‹ Cours d'économie industrielle à l'École Turgot [microform]; instructions graduéesChapitre 4 sur 60 · VI II · texte numérisé non relu

VI II

INTRODUCTION

voir leur pays pouvoir se faire honneur de l’étal des liiraiei es et de la raison publi({ue ; les maux nue cela enfante

Ihe exciXnnH Pt retêtent un caraclue exceptionnel et du reste, tort grave

Çest a de telles heures ([u’on voit sortir de ces foules

letiactaires a la lumière précisément parce nue la Ii/

m,,n;e n'a pu encore art'ivei' jus,pr’l"èlles, fnielqu’^^^^^

pose e\*'s’imnos^^ <|UÇslion, problème qui se

d'une tropllellfimîliis^

Cominenl npurraieni alors se faire entendre de la masse les \oix isolées qui eu sont d'ailleurs fort peu co i nue^? Pour opposer une digue au torrent, il faud ait aTOi? pris es choses de plus loin; c'est-à-dire .|u'ilïya que VSnstiuclion largement dispensée qui put luire envisacer sans rouble sans ell'roi ce qui semtle arrive, icTà son liem'ë

nobe, t Pe?l‘"'aë ar ® f jo‘"' ^

'^•en'LsfoëVdmnents'*-'®

extéHeime^nnam ‘''ilv"';''"" ‘'e ““e agitation

eoaeiieuie (pmiit aux trois royaumes; l’Andeterre sait trop bien l'Economie noliliipie. , ■''ngieieiie sait

rappelé?. ^ ‘‘on de

P'"*? *.P^6l point le succès est venu ré-

I «S Wnnto ^ premiers jours , à rinnovation dont la loi de 18bo contenait le germe. L’œuvre ici tentée a excité une

Îp s est accrue avec les années. A mesure oue

les notions de 1 ordre economiaue oénétraioni Hnnc Lj

— utu Hîssaiiii • I pmint mil

domine au sein de l'ecole, devient meilleur , ’et le mécanisnie obéit plus volontiers à l'aclion d'en haut bi dans un milieu qu’on peut dii'e mal préparé à une lelle çtude le succès ne s’est pas iusqu’ici diCnt devrait-on pas attendre là où la jeunesse fami ërisÆ de

“'■‘‘'î '«“S d'élicalessos de la îëngim,

apporte, au coin s de ses travaux, un esprit plus cultivé''^ Il v a assuremeiU moins loin, pour des adolescents des '.rài dl •Çr**‘ST de l’anti,|uité, tels que: '116-11™,^^^^^^^^^^

t S s^ ëëë «"■ Hicliesse des nal

àutèui's d'" '«'we jusqu’au nom de ces

iaLm.

INTRODUCTION

tr

- supérieur que ciiacun aoit pouvoir connaîtra —

loif ’rëTë ieitiéë à ces 1 êmëi

OIS. Cest ainsi qu’une partie de la généi-ation nouvelle

nourrie d une science qui trouve à chaque nas son anniipa’

de h pour les difcciles ép?mives'

1 ^ ^10 ailleurs on est tout à fait désarmé

indhënœ ?fnppé‘le ■ ïï"i? ’ 3“‘ '>'«*' 'lue hixe et iimi^eiice, d tiap ne les meilleurs esprits.

èii,drsl“‘l'ë''^“ de me plaindre du niveau élevé des

e d,p;ë?;r anderaffairë's

fonction maVs fp lër r^f'"' désigné pour celte haute

de sujelë supé,*^^ n est -ueie de semaine qu on ne me dise •

du“c.dle'lë"n'aïsïïSë\ëf"'^V"^^ sort

.qlëfL i-nptëhw de la plupart des collé-

Fes humieil il ot * " est peu habitué à en faire. —

laii^ueb ? H en sait une médiocrement — Ft le dessin ?

Mn„ eependant , les éludes ont pu éire solides - nrntiiT lies pour Vespril ; elles sont une 'xirell^^

necessaire a toutes les professions liliér 10^ L „i?„ ‘

préparent pas comme cliez les A^lëis its Irei' de honne heure dans les allaires ( I) » ' uu-

irétfe’àcm,l\“dM,om“iS

Médtë& boramës dë'GÛe“ë“

dTtiHS*

sa —

22 ~ devant la Co mmission d'expurlntion .

