plus haut. Il
l/('» DEIXIÈME PARTIE. CHAPITRE VI
progression de 164 et 178 %. C'est la preuve, semble-t-il, qne le régime douanier ne saurait être considéré comme exerçant une influence exclusive, ni peut-être même prépondérante, sur Tessor du commerce extérieure
D'autres causes interviennent, en effet, pour activer ou ralentir le courant des échanges entre nations. On peut citer, en premier lieu, le mouvement de la polupation. Il est normal qu'à une différence sensible dans le taux d'accroissement de la population corresponde une différence dans la progression générale des besoins et dans Factivité des relations commerciales. On s'explique, à ce point de vue, que le commerce extérieur de la France se soit accru moins rapidement que celui de l'Allemagne et des Etats-Unis, bien que ces trois pays s'inspirent des mêmes principes dans leur politique commerciale. Il faut, d'autre part, tenir compte de l'inégalité des progrès industriels et des aptitudes commerciales entre les Etats. Des pays de vieille civilisation économique, comme l'Angleterre et la France, ne sauraient aujourd'hui prétondre à développer leur ])roduction manufacturière et à accroitre le chiffre de leurs éclianges internationaux aussi vite que d'autres pays relativement neufs, disposant d'une masse énorme de capitaux encore inex])loités et pouvant, pour les mettre en œuvre, tirer parti des enseignements du passé. Bien d'étonnant que l'essor commercial actuel de ceux-ci soit sensi])lenient plus rapide que celui des premiers. Le tempérament national et l'orientation de l'activité économique de chaque peuple sont enfin pour beaucoup dans le développement des échanges extérieurs. Un pays comme l'Angleterre, la Belgique ou la Hollande, qui, à raison de sa situati(Hi géogra])lii({ue ou de la coin posil ion de son sol et de son sous-soP diit amené à développoi- surtout ses industries de transport ou, ses industries de transformation, sera naturclUMuent plus intéressé à la conquête des marchés extérieurs <{uun autre pays, comme la France, qui trouverait dans la div« i-sité «le ses ressources naturelles une facilité plus grande à l'établissement d'un r('gimc inilushiel complexe, et pourrait par suite produire davaritag(MMi vue du marché intérieur.
1. V. Gid.'. Cniirs d' Ecnnmie paliliqur. l'' l'ditJDn. l. Il, p. 31. V. éualement iiiw n»mari]ualili* r-fiiilc de M. Triicliy. sur le Cummcrce exlériear </<• la France Je IHSl <i J!)02. dans la Rcrur d'éciinomie polilique. 1904.
LK ccMMrncr; inti!:rxatio.nal 177
LA QUERELLE DOCTRINALE DU LIBRE ÉCHANGE ET DE LA PROTECTION l\,
(»10. \a's t('U(lanc«'s «»|)p()s('M's, vu inatiore do coiniiicrcc iiitcriialioiiai : liluM'-éeliaiHje et |)r(»te('(i(Mi. — Nou.s avoii.s eu déjà l'occa^sion de signaler- qu'il existe, relativement aux échanges internationaux, deux tendaiioes doctrinales opposées.
D'après un grand noml)re d'économistes, il n'y aurait aucune raison sérieuse de soustraire ces échanges, pas plus- que ceux <iui interviemunit entre indi\idus d<' même nationalité, à l'application du principe de liberté économique. D'autres économistes pensent, au contraire, que la liberté du commerce international peut, dans l'intérêt même de chacun des Etats auxquels ressortissent les échangistes, conix^orter des tempéraments nécessaires et faire l'objet do restrictions légitimes. Ce sont les deux thèses doctrinales du « libre échange » et de la « protection ». îs'ous allons les étudier successivement.
<»1I. Considérations doclrinales en ïaveur du libre-échange: théorie des « valonrs inlerna(lt)nalos ». ^ L'idée maîtresse du système, c'est qu'au point de vue de la détermination des valeurs en présence, les échanges internationaux ne diffèrent eu rien des échanges ordinaires, et sont régis p:'.r les mêmes jirincipes. Cette conception doctrinale, systématisée par Kicardo et Stuart MilP, est devenue la « théorie des valeurs internatioiiaU's '.
1. \ . Dnus le s<mi< iIm lihn'-rcliniiiri' .1. !>. Say, Ci.urs cnmpli'l irrconomie piliUiiuc, I8-3N: lÎHstial, Snphiutnes cl Pelils jjdmphlfts: Ricarilo, Principes d' Eciiiiurnie p'dili<iiu', 1S17: Stiiarl .Mill, Principes (V Econnmic poliliquc, 184S. 1. m, ch. XN'III; Henri (Icor^c. Prolrclinn cl lihrc-échanfje. ISS7: l't. *n favfur de la proU'climi, I.isl. Siislim' naliunol (récunnmic politique. 1851 ; Cari'X', Principes île scictice sociale. 1S.\)9: (iaiiwôs. Cmtrs iV Eonomic poliliiliic, 3" ("(lilioM, 1893. t. II; Coiirmit, liecherches sur les principes mnlhêmitii(iiies (te 1(1 Ihc'irie des richesses. 18.'^8: île llroïlio. /,/• libre-éciiani/e cl l'impol,
1879: l)i> La\i'!i>yc, Eludes sur lu liherlc du cnmnierce inlernutionul. 1857; Pat ttii. l-'iindcnienls écnnumiiiues de lu pruleclinn. IS^O.