‹ Cours d'économie industrielle à l'École Turgot [microform]; instructions graduéesChapitre 30 sur 60 · XVIII« INSTRUCTION · texte numérisé non relu

XVIII« INSTRUCTION

§§ III et IV. — De V Échange et de la Monnaie considérés comme instruments de Production.

I. Du Troc et do l’Échange. — II. Monnaies primitives. — III. Imperfections des premières monnaies. — IV. Des qualités distinctives de la Monnaie. — Comment, dans l’Échange, l’intervention do la Monnaie , qui ne s’en saurait séparer , répond à l’idée d’un Troc

pur et simple. — Ce qui se passe en tout Achat comme en toute Vente.

D’où vient qu’ici encore , de même qu’en ce qui touche l’Épargne et le Capital , l’on n’envisage pas séparément 1 Échange et la Monnaie? Pourquoi l’Échange mis ainsi face à face avec l’instrument Monétaire? C’est que l’un de ces faits implique l’autre ou mieux qu’il l’explique.

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La Monnaie , en effet, tire sa raison d’être de l’Échange, et d autre part, sans elle, nulle place pour l’Échange. Par exemple, qu arrive-t-il, la ou les utilités diverses passent de celui-ci à celui-là sans recourir à la Monnaie? C’est qu’on obtient , par la voie « directe » du Troc ce dont on manque , en retour de ce qu’on abandonne comme étant « de trop » et jusqu’à certain point inutile. Là, rien qui puisse s’appeler d’un autre nom. Ce sont , en effet , des utilités qu’on « troque » et il n’est question d’aucune autie chose, la Monnaie ou quoi que ce soit aidant. — >

Donc , nulle place alors pour ce qui pourrait s’appeler du nom « d’Échange. »

Mais dès qu’un troisième terme, la Monnaie, apparaît les choses changent d’aspect et partant « de nom. » Il se produit, en effet, sous couleur de Vente puis d’Achat , une double opération qualifiée « d’Échange » et qui implique un double « Troc » ou trocs successifs. Mais ces Trocs aboutissent finalement au même but que le Troc « direct, » car les deux échangistes auront obtenu, grâce a la Monnaie, moyennant abandon réciproque de ce qu’ils avaient « en trop, » c’est-à-dire qu’ils jugeaient relativement « inutile, » — ce dont « ils manquaient. »

Voila comment « la Monnaie » est inséparable de l’Échange, et comment, d’autre part, « Échange et Troc » sont des termes qui se répondent. J’ajouterai que si l’on n’est bien pénétré de ces choses , au d^ébut d’une étude sur la Monnaie, l’on ne saurait avoir sur un semblable sujet que des idées confuses qui feronlqu’on ne rencontre que problèmes à peu près insolubles.

Du Troc et de l’Échange.

Le Troc ainsi considéré comme un point de départ naturel , que voit-on, que se passe-t-il dans toute Vente et

partant dans tout Achat quel qu’en soit l’objet? A quoi répond, par exemple, l’abandon de quelques pièces de métal, or ou argent, plus ou moins heureusement frappées mais d’un poids déterminé , pour obtenir, — en retour de blé ou de vin, — un vêtement ou quelque autre « produit » sinon même certains « services » clai" rement spécifiés ?

A , qui donne 50 grammes d’argent monnayé représentant ce qu’on nomme chez nous une somme de 10 francs pour recevoir de son voisin B, le cordonnier, de la chaussure , se trouve avoir « troqué » en réalité un « produit » de mine argentifère d’un poids déterminé contre un produit autre fabriqué par l’individu dont c’est l’état de faire des souliers. On donne à cela les noms « d’Achat » et de « Vente ; >> mais en somme , c’est « un Troc » de produits qui s’est opéré entre A et B.

Qu’il s’agisse , au lieu de cela , de l’achat de certains services. Que G par exemple , soit un maître charron qui , pour fabriquer ses charrues ou ses herses, a besoin d’ouvriers ; qu’il s’acquitte envers ceux-ci en leur donnant au bout de la journée pour prix « des services » qu’ils lui rendent une quantité fixe d’argent monnayé, c’est, de meme que dans le cas qui précède « un Troc » qui se sera opéré. Les objets sur lesquels porte leTroc sont sans doute de nature différente , mais l’opération est exactement la même.