X INTRODUCTION

concours des lycées (lui traduisait, à livre ouvert, Hésiode Iloi ace ou Salluste; cestà peine s’il pourra se tirer d’un texte ^n-ec ou latin ([ui ir eut été pour lui (fu’un eu vin"

Spondée, Dactvle sont à peli pu b soitis de sa mémoire. Mais s’il lui fallut moins de Mii^d ans pour ne plus savoir conjuguer un verbe ou scander un vers, en revanche il mamjue des connaissances dont chacun sentira trop tard l’iitilite uiibbciuees

nu’arrive-t-il alors? Le voici. Et c’est encore un homme foi me ,i la gj'ande ecole des altaires ([ui va nous le dire •

« (.eux qui se sont livrés aux seules études littéraires ou c e science pure , sans tenir un compte suflisant descoiilaissances qui conduisent a l’utile, ne pouvant entrer dans les tan leres libres se jettent dans les fonctions publiques (lu ils encombrent en n’y apportant aucune des^ notions et des aptitudes indispensables pour leur permettre d’ap-

aiipeits a a immistrer ou a juqe - un jour - et cenendani ces jommes et cesclioses sont tonte 'la thtune'Si; IIÔ:

« J est ainsi c|ue 1 industrie, se /leiu'iant sans cesse coiiire une administration composée souvent d’hommes eniinents, sans doute, mais ne possédant que des connaissances purement spéculatives, se voit chaque jour ontlée dans son développement parce qu’elle rencontre cou- 1 animent sur son chemin , en France surtout, des hommes qui nepftrlt7it ni ne (o?nprennenf sa lanque (1). »

i^on-seulemenl faute d’iiistruction pratique, les affaires man.iuen c e leviers précieux el poissants ; Suais oï le Imei tait detaut, c est un barrage qui se dresse el (iiii

(pii arrête l’esprit d’Entre-

^ Et comme le régime d’instruction publique en vigueur a piocede par un départ deiiourvu de logiipie; cpi’il v a là ce (|u 011 est convenu cl ajipeler renseigTiement « sécon-

r/r o^f'’' O ''ÏÏ’é |■cnseifcmoment supi

iieu! ou « classique, » c est le jiersonnel dirigeant avec son mampie de connaissances, qui constitue l’obstacle ^ ppisqu aussi bien c est lui qui est le maître. Ne pouvant aider au mouvement, il l’arrête et rempêche Il y a un claiiger véritable, au surplus, à couper ainsi

^ liermetle de h' dire, un étal social

dont les ehmients sont hiils pour se confondre el vivre en

i^ontçibaud. - Ltciucdtioii par la suppression de |■Internal. — Paris 187;i.

INTRODUCTION

partait accord. Celte face de riilnscignement a frappé des esjirits acccmtuniés à aller au fond des choses. \ oici comment run d’eux caractérisait naguère encore cette situation anormale. 11 faut citer; car ici encore, ce n’est pas notre sentiment seul que nous entendons formuler :

« Je suis ambitieux crinstruction pour ces classes laborieuses que nous voulons tous élever à la hauteur du rôle. Que leur tonl les événements, disait, il n’va pas bien longtemps encore un membre de l’Institut, U. de (juatrefages, qui présidait à Lyon le Congrès pour ravancement des sciences. Mais, ajoute-t-il, en m’exprimant ainsi, je ne songeais pas à ces classes iiniipiement ; je songeais à nous tous et a un danger ([ui peut naître des progrès mêmes que nous ])rovo( (lions.

« Par la force des choses, par le progrès des générations, 1 enseignement que nous donnons, messieurs,

celui que donnent Bordeaux, Mulhouse, Amiens et d’autres centres importants de po))ulation se dévelojipera avec une rapidité croissante. 11 envahira, je l’espère, la grande niasse des travailleurs. Forcement aussi, et en vertu des nécessités aux([uelles il doit pourvoir, il restera surtout sc/'îi/z/iV/Kc. 1 ar la, il se mettra de plus en plus en opposition avec renseignement donne jusiiu’ici par l’État.

