Gantoise, capital, 4,000,000 f., 17 p
14. Chemin de fer de la Sambre a la Meuse, capital, 12,700,000 f.
15. Charbonnage du bois desHamandes, capital, i,aoo,ooo i5 p. 0/0.
16. Charbonnage de Bray, Maurage et Boussoit, capital, a, 000, 000 f., indemnité, aoo,ooo f.
17. Charbonnage de Courcelles (Nord), capital, 2,700,000 f. 10 p. 0/0.
1 8. Fabriquede fer d’Ougrée , cap. , 3,5oo,ooo f., ao p. 0/0.
Ensemble 1 8 sociétés au capital de 54,5oo,ooo fr., avec parts de 10 à 20 p. 0/0 dans les bénéfices pour les fonctions d’administrateurs et commissaires, que l’on voit occuper douze fois par le directeur de la Banque de Belgique, sept fois par un de ses administrateurs, quatre fois par un idem, sept fois par un autre idem, une fois par un autre idem, et une douzaine de fois par ses différents commissaires. Quelle infatigable activité que celle que ne lassent point des fonctions si multipliées; quelle capacité, quels corps de fer !
Personne n’ignore de quel jeu les actions des sociétés patronées par la Banque furent l’objet, il suffira d’ en citer une seule pour juger du système adopté par les autres ; je veux parler de la société des actions réunieS. — Cette société était à la Banque
de Belgique ce que la Société nationale, la Société de commerce et la mutualité industrielle étaient à la Société générale, a Son objet, disent les statuts , a est de procurer aux petits rentiers la possibilité « de s’intéresser dans les grandes opérations indus- « trielles (cette phrase semble calquée sur l’article a des statuts de la mutualité industrielle , reproduit « plus haut, page 3a5 ); d’offrir aux porteurs d’aca tions industrielles une garantie contre les risques « qu’une entreprise isolée peut présenter, et contre a une dépréciation sans cause réelle. La société « placera son capital en fonds belges et en actions « de sociétés anonymes formées ou à former , sous « le patronage de la Banque de Belgique. » A partir de ce moment, l’agiotage prend un nouvel essor. Le capital était de 12 millions. Le directeur de la Banque de Belgique, douze fois administrateur de sociétés industrielles , patronées par cet établissement, est encore administrateur-fondateur de la nouvelle société; il renouvelle ainsi dans sa personne le cumul des fonctions déjà signalé en parlant des compagnies issues de la Société générale. Il n’était pas nécessaire de pousser plus loin l’imitation, pour qu’on reconnût la similitude parfaite qui existait entre l’ancien système et le nouveau. Pour qui sait lire avec intelligence les statuts d’une société, il est clair que les actions-réunies et la Banque de Belgique n 'étaient qu’une seule et même association à deux têtes (1).
(1) C’est ce que prouve surabondamment l’art. 18 des statut, de la
Il y avait toutefois quelque chose d’original dans cette idée de compenser les bénéfices par les pertes, et de former comme un bureau d’assurances dans une maison de jeu. « Si vous perdez avec l’Espagne, disait-on aux spéculateurs, vous gagnerez avec Rome. — Mais si Rome ne vaut pas mieux que l’Espagne, qu’arrivera-t-il? — Vous vous dédommagerez avec le Portugal. » Grande ressource en vérité! Sans parler d’Haïti et de toutes ces tirelires des Deux-Mondes qu’on remplit depuis vingt-cinq ans avec les économies de nos crédules artisans. Telle est pourtant, il faut le dire, la mine que l’on croyait avoir découverte pour lutter contre les io5 millions du roi Guillaume (ce n’était pourtant qu’une copie de la Société des capitalistes réunis dans un bue de mutualité industrielle , créée le 19 octobre i83(i; la Société des actions-rcunies ne date que du a3 juin 1887), et dont il est inutile de faire ressortir les tristes déceptions ; c’est comme si l’on disait à des joueurs : o Plus vous prendrez de numéros à la lote- « rie, moins vous aurez de chances de perte ; mais « si vous les preniez tous, vous seriez vraiment sûr « de gagner. » La société des actions réunies n’a pas tenu ce langage; mais il est clair qu'elle a agi comme si elle l’eût tenu. — Que dites-vous du gouvernement qui l’a laissée faire?
Et s’il est vrai, comme on l’assure, que la Banque
Société de t actions réunies , rédigé ainsi : « La Société n'a pas d’em- « ployés particuliers; elle s'entend avec la Banque de Belgique pour « l'organisation de ses bureaux , et lui alloue 5 p. o/o sur les bénéfices « pour tous les frais sans réserve. »
de Belgique ait payé des intérêts et des dividendes à ses actionnaires aux dépens de leur capital, dans le seul but de conserver aux actions une valeur artificielle et trompeuse, comment le commissaire du gouvernement n'a-t-il pas signalé l’irrégularité d’un semblable expédient, bien capable de porter la lumière dans le mystère des autres opérations? Comment n’a-t-on pas cesséde tourner cette roue? Où sont les 20 millions du capital? où sont les dépôts des caisses d’épargne? que signifie l’audacieux bilan qu’on a présenté, et que valent cesfoudx publics sur lesquels vous avez prêté des millions(i)?
Or, maintenant, il faut qu’on sache qu’une bonne
(1) Voici le bilan de la Banque au 3i décembre i838.