentant la masse de ses opérations.
L’origine du compte des effets en souffrance remonte à l’an ix. La totalité des sommes passées à profits et pertes, depuis cette époque jusqu’aujour-
(1) La Banque a racheté 21,100 de ses actions.
d’hui, s’élève à 1,973,914 fr- ^5 c., dont voici le détail :
Crue de 1806 à 1809, «ur 400,000 f. d’effet», perte 9,811 fr. 47 c.
Crise de 18 10, i8i4eti8i8
jusqu’au 3i déc. 1826, sur 987,000^ d’effets, perte 6,83o «
Crise de 1827, 1828 au 3o
juin i83o, sur . . . 700,000t. d’effets, porte 1 5 1,980 a
Crise du dernier semestre de
<83oet i'rde i83i, sur 6,3oo,ooof. d’effets, perte 1,805,192 78
Ensemble s,g73,gc4<r. a5c.
Sur quoi il a été recouvré 43g, 606 35
Reste i,534,3o7 fr. 90 c.
ou seulement 29 fr. 07 par action pour trente-deux ans, ou o fr. 62 c. 7 par chaque année ! avec chances de recouvrement sur plus de trois millions de valeurs !