« Il ne tant pas se le dissimuler; en dépit des progi animes, cet enseignement apiiartient essentiellement (rrer et au Latin. Une assez large place est encore assurée à a Lh<‘lon(|ue française et l’on vient d’agrandir celle de la 1 hilosoiihie. Mais les langues vivantes n'y sont considérées ffrf. H'ihint cracc-.^soires importuns, l-hi somme,

I idéal de 1 Etat est de former avant tout des jeunes gens sachant écrire dans une langue morte un discours ou des

vers sur les idees et les sentiments d'une Société qui n existe plus.

« (^)uelle pourra s’opérer entre ces représentants

d un (lasse a jamais éteint, habitués à se contenter de mois sonores i^rf;.yc7rhw f()rcément hoaimes du (irésent, nourris f e faits précis el d idées pratiques? aucune. Les habitudes d.esiiril soiii Iroii-différentes, et la lutte sera d’autant (ilns vive que les deux enseignemeiifsauront porté plus de fruits.

« Bouc, il tant ((lie l’un entre en arrangement avec l’autre et lui lasse une juste part. Leipiel des deux doit céder? La lejionse ne saurait (ffri* douteuse. Forcé de (loui'voir au pain (huchaque jour, l’ouvrier ne (leut aiijirendre le C.rec

a pas le temps de songera (lolir (l(*s périodes, (-est I Etal ((UI doit élarr/ir ses (irogramnu's (>i s’aiqiropricr ceux de 1 enseignement niunicii»al. Puisipu' l’Étal se charge

INTRODUCTION

do\'fènse'iKÆr“T^^^^ leçons, il

Or, le LaU.i et le Grec e serv •1'^'' ^

nombre (1).» 11 ont jamais qu au petit

pnx au maintien deVordre Mais rn^ inhifi^^^

résulte surtout de l\aeenpfl nie t <^»^^l»euue «l'Ordre»

Pour tel adolescent niei veiltuseSu dou^ pf tendances, rencontre l’étoffe d’un XTii<«pf u-f.!. t ^t chez qui se Aumistin Tliipn*v nn ’ d im Lamartine ou d’un

.•iSrs" disposis faTe il!,l“r7 Pelîïs

dont les facu/tés, IMnstîai?tmifne s'ifl*\tonT‘ ® «t

précis. Ils ont tant vécu avérPcaacPV P®“ disserte des Tusculanes tnnt im^rUhln^v^^ ^ iiemistocle ; tant

Transit, nudget.talance d côn^^^^^^^^^^^

du ciel en terre. cc , c est les precijiiter

de^sdeïcI'Seus'eefmli^jëî^^^^

les nécessiléL de h rlë r .P lë [• '«'“''Ter dès lor's avec

dans le monde Si l’on veut (nVpiiA^"*’*V*'^*^*T”dra son rang

la co,n,,araiëon ,"âù ^ië ' iTë e dës fëreëVTlions dont chaque pavsestrichP il t ^ ap.plica-

HVtëë;i:nlit;t'ëf ëë';!ë!!!^erêë.“^ ‘oî,;

graiKlësViioses'ë liPml daTë™s'’i!fsim(-iimfi'''^

IleT^is X lî 1 d-''V‘ “P" î'a>^ si dauî'rTëmps

statsssLs

conditions de cet enseignement

Mélliode analytique. — Ses résultats.

lu loi (ie u'ne'^cliësè 'enu élargir

vouions parier des résë^.&'l;l;;!V*&-!;::-^

(!) Séance du Congrès scientifique de Lyon, 28 juin 1874.

INTRODUCTION

en même temps ([u’un élément à peu près certain de succès. Hcoutonsici 1 cUiteur immortel du Discoiu'ssur la méthode: « Pour moi , dit Descartes, j’ai suivi seulement la voie analytique en mes méditations pour ce ([u’elle me semble être la plus vraie et la plus propre pour enseigner...

« L’analyse, ajoute-t-il un peu plus loin , montre la vraie voie par laquelle une chose a été méthodiquement inventée cl fait voir comment les effets dépendent des causes. En sorte que si le lecteur la veut suivre et jeter les yeux soigneusement sur tout ce ([u’elle contient , il n’entendra pas moins parfaitement la chose ainsi démontrée et ne la rendra pas moins sienne que si lui-même l’avait inventée. »

Le résumé analyti((ue n’a pas seulement cette vertu de faire entrer de jeunes esprits dans une voie où tout s’enchaîne. C’est ainsi ((u’ilsse forment au grand art du raisonnement , ou comme on eut dit autrefois , à « la Logiipie. » Ce n’est pas tout.

