‹ Cours d'économie industrielle 183839 par m. Blanqui aĩnéChapitre 77 sur 118 · Manufacture de glaces, verres à vitres · texte numérisé non relu

Manufacture de glaces, verres à vitres

cristaux et gobeletterie , capital , 6,000,000 f. ao p. 0/0. >

ai. Société de la Lys, pOUT la filature du lin, du chanvre et des étoupes, (capital , 4,°QO,°QO t 2 5 p. 0/0.

22. Société civile, pçur l' agrandissement et l embellissement de la capitale (le (a Belgique , capital , 5,ooo,ooo f., pouvant être portés à 8-

Ensemble, vingt-deux sociétés, ait capital de 83 millions de francs.

Le résultat de cette marche , suivie avec persévérance, a été de faire tomber, peu à peu, tous les établissements de quelque importance en Belgique au pouvoir de la société générale. Elle s’est vue un

moment l’arbitre souverain de tous les achats et de toutes les ventes ; elle a pu aspirer à fonder le plus effrayant monopole qui ait pesé sur aucune nation. Il a dépendu d’elle de faire hausser ou baisser, selon son intérêt privé , les actions des différentes sociétés subordonnées à ses escomptes; elle a pu jouer impunément et à coup sûr sur toutes les valeurs , en réalisant des primes énormes, dont les souscripteurs, innocemment sérieux, ont supporté la perte. Quelques fortunes scandaleuses, réalisées en peu d’années, en peu de mois, ont fait prendre le change sur la nature du véritable mouvement industriel qui s’est opéré en Belgique ; mais on commence à reconnaître ce qu’il y a de fictif et de périlleux dans ce mirage éblouissant.

Les hommes sensés se demandent , avec inquiétude, ce que deviendraient, en cas de guerre, toutes ces sociétés éphémères, à la fortune desquelles se rattachent tant de petits propriétaires , par les actions , tant d’ouvriers par le salaire.

Ces sociétés sont au nombre de plus de trois cents. Les forges et charbonnages y figurent pour près de 1 5o millions, les sucreries et raffineries pour ro millions, les verreries pour une somme égale. La seule industrie du lin absorbe plus de 1 5 millions. L’enjeu des sociétés purement financières et commerciales n’est pas moindre de 3ao millions. Ajoutez à ces groupes énormes, la dot des compagnies d’assurances, agricoles, forestières, des filatures de coton, des distilleries, papeteries, entreprises de transports publics , fabriques de draps , de soieries,

de tapis, de poteries, des brasseries, ardoisières, et une foule d’autres, toutes vivant de la vie précaire du crédit; toutes fondées par actions, avec exagération primitive de l’apport social ; et placez la Belgique ainsi faite en présence des événements politiques qui la menacent, qu’adviendra-t-il de sa résistance?

Le mal causé à la Belgique par les abus que la Société générale a fait de sa puissance et des ressources dont elle disposait , pour galvaniser le pays et le lancer dans des opérations qui l’ont conduit à deux doigts de sa perte , opérations qui semblent avoir été conçues par une pensée hostile , et dirigées par une main ennemie; ce mal, dis-je, loin de diminuer, n’a fait que s’accroître, malgré les efforts tentés pour le diminuer.

La Banque de Belgique , destinée à rivaliser avec la Société générale , dans un but d’amélioration, s’est jetée à corps perdu dans des spéculations aventureuses, contraires aux plus simples principes qui régissent le crédit, et elle fait expier chèrement à ses actionnaires les espérances trompeuses dont elle les a bercés. Elle a outré tous les excès de la Société générale, avec un tempérament bien moins robuste, avec ao millions au lieu de io5; aussi a-t-elle succombé à la peine au milieu d’un concert de malédictions, justement méritées, comme je me propose de le démontrer dans ce qui va suivre.

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