‹ Cours d'économie industrielle à l'École Turgot [microform]; instructions graduéesChapitre 6 sur 60 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

INTRODUCTION

INTRODUCTION

oncoi-0 plus vrai avec un jeune auditoire cpii ii’a mille idée de ce dont ou va reutreteuir et de rmilité (pii s’v attache.

e Kl la iiccessito d un plan d instruction « i<raduée » dans lequel Pestalozzi a iiofaniment excellé et ou l’on dut sapplufimr a le suivre en s’inspirant de sa méthode Il senihle ([iie chez réniiuent iuslitiiteur suisse ce mode d (mseioiiemeiit ait pris et revêtu un carach>re propre auant dire « perscumel. » 11 u’eii est rien. Basé sur l’ôhsèrvatioii a l endroit des caractères et des fonctions de l’esprit (30 système est de tous les temps, de tous les pavs par cela 1 mme. Les aiiplicatioiis peuvent différer, mais le principe

P”'' P'*®- ~ Ecoutons Ià-de4us une

temme qu ici peut passer pour un excellent jus'e :

« ^en est pas a proprement parler ’une décom:erte

une application eclairee de vérités déjà connues . reniai*(nie

Madame de btaël. La patience, l’observation et l’étude

philosophique des procédés de l’esiuat humain ont fait

( onnaitie a Pestalozzi ce (|u’il v a d'elémentoire dans les

pensees et de successif dans ‘leur développement U a

))ouss(i plus loin (fu’un autre la théorie de la giud\tion dans renseimiement. » i auu.x

Aussi, est-ce moins à énoncer des vérités peu ou point

’ d^’oii s’cst attaclié dans cette suite « d instructions. » Si les veux d'un tout

.leune auditoire se sont ouverts sans effort à la lumiiu'e imr vS^clle”'^^^^ moins éblouis ([u’ainenés à se tour-

(’/est « le ^miit » en effet ((u’il importe ici , d’éveiller suivant (pi en lit un jour la remar([ueun liomme (lui est cliez nous depuis soixante ans riionmmr de la science et ■des lettres (1). « L’esprit suit le cœur, il aqit (mmme le cœur aime , » rennw^ part Domat, qu’on sait

a\oir ete lie d une étroite amitié avec Pascal. Ce (lu’il faut nous le répétons , c’est faire jouer c(‘ ressort des aines (pu s appelle « la Volonté.» Pas plus que l’homme, l’entaut , 1 adolescent ne sauraient rester passifs. S’ils n’inçlinent au bien , ils penchent vers le mal : de façon ou d autre , il faut ([ue le ressoid, joue.

.Crjer^rand art de riustriictioii proprement dite consiste a inspirer 1 amour de certaines connaissances. Pour cela , il n est ([u un moyen : « intéresser. »

Non (pi’pn doive satisfaire cette vaine curiosité (lui se plaît aux rcmits émouvants, ou aux traits acérés de la critnpie. (œ n est pas cette menue monnaie (pii peut tenir

longtemps lieu du reste. Ce qui fait surtout le succi's d’un ensei^iiement, c’est-la clarté sans sécheresse, la méthoile, c’est-a-dire des raisons bien déduites ([ui se fortilient d’exemples choisis avec soin. 11 faut qu’ici, comme en un bâtiment , tout s’ajuste et se relie si l’on veut que ces pierres, ce bois, cette tuile, aidés du ciment, fassent

netre par un coin qui est celui-la meme par où l’entrée était seule possible et qui n’a pu d’abord être aperçu.

Autant d’intelligences, autant de serrures que la même de ne saurait ouvrir.

Se faire écouter et suivre , « intéresser » dans la bonne acception du mot, telle est en matière l’enseignement, qu il s’agisse des principes formulés par Adam Smith ou d etudes autres , la loi inéluctable. Ceci s’applique surtout a la nation dont le génie, comme la langue, exigent que 1 ordiœ, la clarté reluisent partout.

La vérité doit être, en pareil cas, rendue attirante. Aussi les Maîtres dont on garde la Mémoire sont ceux ([ui surent «instruire en amusant (1) » Tels furent notamment, Arago, Cousin, Andrieux , Thénard , Villeniain , dont chacun eut pu dire entendant leurs leçons ce (pie Voltaire a dit, dans son Temple du goût , de Hollin :

« Et quoiqu’en robe on l’écoutait. »

La France ne rappelle par aucun côté cesraces lentes à se mouvoir dont l’érudition est aussi indigeste et confuse que leur langue fut péniblement construite. Pour se faire acceptei’ chez nous du plus grand nombre, la Science doit ne pas etre denuee d’un certain charme. Et ceci est vrai, surtout lorsqu’on jiarle à la jeunesse :

« Le talent d’instruire, remaiaïue Rousseau, est de faire que le disciple se plaise à rinslruction. Or, pour qu’il s’y plaise, il ne faut pas (|ue son esprit reste tellement passif a tout ce que vous lui dites , qu’il n’ait absollinienl rien a faire pour vous entendre. »

jjgpuisque le] nom de Miss Martineau s’est rencontré sous notre plume, ({u’on voie comment cette femme supérieure comprit ce {(ui manquait en Angleterre à la propagation des principes de l’ordre Économique. Ce qu’on va lire est vieux d un demi-siècle , mais -cela s’appliquait alors de

(1) L’auteur exprimait celte pensée à une époque dont huit ans nous séparent, à propos d’une élude sur Miss Ilarriet Martineau et sur ses travaux. — Voir Je Journal des Economistes, 1808.