Obligé de i^orter son attention sur ce ({u’il a paidiculièremeiit noté , rélève coiiiracte riiabilude de réfléchir. Ü pénètre plus avant (finis la matière , et c'est par là (pi’il la mit « sienne » pour parler comme le grand écrivain sur leiiuel l’esprit français s’est eu ((ueh(ue sorte moulé. 11 y a niieux :

PP MiiP l’nrlnlpQPPn f c’nnnonnvîp pct hîpn Qiifi»Pi-nant nfnïiHii

vaut tout ce ([iril peut valoir. De là une action sur l’élève ((ue ne sauraient donner ni le Livre, ni de fréiiuents appels faits à la mémoire.

11 s’établit, dès lors, de celui ({ui dispense l’instruction à ceux ((ui la reçoivent, im double courant et comme une solide entente (lont les elfels ii’ont rien d’ordinaire. Le maître est rivé à celte exposition rationnelle ; c’est du même pas (jpi’oii s’avance ici, du fait à la thèse, du simple au compose. Aussi , (lu’uii chaînon mamiue à la chaîne , et (lue celui sur le(iuel on régie sa marche tombe dans (luehiue écart, voyez comme toutes ces jeunes têtes se rch'vvent par un brus(iue mouvenienl? On s’aperçoit liieii vile ([u’il ne fait plus jour pour elles, tant l’auditoire est fait à im mode d’exposition où tout se succède et se tient.

Sans doute, l’instructeur ([ui a charge d’àmes doit mettre ici tous ses soins. Avec 100 comme avec 30 élèves, il faut tout voir, tout examiner. Comment , sans cela , être assuré ([ue le grand nombre a héiiétîcié tant de cerlaines lumières (pie d’uii mode d’enseigiiemeiit eu deliors (luquel il ifest ([ue confusion et téimbres?

11 faut doue ici tout lire.

Ce que (pielques esprits appellent vulgaire et dédaigneu-

INTRODUCTION

somont oncoro « la copie, » coiistiUie bien moins le côlé

lastidieiix de 1 œuvre , ((uc cola ne j)eiit être en des nniiw inlellurentes . un invîm- i....- mains

smon de penséesijii’il laildès lors « slenne^s^ rC’oùlëiÆ aura aisément prise sm-réli'.ve. L^^dolescenl de m"n e ei plus que 1 adulte, veut <[u’on le renianuie Le^iouron il

ceux ((ui 1 instruisent semblent atlaclier du prix et c’est ainsi iiinl vaut, à la longue, tout ce ,|uSd peut «loir

i-iiiL ’é 'l‘"’ pi'odiiit la plus Icnère aniio-

lallon. Cela est tenu pour faveur et met en tiranle les

jeunes cerveaux. - L’application augnienle et Se dl roche en proclie jusi|u’aiix indillerents; le corpiy’lcrh Inie s amélioré et tourne bientôt h la calliLn-apli% L’oldre s açcenUie , la nellelé reluit partout plus i?rai dë Tel au boni de (|iieb|iies mois, chez l’ënfant lus ou mniës heureusement doué, le fruit d’une culture où riëië ’ëiî oiine au hasard et moins encore à la somnolente habi-

" I y a en nostre âme, est-il dit dans les belles na-es que le xvP siècle nous a laissées sur la Lr, , -tilde K

(juebiue naturelle raison (lui, entretenue nar iion conseil et coustume, lleurit en vei'tu. ^'«n

Mais, pour que « le résumé analytique » donne tout ce [\iu pemt donner, il faut que « le Maître » ainm dqn?p ej^ale alïeclion , la Science, la Jeunesse. La Science par l.uluelle ont s amélioré, grandit et s’épure - la Jeunêsse

kïï^Lm-ts^s^^^ l'inoxpérience et savoir souifrn-

Lelui qui n’est pas possédé de ce double amour ^nv^^ 'Irëfre'î'’

hmp l'iflilhL'l'''''"’,'™,' Ih'slalozzi, les Fellem-

mon 'düë f- i', '■)“*« |■iuslrllclion p“pi';ë

nuiit dite. Lducalion et Instruction, qu'on pense être une

solde et môme chose, doivent dm s la vie nmbiër Z

numie pas. Or, c’esi surtout dans l’exposi ion loil nu

ml Iran, comme colles do l’ordre Kconomi! ur !ni bon

rë' SHmnZ!lmn‘\‘T‘'"‘s"' n’^ i montre,

ncj n II Adam Smilli a le ju-emiei* fait la tliéorie

est essen lellemeni éducatrice. Voilà ce (iii’on ne sait pas ass(/. Elle sur le caracièri' et enricbit l’esprit. Aussi

(I) La Bo<Hie.

