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degré do concentration, mais à la nature môme de l'appropriation. Comme la propriété individuelle elle-même, la propriété des sociétés anonymes ou des trusts est, en effet, une propriété privée, constituée dans un intérêt purement privé. Le caractère collectif de cette propriété est d'ailleurs, semble-t-il, plus apparent que réel. C'est afin d'assurer la bonne exploitation de l'entreprise qu'il a pu paraître nécessaire, tant qu'elle dure, de lui attribuer les biens composant l'actif social; mais ce droit collectif reconnu à la personne fictive n'est qu'un simple écran, masquant les droits individuels des associés, des actionnaires ^. Ceux-ci, non seulement seront ai)pelés, suivant les conventions établies entre eux, à se partager les bénéfices réalisés, mais ils auront en outre, à la dissolution de la société, à se répartir les cai)itaux, meubles et immeubles, qui étaient censés lui appartenir. Leurs parts de propriété relativement à ces valeurs seront, en attendant, représentées dans leurs patrimoines par des droits individuels qui, s'ils revêt^ent la forme d' « actions « par exemple, seront susceptibles d'être réalisés, d'être cédés. Ija multiplication des grandes sociétés anonymes, bien loin de faire disparaître la propriété individuelle, a eu pour effet au contraire de la répandre, de la propager, sous la forme de valeurs mobilières, dans les classes les plus di\ erses de la société. Au cas donc oii l'Etat croirait pouvoir, à un moment donné, se substituer aux entreprises collectives ou aux trusts dans la ])ossession des capitaux, il y aurait, non pas comme on le dit substitution d'une propriété collective à une autre propriété collective antérieurement existante, mais atteinte portée aux droits des individus, confiscation dune véritable propriété privée-.
Cette éventualité n'est d'ailleurs aucunenu>nt à redouter. Quels ([u'aient été, dans certaines branches de la production, les progrès de la concentration, celle-ci comporte des limites qui ne sauraient être dépassées''. Non seulement toutes les entreprises de l'industrie manufacturière et du commerce ne sont pas aiJjîolées à revêtir, dans l'avenir, la forme d'entreprises collectives, mais nous avons vu que la iiroduction agricole parait, jusqu'ici, avoir échappé au nu)uvemenl de concentration. Et c'est là une constatation des plus rassurantes au point de vue, non seulenuMit du niainii(Mi de la ])ro|)riété individuelle, mais do sa diffusion.