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V. plus haut, n o" 59x' et siiiv

LE COMMERCE INTKKN ATIONAL 195

exportations, des changements survenus dei)uis un demi-siècle dans les conditions des tran.'jports, la plupart des Etats europt^ens se sont vus contraints de protéger leur agriculture par des barrières douanières élevées. Ils ont voulu d'autre part, en développant leur production manitfacturière, s'affranchir, à l'exemple des Etats-Unis, du tribut onéreux que leur imposait le libre-échange au ])rofit de l'Angleterre, industriellement i)lus avancée.

Les tarifs de douane n'ont d'ailleurs pas nécessairement pour but, comme paraissent quelquefois le sujîposer les partisans du libre-échange, de supprimer complètement toute concurrence internationale. Ils visent au contraire le plus souvent à maintenir, dans des conditions plus équitables, la concurrence entre producteurs nationaux et producteurs étrangers sur le marché intérieur, à l'empêcher de dégénérer en monopole par suite de l'écrasement et de la ruine des premiers, moins favorisés par les circonstances naturelles. Les droits de douane à l'importation sont des droits « compensateurs •, dont le taux est calculé de manière à combler l'écart pouvant exister entre le prix de revient des produits nationaux et le prix de revient, sur le marché intérieur, des produits concurrents d'origine étrangère.Bien loin de supprimer la concurrence, de semblables mesures la tiennent en haleine en égalisant les conditions de lutte, et lui permettent de se développer. Elles ont sans doute pour effet de renchérir les produits dans une certaine mesure ^, et d'imposer

l. fl'est une (luestion parliciilièrenii'iit délicate et fort déliattuc que celle «le savoir comment s'opèrent l'incidence cl la répercussion des droits de doua- Mf. Les partisans thi lihrc-écliange ont natnrellcment tendance à admettre que leur poids retombe intégralement sur les consommateurs nationaiix, sous la forme d'un relè\ enient de pri\ étral. dans chaque cas, au montant de la taxe perçue. Les protectionnistes sont, au contraire, portés à penser (pi'une partie, sinon la totalité de cette taxe, sera sup|)orlée définitivemi'nt par l'importateur, et que le renchérissement du produit iirotéiré ne sera, par suite, que très exceptionnellement mesuré par le ta\ix du droit protecteur. Il faut, en réalité, tenir compte de multiples éléments, et qui peuvent se combiner tic manières très diverses \oici, d'après M. daston .lè/e. quelle serait la solution du problème en ce qui concerne les droits à l'importation : « Si le [)ay8 iniportate\ir n'est pas pour les producteurs étrangers le seul débouché; si les producte\irs étrangers trouvent facilement à vendre leurs marchamlises dans d'autres pays; si dans le pays importateur la demande d\i produit est abondante; si le pays importateur ne peut pas du tout produire la nuirchandise importée (climat, sol, etc.^ ou ne peut la produire qu'à un prix très élevé (défectuosité de l'outillage, incapacité des ouvriers, rareté de !a main d'œuvre, élévation des salaires, etc.); si le pays exportateur produit lafmarcliAn-

par suite un sacrifice aux consommateurs nationaux; mais ceux-ci retrouveront, en tant que producteurs, la compensation de ce sacrifice, puisqu'ils sont assurés, si les prix doivent s'élever, de conserver du moins, sous la forme de profits et de salaires, un revenu pour les payer.

En d'autres termes, le libre-échange est un idéal dont la réalisation se heurte à ce fait même qu'il existe des nations distinctes, ayant des intérêts politiques et économiques nettement opposés. C'est une doctrine à tendances cosmopolites et qui vise à l'universalité dans l'application. La protection douanière est, au contraire, une doctrine essentiellement nationale dans son principe et dans ses conséquences. Sans doute ses partisans verraient volontiers l'humanité tout entière participer, par la liberté des échanges, aux avantages qui résultent pour chaque peuple de ses supériorités naturelles ; ils pensent néanmoins, et les événements actuels ne sont pas pour les dissuader, que le meilleur moyen d'assurer l'indéi^endauce et la puissance économique d'un pays est de lui conférer la maîtrise de son marché intérieur et de le doter d'un régime industriel complexe, en favorisant la mise en valeur des multiples sources de la production nationale.

dise suivant, un coût décroiss.'ïnl (produits industriels), ce sont là pour les producteurs étran<rcrs des éléments de force qui leur perniettronL d'ajouter le montant du droit de douane au prix de vente ; i! y a les plus grandes chances pour que, dans ces conditions, le consommateur supporte en définitive l'impôt de douane. Mais à l'inverse, si le pays importateur est, pour les producteurs étrangers, le seul marché, ou du moins le principal; si la demande du produit est très élastique en ce sens que toute augmentation de prix diminue la vente de la marchandise considérée; si l'industiie indi;,'ène jieut produire. grAce à l'élévation du prix résultant du droit de douane, la marchandise à un taux rémunérateur, sans (pie le prix soit trop élevé; si le- producteurs indigènes produisent la marchandise suivant ini coût tlécroissant (produits industriels), ou si les producteurs étrangers jjroduisent à un coût croissant (produits agricoles), — ce sont là des éléments de force pour le consommateur : 11 y a de gramies chances pour que le producteur étranger consente à supporter tout ou partie du droit de douane pour ne pas perdre le marché. — \oiIà les solutions extrêmes entre lesrpielles il y a des sohitions intermédiaires, lesrpielles dépt-Uflenf île riniportaiuM! des cin(| considérations exjiosées plus haut ».

V'. daston .lè/.e. Cours élémnilaire, de science des finances el de léf/islntion financière française, b" édition, 1912, pp. 1005 et suiv. et les références biblioeraphiipies.

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