INTRODUCTION. XV

le mémej écrivain ([iii enseignait^ comment se forme la Richesse, formule pres([u’à la même heure sa pensée à -l’endroit des Sentiments moraux.

C’est cette double vue (jui reluit dans plus d’un autre ouvrage, notamment chez rauteurqui, apres avoir donné, en France, des règles sur la I^ogiiiue et la Grammaire, se livrait, dans un Traité spécial, à l’étude de la Volonté et ses effets. On sait (|ue, dans ce dernier livre, Destutt de ïracy s’occii])e particulièrement de l’Économie politiipie.

Il faut donc s’appliijuer à faire aimer cette Science par le soin mis à la faire pénétrer dans de jeunes esprits amoureux du vrai en toutes choses. Il ne faut pas surtout croire en quelque sorte déroger lorsipi’on travaille à familiariser des adolescents, avec des notions d’où dérive et dépend la grandeur d’un État. Il semble ([ue s’occuper, comme le grand Instituteur suisse ci-dessus rappelé, < de jeunes enfants abandonnés » soit chose au-dessous de certaines intelligences. C’est à cette singulière perversion du sens moral (|ue fera un jour allusion Miss Edgeworth dans les lignes qui suivent:'

« Vous me rappelez, remar((uait la jeune irlandaise, desisantde ces choses avec une autre femme bien connue, Swanton-Relloç, -- vous me faites souvenir fTiin jeune docteur qui^ avait étudié la médecine à Dublin. Lors([u’ii eut terminé ses études et ((u’il fut de retour dans mon comté, je lui demandai s’il se croyait assez sûr et assez habile pour pouvoir exercer son art? — Oh! mon Dieu, madame, me répondit le modeste jeune !iomme,je ne suis peut-être pas assez savant pour guérir les grandes personnes, mais /-s par exemple, je pourrais les

soigner hardiment. »

Ceci s’adresse aux gens ([ui mesureraient volontiers la valeur de l’instruction à rexhaussement même de la chaire d'où elle tombe et s’écoule.

Non. Pas plus que l’adulte, l’enfant qui fré([uente l’École ne saurait se paver de soins superficiels. Ici comme ailleurs, il faut aborder l’esprit par où il olfre quelfiue prise. Cela est particulièrement nécessaire alors qu on expose des vérités qui, agissant sur les caractères, ont pour but de rendre chacun expert au maniement des intérêts en lutte. C’est le fonds même sur le([uel o[)ère l'Éducation à propos diuiLiel Montaigne dira : « Il vaut mieux forger son esprit ipie de le meubler. »

Or et par cela même (pfelle rend l’intelligence plus active en remontant des effets aux causes, on peut dire de la Science économi(|ue qu’elle met l’esprit <f à la forge. »

lïBr'ii-i]!

INTRODUCTIOX.

spmont oncoro « la copie, « constitue bien moins le côté fastidieux de 1 œuvre , ((iie cela ne peul être en des niait s intelligentes, un levier d’une rare puissance. N’est-ce'nas ainsi surtout (jue 1 adolescent pouri'a prendre ^oût à l’exuosition de penseesipi’ll fait dès lors « siennes?» D’oùlennîü-e aura aise.nent prise sur l’élève. L’adolescent, de même j)lus (lue 1 adii te , veut ipi’on te remaniue. Le jour où il se sai observe , il redouble de soins dans les tribaux auxn els ceux (|Hi I instruisent semblent allaclier du prix et cW ainsi nu 11 vaut, à la longue, loul ce i|uül pèll ™ioir

i-.iil ’r- '1»*^ lirodiiit lu plus légère anno-

a Ion. Cela est tenu pour faveur et met ei Branle ces

un,- ba iieiiore et Tourne bientôt à la calliLn-anhie. L’ordre s accentue , la nettete reluit partout plus m-ande Tel sera au bout de que ques mois, chez l’enfant p us ou mo n^ lieureusement doue, le fruit d’une culture où Hen Test domie au hasard et moins encore à la somnolente habi-