C’est ainsi que G se trouve avoir finalement « troqué » quelques pièces d’argent d’un poids déterminé contre une quantité de travail livrée par les ouvriers D et G, pour fabriquer l’instrument aratoire demandé.

La seule remarque à laquelle donne lieu cette façon d’expliquer ce qui se passe, la voici. Dans la longue pratique qui s’est établie à l’endroit de la Monnaie, prise comme instrument supérieur de « Troc, » et non comme

COURS d’économie lndüstrielle.

on dit ordinairement « d’Échange , » c’est-à-dire de vente suivie «d achat, » rien, ce semble, de plus simple qu’un tel « troc. )> Mais si l’on veut bien se reporter pour un instant, à l’origine des choses, on verra que « l’acceptation » de quelques pièces de métal en retour de produits véritablement « utiles » — blé , vêtement ou une certaine

quantité de travail , — devra rencontrer de grandes difficultés.

La raison de cela est simple. Celui qui se fût défait de ce (ju’il avait .^de trop . en blé, en bétail, en chaussure fabriquée; celui-là , enfin, qui eût consenti à rendre quelques « services , » comme homme de main-d’œuvre, pour O enir, en retour, un poids déterminé d’argent, aurait tait, finalement, une affaire assez mauvaise; en d’autres termes, c’eût été pour lui un » Troc . imparfait. Les choses qu U aurait abandonnées constituaient, nous 1e répétons » des utilités » plus ou moins grandes reconnues pour ceux qui les obtiennent. Mais de quelle » utilité » vont e re pour celui qui les reçoit les quelques pièces dont on

p^ e? ~ Evidemment, il n’y a pas ici parité dans le « 1 roc , *. vu l’époque à laquelle on se reporte.

Retenons l’objection qui est des plus sérieuses, car il nous va falloir faire voir en partant de ce point, comment . I Lchange . s’en vint ici donner au . Troc . son complément necessaire. Ce qui est incontestable, et cela ressort de I essence des choses, c’est que, dans l’.Acliat comme

dans la tente, c’est d’un «Troc . qu’il s’agit, tant pour le cas ou I on opère sur . des services , . que là où Ton traite

à propos « de produits. »

Comment donc s’y prendra-t-on pour compléter . le Troc et faire que ceux qui livrent, - l’un un mticîe ap! piecie pour son utilité, - l’autre quelques pièces de métal frappées d’une certaine façon, puissent également trouver leur compte à ce marché? Car « tout Troc . im-

Ilic PARTIE. — DES INSTRUMENTS DE PRODUCTION. 267

plique au plus haut point que chacun pense avoir reçu l’équivalent de ce dont il s’est défait. Sans cela, point « de Troc. » Or, comment se fait-il que l’un abandonne une chose plus ou moins « utile » en retour d’objets dont il ne saura, ce semble, que faire? Quel est le motif qui est ici déterminant?

Ce motif, il est fort simple et se comprend dès lors sans peine. — « Le vendeur « sait, à n’en pouvoir douter, et c’est le fruit d’une expérience qui, pour la généralité remonte loin, il sait « qu’à l’aide » de ces mêmes pièces d’argent, il pourra prochainement obtenir, dans quelque mesure, ce qui lui fera besoin ou envie. — Vendeur aujourd’hui, il sera, à son tour et à volonté. Acheteur demain.

Voilà ce qui l’a déterminé à livrer de vraies « utilités » en retour de pièces de métal dont il n’eût su d’ailleurs personnellement que faire. Ce qu’il fait ici, d’autres le feront, d’autres y consentii’ont à leur tour. C’est sur cette assurance qu’il traite, qu’il se résoud à un Troc de soi « incomplet, » car le vendeur n’a pas jusqu’ici obtenu ce dont il a ou pourra avoir besoin.

— Mais, va-t-on objecter, puisqu’il ne s’agit là que d’une opération « incomplète, » autant dire, « d’un troc » qui implique, pour être parfait, une deuxième opération ou phase, pour([uoi ne pas aller immédiatement au plus court? « Utilité » contre « utilité «plus ou moins reconnue, appréciée? Pour ce qui est, par exemple, « des produits,» on troquerait blé contre vin, bétail contre combustible ou vêtements, ou bien une quantité « de travail » déterminée ([u’oii céderait en retour d’autres « services » ou de certains produits « utilisables? » Cela serait à la fois « plus simple » et plus court que le Troc imparfait qui s’opère au moyen d’espèces d’or ou d’argent.