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loiit, poinf au Royaume-uni. Les clioses ont l)ien cliaimé depuis lors, grâce à de meilleures méthodes •

« Les ouvrages, remariiue au sujet des grands travaux d Adam bmitli 1 auteur de la Co/onie isolée, de la Fabrique

d hlla de Grarelooc/ie et de i)oii nonilire de récits pu la délicatesse de Dickens s’allie à l’exposition des vérités les plus hautes, — ces ouvrages sont très-estimahles, mais ils ne nous donnent pas ce dont nous avons besoin : la bcience, sous une forme familière et pratique Ils nous donnent son histoire, sa physiologie. Nous demandons qu, on nous la jieigne. Ils nous donnent des vérités et nous laissent le soin de regarder autour de nous et de chercher les preuves ci l'appui.

« Gela est suffisant peut-être pour ceux qui ont beaucoup de connaissances et de loisirs; mais il y a bien d auties personnes qui n’ont ni le temps, ni l’occasion d appliquer ainsi les connaissances qu’elles ont acquises. Naus ne voyons pas pourquoi la vérité et son application ne marcheraient pas ensemble; pourquoi une explication des piincipes régulateurs de la Société ne deviendrait lias plus claire et plus intéressante par la peinture des eifets ({lie ces {principes amènent tous les jours. »

Ce n’est pas à la lecture des œuvres d’Adam Smith ou de Licardo que Ip-ederic Rastiat se sentira attiré vers la oCiGiiCG i[u il oGvail un jour ülustrGr. ParcourGz la con^ospondancG cIg TautGur üg Maudît argenU et vous verrez

comment lui vint « le goût » des études où il doit plus tard exceller. ^ •

« .1 ai fait la trouvaille d’un vrai trésor, écrivait-il à son ‘,VPl Ldudion, en 1827, a propos de la Science du Bonhomme Richard. C est un petit volume contenant des mélanges de morale et de politique par Franklin. >• Et Fauteur Des Harmonies part de là pour former avec la Science économifiiie un pacte aussi brillant qu’il sera particulièrement fécond. Le nest point la d'ailleurs un fait isolé. Vers la tin du siecle , alors (|ue Franklin était si activement mêle à la politique européenne, son petit livre tenait déjà sous le charme les multitudes. Plus d’un curé de village en prenait texte pour son prune. Tant l’esprit français se iiorle de lui-nieme au-devant de ceux qui savent fui parler la langue (ju il jieut seule entendre.

Cette meme Science « du Bonhomme Richard » ainsi qim plus tard les ingénieux récits de miss Martineau, si tort appropries a ce que réclamé le manque d’instruction du grand nombre, ont plus fait pour le triomphe des ventes d un certain ordre, que les plus gros et doctes

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livres. C’est, du reste, ce que pensait Rastiat lui-même, s’entretenant avec Richard Cobdeii de son Histoire de la

? Un pareil ouvrage, écrit-il en, février 18i6, vendu 3 francs, fera plus que dix traités d’Economie politique. »

Ces livres suffisent aux maîtres qui s’appellent Turgot ou Rossi. Mais « un oiseau ne fait pas le printemps, » et pour le très-grand nombre il faut autre chose. On l’a bien vu au succès qu’obtinrent en France ces Pamphlets ou l’auteur excellait à aiguiser, avec tant de vivacité et de linesse, la vérité sicentifique. Comme il sut taire voir dans son Baccalauréat et Socialisme la source des déviations auxquelles donne lieu une instruction exclusivement « clas-

11 est sensible , que le grand courant d’idées forme il y a moins de trente ans , ici par V Histoire de la Ligue, plus loin par la publication des Pamphlets auxquels se mêleront les fameux Sophismes économiques, a fait sortir la réforme commerciale des nuages qui FenveloppaienU Ce n’est pas autrement que l’on put triompher , nous le répétons , des théories contraires.

«Je doute , remarquait en 1818 l'archevêque de Duhlin, Whateley, déjà cité, que des esprits d’élite, solitairement à la culture de la Science, puissent jamais déterminer des réformes réelles, générales, efficaces. Il faut pour cela la coopération de l'esprit public, et les plus belles théories sont peu de chose ijuand elles ne sont pas épanchées sur les masses et qu’elles n’ont pas pénétre dans la

prati(4ue. » ^

Le savant prélat compare ces théories « a de belles machines entouies dans le cabinet ou décrites dans les manuscrits du mécanicien. »

Richard Cobden sera frappé de celte même idée lorsqu'il se fait en Angleterre, le promoteur « d’une vulgarisation»» puissante des vérités enseignées par Adam Smith. C/esl à de nombreuses chaires, c’est à des leefurers (conférenciers) s’adressant partout au public ({u’il demande de combler ici les lacunes qui existent.

Car il n'est ({ue l’École pour produire un grand bien, c’est-à-dire l’enseignement coulant à pleins bords , au lieu il’êli*e enfermé dans le sanctuaire, comme au temps des mystères de la vieille Éppte.

« Prêchez une croisade contre l’ignorance,^ écrit Jefterson à son ami, M. ^Vhite ; établissez et améliorez la loi ({iii a pour objet l’ Education des classes les moins fortunées. Montrez à nos concitoyens que le i»euple seul peut

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