« Il y a en nostre âme, est-il dit dans les belles na^es que le xviç siècle nous a laissées sur la ITSc ?£

(iuel({ue naturelle raison ([ui, entretenue nar bon conseil et coustume, fleurit en vei'tii. (1) » *

Mais, pour que « le résumé analytique » donne tout ce

TiL^n’^ “ le ôlaître >/aime d’uiie

(„ale affection , la Science, la Jeunesse. La Science nar Ia(|uelle tout s amélioré, ^’randit et s’épure ; la Jeunésse

kïdcm'é^slTnnqr'^ l'inexpérience el savoir soiitïrir

Lelui qui n’est pas possédé de ce double amour sera saiis ^aclioii sur ces esprits ipril s’agit de former m d’bis-

Ce n’est pas aulrement <iue les Pestalozzi les Fellpn, ber^S les abbé Gérard, les Edgeworlh (mnij)nrent ce (lui lient P us à la culture de l’ânie .pi’à rinstrilction prSmto^^ ment di e. Lducation et Instruction, (pi’on pense être une seule et même chose, doivent dans la vie arclie^^ uu;uie pas. Or, c’est surtout dans l’exposition d?s lois .lui ont liait, comme celles de 1 ordre Lconomiiiue au bon jTOuvernenienI de soi-imune, (,ue cet a.icord'T inoiiT. L<i Science dont Adam Smith a le premier fait la Ihéorie

Te"/"" 7lhf ■ éducatrice. \'oifà ce ((u’oii ne sait pas

ussez. Elle a^il sur le caraclen' et enrichit l’esprit. Aussi

(I) La UoPtie.

INTRODUCTION

le mêmel écrivain f[ui enseignait comment se forme la Richesse', formule presqii’à la même heure sa pensée à ,1’endroit des Sentiments 7noraux.

C’est cette double vue (pii reluit dans plus d’un autre ouvrage, notamment chez l’auteur qui, après avoir donne, en France, des W-gles sur la Logupie et la Grammaire, se livrait, dans un Traité spécial, à l’étude de la Volonté et dp ses effets. On sait ipie, dans ce dernier livre, Destutt de Traev s’occupe particulièrement de l’Economie politi(iue.

Il 'faut donc s’appliiiuer à faire aimer cette Science par le soin mis à la faire pénétrer dans de jeunes esprits amoureux du vrai en toutes choses. Il ne faut pas surtout croire en (pielque sorte déroger lors(iu'on travaille à familiariser des adolescents avec des notions d’où dérive et dépend la grandeur d’un État. 11 semble (jne s’occuper, comme le grand Instituteur suisse ci-dessus rappelé, '< de jeunes enfants abandonnés » soit chose au-dessous de certaines intelligences. C’est à cette singulière pervei’sion du sens moral (pie fera un jour allusion :\Iiss Edgeworth (tans les lignes qui suivent :

« Vous me rappelez, remar([uait la jeune irlandaise, devisant de ces choses avec une autre femme Inen connue, M««e Swanton-Belloc , - yous me faites souvenir d’un jeune docteur ([ui avait étudié la médecine à Dublin. Lorsipi’il eut terminé ses études el ipTil fut de retour dans mon comté, je lui demandai s’il se croyait assez sur et assez habile iiour pouvoir exercer son art? — Oh! mon Dieu, madame, me répondit le modeste jeune homme, je ne suis peut-être pas assez savant pour guérir les grandes personnes, mais If-s enfants, par exemple, je pourrais les soigner hardiment. »

Ceci s’adresse aux gens ipii mesureraient vfilontiers la valeur (le l’instruction à Texhaussement même de la chaire d'où elle tombe et s’écoule.