C’est fort bien raisonner. Seulement, il est facile de se convaincre que ce qui semble ici le chemin le plus court

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aboulirait a des longueurs sans fin, sinon même le plus souvent une impasse. Il suffit, pour le montrer, de passer a l’application par quelques faits précis.

Un jour, par exemple, « les Besoins » ne cadrent pas ensemble. — A, qui voudrait pouvoir, avec quelque peu de ble, se procurer un vêtement ou un outil aratoire, s’adresse vainement à ceux qui font métier de fabriquer ces articles. Leur provision de blé est faite, et il faudra perdre beaucoup de temps pour trouver ailleurs ce qu’on désire. — Une autre fois, les Besoins concordent, mais ceux qui entrent en marché ne peuvent s’accorder sur le «Nombre » ou sur « la Qualité » des objets qu’il s’agit de troquer. B a besoin d’un cheval, et G, qui a des chevaux en trop, manque d un bœuf qu’il pourrait aisément se procurer chez son voisin; mais leurs prétentions diffèrent à tel point que l’affaire manque.

Ailleurs, on sera arrêté par le défaut « de Divisibilité ». des produits qu’il s’agit de troquer. Tel est, par exemple, le cas du possesseur d’un troupeau de bêtes ovines qui offrira vainement un de ses moutons au forgeron , au charron , au cordonnier dont il recherche les produits.

S il s agissait de quelque denrée, blé, vin ou légumes, il serait encore facile de s’entendre. Mais ((ue faire dans

une famille de Xexcédant de viande qui résulterait d’un semblable Troc?

Même au cas où les produits sont « divisibles » et de facile « conservation , » l’oiTpeut souffrir de quelque autre obstacle. Le Sel que vous offrez, par exemple, en retour d un peu de blé , est loin de ressembler au Sel dont j’ai fait usage jusqu’ici. Non-seulement il n’est pas très-pur, mais la provenance est ici de telle considération , qu’autant « de sels, » autant de degrés de puissance saline, si on peut ainsi dire. Le manque « d’Homogénéité » dans la substance même doit donc inffuer sur le marché au

point de le faire échouer. Et ce qu’on dit du Sel , on peut' le dire du Blé, du^Vin et des autres denrées.

Enfin, et pour ce qui a trait aux objets de consommation qui ne sauraient « se conserver » au delà de quelques jours, fruits, légumes, viandes et subsistances d’espèce diverse , il est clair que le cercle dans lequel se meut « le Troc » est des plus resserrés. D’où , à une foule de points de vue, des affaires d’autant plus restreintes qu’elles buttent contre d’inoessants obstacles. Ce n’est pas exagérer que de porter à neuf fois sur dix le nombre des difficultés auxquelles se heurte « le Troc » en nature et qui font qu’il ne saurait aboutir.

Monnaies primitives ou produits plus généralement

échangeables.

Ce n’est pas du premier coup qu’est née, comme on pourrait croire, l’idée « de l’Échange, » c’est-à-dire qu’on sera conduit a prendre, comme « moyen » général et uniforme de Troc, certains produits « utiles. » Suivant qu’il arrive d’ordinaire, c’est de la difficulté même que sortira ici la solution. — Puisque les obstacles dont souffre journellement « le Troc » tiennent au défaut « d’accord » général sur les utilités diverses qu’on éprouve le besoin de « contr’échanger, » la raison conseille, elle exige qu’on « tourne » la difficulté. Il y aura donc lieu de choisir « un produit » si parfaitement et si généralement « acceptable, » que tous s’en contentent chaque fois qu’on voudra se défaire de ce qu’on a « en trop » pour se procurer tôt ou tard ce dont « on manque. »

— Le jour où l’esprit s’arrêtait à ce raisonnement bien « simple » en apparence , mais qui , comme toute idée simple, était le fruit de nombreux tâtonnements, — ce

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joiir-lri, on peut dire que « la Monnaie » était née. — Le Troc, en effet, allait faire place « h l’Échange. »

C est alors que s’offrent à l’initiative du plus grand nombre, suivant la région habitée et l’espèce de produits dont on use « plus généralement, » le Sel, le Fer, les Peaux d’animaux plus ou moins bien préparées, le Cuir, toutes choses dont chacun sera d’autant plus disposé à se contenter, en retour de ce qu’il donne, que cela répond non-seulement a des Besoins « généraux , » mais qu’il s’y rencontre « des propriétés » qu’on chercherait en vain dans d’autres produits.

