‹ Cours d'économie industrielle 183839 par m. Blanqui aĩnéChapitre 63 sur 118 · FAUX BILLETS ET BILLETS PERDÜS · texte numérisé non relu

FAUX BILLETS ET BILLETS PERDÜS

A côté des pertes résultant du non-paiement pat* les souscripteurs et endosseurs des valeurs escomptées par la Banque, on doit placer celles résultant des remboursements de faux billets.

Grâce aux méticuleuses précautions doîit s’entoure la Banque, elle est parvenue à se préserver presque complètement de sinistres de cette nature. Peut-être même pourrait-on dire qu’elle s’est trop rigoureusement renfermée dans son droit , en refusant de Rembourser des billets tellement bien imités qu’ils avaient été reçus dans la circulation comme les siens. Sans doute, elle n’était pas légâlethêMt te-

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nue à payer des billets qu’elle n’avait pas émis; ce pendant elle eût pu, par reconnaissance pour la confiance que le public lui accordait, couvrir les porteurs de faux billets des pertes auxquelles ils se trouvaient exposés par le fait de sa circulation privilégiée: c’est du moins ainsi que la banque de Londres , aussi jalouse que toute autre des intérêts de ses actionnaires, a cru devoir agir pour l’honneur de sa signature, dont elle n’a pas voulu laisser en souffrance même l’imitation frauduleuse. Tout en prenant des mesures pour découvrir les coupables, elle a payé sans hésiter les billets faux, aux porteurs de bonne foi.

Cette conduite est d’autant plus facile à suivre quelle n’est pas, au fond, onéreuse à la Banque, qui se trouve couverte et bien au-delà des paiements qu’elle pourrait faire de billets faux, par les bénéfices résultant de la destruction de véritables billets, par suite des divers accidents attachés à leur circulation.

Voici la situation de ces deux comptes à la Banque de France, d’après les comptes officiels publiés par cet établissement.

« Sur 336 millions de francs, tant en billets de 1,000 francs que de 5oo francs, émis par la Banque dans les quinze premières années de son existence (i8o3 à 1818), il n’en reste aujourd’hui (au commencement de i835) dans la circulation que pour euviron 600,000 francs, qui rentrent partiellement de loin en loin.

« Au moment où le compte des billets faux vient

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de disparaître de la situation de la Banque, il est d’obligation pour vos censeurs de détruire l’opinion généralement répandue, qu’un nombre considérable de ces billets, mis en circulation à divers intervalles, ont échappé à la surveillance de la Banque, et ont été remboursés par elle.

« Il est certain que ce compte n’a jamais dépassé, en trente-deux ans, le chiffre de 80,000 francs, et qu’une partie de cette somme a été payée par la Banque , souvent en connaissance de cause, pour suivre à la trace les faussaires , et arriver à détruire les éléments de contrefaçon; aussi ces sacrifices ontils presque toujours amené l’arrestation des coupables.

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