Non. Pas plus que l’adulte, l’enfant (lui frécpiente l’Ecole ne saurait se paver de soins superticiels. Ici comme ailleurs, il faut aborder l’esprit par où il offre ([uehjue prise. Gela est particulièrement nécessah*e alors ([uon expose des vérités (|ui, agissant sur les caractères, ont pour but de rendre chacun expert au maniement des intérêts en lutte. C’est le fonds même sur le([uel opère l’Education à propos du([uel ôlonlaigne dira ; « Il vaut mieux forger son esprit (pie de le meubler. »

Ôr et par cela même (pTelle rend l’intelligence plus active en remontant des effets aux causes, on peut dire de la Science économi([ue qu’elle met l’esprit « à la forge. »

INTRODUCTION

C est a cela surtout qu’elle est bonne. On devient ainsi plus capable « de faire, » c’est-à-dire d’entreprendre de lutter contre mille obstacles, d’éviter plus d’un écueil,’ de « se conduire, entin, ce qui est autrement de conséf[uence ([lie d’orner la mémoire pour charmer l’oreille. C’est r /l^^ î^h^^^dit l’habitude de raisonner exactement des taits,^ des situations, d’en saisir le lien et la loi, art qui procédé bien plus de l’observation que de la logique ou du calcul proprement dit. La jeunesse ne s’y trompe pasaussi des ((u’elle approche de ces eaux limpides de là ocience , elle se sent prise d’un besoin d’apprendre, de connaître, ([ui ne fait que s’accroître et ne la (piittera plus. -— Lu yeut-(in une preuve prise enti*e beaucoup d’autres? Qu on jette les yeux sur les lignes suivantes.

(i<ytait au plus fort des troubles nés, avec les plus poignantes angoisses, de la derni(>re guerre. Des élèves jus([ue-la restes sourds à renseigneimmt (pii fait le fonds de ces « instructions,)) exprimeront en ces termes le changement ((ui s’est en eux opéré. — .Te transcris fidèlement

1 adresse collective ([ui témoigne de ces nouveaux sentiments :

(( Monsieur et cher maître,

« La raison vient tout, d’un coup et ce ([ui nous l’a prouve c est votre leçon d’Economie iudustiâelle de samedi. .Ius(iu alors, nous avions regardé ce Cours avec une enfanine indilference. Mais un instant a suffi pour arrachei* le bandeau et le faire tomber de nos yeux, lisse sont ouverts et nous avons compris alors ((ue vôtre Cours ne tendait pas seulement a taire de nous des rhéteurs, des mathématiciens ou des historiens, mais bien des hommes et des hommes connaissant bien leurs Droits et leurs Devoirs sachant distinguer l’Avantage de telle industrie et le Defaut de telle autre.

« Aussi, monsieur, vous pouvez être assuré (pie, dès ainourd’hui , nous apporterons à vos Cours (Économie Industrielle et Législation usuelle) une attention et un silence f(ui ne se démentiront jamais.

« Si rAméri([ue peut nous servir de modèle par son industrie et ses institutions, ne soyons pas honteux de prendre aussi exemple sur les élèves de ses écoles. C’est ainsi (|ue chacun de nous concourra à détruire ce dicton (jue I etranger nous jette sans cesse au visage : « Léger comme un fram;ais. »

« Aon : Les Français ne sont pas si légers ([u’on veut

INTRODUCTION

bien le dire et souvent ils ont montré une fermeté, un calme qu’eussent enviés nos adversaires.

« Agréez, monsieur et honoré maître, 1 expression de nos respectueux sentiments.

« Vos eleves dévoués...

« Paris ii janvier 187!?. »

Comme il est dit dans ces lignes ([ui sont, je le répète, signées par plusieurs adolescents jus([ue-la réfractaires a

viendront soudain à se discipliner mieux ([ue n eut pu faire le sévère contrôle ([ui prend plus haut son point d a[)- ,„ii. — Comment expli([uer un tel (Changement? D’ou peut iirovenir cette action de la Volonté triomphanÇ par uim coniinune entente, de l’esprit d’insubordination aïKjuel chacun a jus(jue-là obéi? Cela tient, nous 1(^ répétons, a ce ([ue, par une lueur soudaine, — on ne sait d ou ni conniient venue, — l’adolescent se sera déterminé « de lui-ineme, » selon la belle parole de Pestalozzi. « Chez l’enfant de nnnne (jue chez l’adulte rien ne vaut, rien ne remplace la Volonté

«libre.» ^ . , , ,.

Faire (jue l’esprit veuille ([uil pense et croie n obéir (|u'à sa proju'e inspiration, telle est la inanpie de tout bon système éducateur et le but (pi’oii doit ici avoir en vue (1).

(lU’ir, IMl’OKTU DE FAIRE NAl l'RK ICI PLUS <^)U’A1L LEURS

Page 1