Ainsi, par exemple, le Sel, de même que lé Fer, n’est pas seulement d’un usage « général » presque indispensable ; cette substance est essentiellement» divisible , » c’est-à-dire qu on II en prend qu’autant qu’on veut, et qu’elle pourra servir par cela meme « de commun » diviseur. Ce n’est pas tout: ces diverses matières peuvent bien mieux « se conserver » que des substances purement alimentaires. L’on ne craindra point, des lors, d’en prendre au delà de'ce qu’exigent les besoins du moment. — Puis, et au surplus, en possédât-on des excédants notables, il sera toujours facile de se défaire « de ces excédants « pour obtenir autre chose en retour, vu que le produit est on ne peut plus facilement « échangeable, » c’est-à-dire généralement reçu en troc.

Voilà donc trois propriétés relativement rares qui se rencontrent dans ces quelques produits: 1« l’Utilité généralement reconnue ; 2“ la Divisibilité ; 3<> la Durée en ce

sens qu’ils peuvent « se conserver » plus longtemps que d’autres.

Il est ainsi facile de voir que le jour où , pour échapper aux mille embarras « du Troc, » l’on s’arrêtait à l’idée de choisir un produit tenu pour « généralement » acceptable en retour d une foule d’autres choses , produit représenté

par du Sel, du Fer, du Cuir, etc., — ce jour-là naissait du même coup « la Monnaie » car on peut dire, je le répète, que « l’Échange » aura dans le même temps remplacé « le Troc. »

Il va s’accomplir, en effet, à partir de là, non plus une opération simple qui consiste « à troquer » l’une contre l’autre « des utilités » plus ou moins grandes, produits et services, dont B, le charron, « manque, » tandis que C, le cultivateur, a ((uelque chose « de trop. » Non. Il arrivera journellement ceci: deux individus s’accordent ensemble, l’un pour obtenir ce dont « il manque, » — c’est L’acheteur; l’autre, c’est-à-dire le Vendeur pour accepter provisoirement en retour , quelque chose dont il n’a nul besoin sans doute, mais ([u’il sait bien devoir être « un moyen » de se procurer ce dont il pourra désirer faire prochainement l’acquisition. D’où « une double « opération inévitable (jui constitue « l’Échange » et qu’on peut traduire ainsi:

B, par exemple, le cordonnier, n’a nul besoin de sel pour le moment. Il a plus que ce qu’il faut pour sa provision courante. Mais il sait, à n’en pas douter, ([ue « le Sel » est un produit (jui lui permetlra de renouveler, à un moment donné, l’approvisionnement de cuir qu’il emploie à fabriquer de la chaussure. — vdlyend,» en conséquence, ({uelques paires de souliers, et reçoit, en retour, une certaine quantité de sel dont il compte se servir pour « acheter » prochainement la matière première qu’il sait lui être indispensable. Gela fait, que se sera-t-il passé? S’agit-il là, comme sous l’empire du Troc d’une opération « simple, » souliers troqués contre du sel dont on man- « que? » Nullement. Ce ({ui s’est fait d’abord n’est que le commencement de l’opération que B eut en vue ou comme on l’a déjà dit un Troc « incomplet» et partant provisoire.

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Vente » d’abord , et « un Achat » ensuite, c’est-à-dire qu’elle est double , et l’Échani^e apparaît ;

B s’est défait d’une paire de souliers; il les a « vendus » en retour d’un certain poids de sel; mais il n’est nullement « acheteur » de ce sel, qui est passé, au contraire, l’instant d’après, dans les mains du marchand de cuir, lequel s en servira probablement à son tour comme « moyen » d’achat de quelque autre chose. — Ce que B a véritablement « acheté, » avec le produit de la Vente des soulieis, c est du Cuir. Finalement, il se trouve avoir « troqwé » ou mieux échangé à Vaîde d’une quantité Mxe de Sel-Monnaie, des souliers contre du cuir. D’où le Sel

passé à l’état «d’instrument» de Troc, c’est-à-dire de moyen d' Échange.

Et voilà comment par un chemin , en apparence , plus long, par une opération qui semble infiniment moins « simple » et directe que le Troc, puisqu’elle implique « une double » phase, on arrivait, en recourant à un produit «généralement» reçu dans les affaires, «acceptable,» à contre-échanger des utilités qui, dans l’autre système n auraient pu passer de celui qui en avait des «excédants» à celui qui en « manquait. »

Imperfsctions d6s Monnaies primitives.

^ Mais si l’on était ainsi entré dans la voie « de l’Échange, » c’est-à-dire du Troc rendu de beaucoup plus facile, et si l’on peut dire, quel que fut le produit « généralement» acceptable auquel on s’était arrêté , que « la Monnaie » existait, il s en faut bien que dans ce système tous les obstacles eussent disparu. Ces obstacles seront aussi nombreux que divers, et ils sont pris de l’imperfection attachée à certains « moyens » d’Échange d’abord choisis.

Le Sel, par exemple, qui est d’un usage à peu près « général » et qui sert encore de menue Monnaie dans diverses contrées , notamment en Abyssinie où il s’offre sous forme de briques d’un certain poids , Je Sel constituait relativement un instrument de Troc on ne peut plus défectueux. D’une part, en effet, et quoiqu’il résiste mieux que beaucoup d’autres produits à l’action du temps et qu’on puisse « le conserver » assez généralement au delà de ce qui peut en être consommé couramment , comme cette substance est essentiellement hygrométrique , l’état de la température donnera lieu , chez celui qui en possède de trop grandes masses, à de notables pertes.

Il suit de là qu’on n’en saurait accepter, comme « Monnaie, » que des quantités fort limitées. Et comme, d’un autre coté, ce produit est assez répandu dans la nature ; qu’il est lacile de s’en procurer dans l’occasion ce que les besoins particuliers en réclament , d’où cette conséquence que la matière abonde relativement , c’est-àdire, qu’elle est bien plus « offerte » que l’on ne souffre « d’un manque » de Sel, — naturellement «< le Prix » de ce produit sera peu élevé comparé à beaucoup d’autres, il faudra donc en général un assez fort poids de Sel pour

pouvoir « acheter » le moindre objet utilisable, — Produit ou Service.

Tout se réunit, on le voit, pour limiter l’usage de cette Monnaie qui répond dès lors à des affaires de peu d’importance. C’est ainsi qu’en Abyssinie, dont nous parlions il n y a qu’un instant , l’Or dut suppléer en grains ou sous une autre forme à ce que ne pouvait faire la brique de Sel, dont le rôle ne s’élèvera pas au-dessus d’un certain niveau: par exemple, la valeur ou puissance d’achat d’un shilling.

('C n est pas tout. En prenant le Sel comme moyen

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• (le Troc, » l’on n’est pas seulement exposé à ce au’il

ce (,ui en restreint norm!

ent 1 usage comme « Monnaie » outre qu’il répond vu son abondance , i, des marches intimes ; - ce " odùü

péchait parplus d un côté autrement considérable au noini

de vue des échanges qu’il devra faciliter

qualité^impliqued’asseznotablesdifféridê-™^

la substance représentée dans les arts par le Mm-ure de

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bans doute il est aisé de distinguer en France à nit

nieie vue , le sel du Midi de celui de l’Ouest et celui-ci

des produits obtenus dans l’Est. Or, si le degré de pureté

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piopiietes ou bases sont identiques, et ce ne sera pas Ib dès

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m« PARTIE. — DES INSTRUMENTS DE PRODUCTION. 275

où sont admis indifféremment l’Or, l’Argent monnayés. Le débat porte exclusivement sur « la quantité » d’espèces qui sera livrée en échange de. tel produit ou de tel service, mais ce n’est jamais « la qualité » de la substance monnayée qui est en jeu. Pourquoi ? D’où vient cela ? c’est que l’Ur et l’Argent sont « semblables » à eux-mêmes, c’est-à-dire Homogènes. Ce qu’on remarque ici , c’est qu’il n’y a pas plusieurs Ors ou Argents. Monnaie comme il y a plusieurs sels, et que l’action du monnayage a simplement ce résultat de faire que la substance affecte invariablement un seul et même type. — Pour tout dire, elle est

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