‹ Cours d'économie politiqueChapitre 154 sur 280 · t. 1. Il · texte numérisé non relu

t. 1. Il

d"autre.s frais accessoires, d"une part le loyer, rintL'rêt, l'entretien et Tamortissement du capital fixe (emplacement, constructions, machines), d'autre part la valeur intéorale du capital circulant (prix des matières premières, salaires payés aux ouvriers). Lorsque du prix de vente on a déduit l'ensemble des frais de production, ce qui reste, s'il reste quelque chose, constitue le profit: celui-ci apparaît ainsi avec ses caractères essentiels de rémunération aléatoire et indéterminée dans son montant.

700. Mais il peut se faille, et il arrivera le plus souvent, que l'entrepreneur, au lieu de recourir à la location et à l'emprunt pour se procurer tout le capital nécessaire à l'entreprise, fournisse lui-même une partie de ce capital. Il sera par exemple propriétaire de l'usine et aura acquis, avec sa fortune propre l'outillage mécanique. Il se peut également qu'il fournisse à l'entreprise un ti^avail personnel, travail de coordination et de direction, travail d'exécution même, dans les entreprises de la petite production. Devra -t-il alors faire rentrer dans son prix de revient, à côté de l'intérêt du capital loué ou emprunté, une certaine valeur représentant l'intérêt de son capital personnel ? Devra-t-il également, à côté des salaires qu'il paye à ses ouvriers, compter dans ses frais de production une certaine somme constituant la rémunération de son travail propre ? Dans ce cas, le profit n'existerait que si. en ajoutant à l'intérêt et au salaire effectivement ijayés au capital et au travail étrangers un intérêt et un salaire rémunérant le capital et le travail personnels de l'entrepreneur, et en déduisant du ])rix de vente le total ainsi obtenu, il restait un excédent de valeur. Ce mode de calcul paraît, il est vrai, peu conforme aux habitudes du langage courant. L'artisan, lorsqu'il a déduit de la valeur totale réalisée par la vente de ses i)roduits le prix des matières premières qu'il avait dû acheter et les frais d'entretien de son outillage, c'està-dire les sommes effectivement sorties de son patrimoine, considère le surplus comme ses bénéfices, comme son profit, sans le décomposer en diverses parts dont l'une constituerait le salaire de son travail, et dont une autre serait l'intérêt de son capital. De même, l'actionnaire, qui touche un dividende, c'està-dire un revenu d'entrepreneur, ne se ])réoccui)e jias de discerner ce qui, dans ce revenu, pourrait être considéré comme l'intérêt de son apport. En d'autres termes, le profit paraît comprendre l'ensemble du revenu j)er(^u ])ar l'entrepreneur, dé-

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falcatioii laite seiilenient des l'rais etiectivement payés par celui-ci, sous forme d'intérêt et de salaire, au capital et au travail étrangers.

Telle uest pas coijeiidaiil la coiueption économique du profit de l'entrepreneur. La plupart du tenii)s, surtout dans lindustrie et le commerce, le chef d'entreprise fait état, dans ses prévisions et d;ins sa comptabilité, d'une certaine somme représentant, au taux normal de l'intérêt sur le marché, la rémunération du capital propre qu'il a engafcé dans l'affaire. Fréquemment aussi, comme rétribution de son travail, il s'attribue un traitement calculé d'après le taux de salaire qu'il aurait pu espérer obtenir en louant ses services à autrui. Cet usage, font observer les économistes, se justifie aisémentlue personne ne peut avoir intérêt à engager dans une entreprise un certain capital, que si elle en attend un taux de rémunération au moins égal à celui qu'elle aurait pu espérer en plaçant ce capital à forfait, sans courir les risques de la production, en le louant, s'il s'agit d'un capital fixe, en le prêtant, s'il s'agit d'un capital circulant. De même, l'homme qui consacre ses .soins à la direction dune entreprise a le droit de compter, pour son travail, sur une rémunération au moins équivalente à celle qu'il eût obtenue en travaillant pour le compte d'autrui. Dans ces limites mêmes, le revenu de l'entrepreneur rémunère seulement le capital et le tra\ail de celui-ci, non le risque, qui est l'élément caractéristique de sa fonction. Pour f|ue l'entreprise puisse être considérée comme laissant un profit, il faut donc non seulenuMit qu'elle paie tous les frais avancés par l'entrepreneur en rémunération du capital et du travail étrangers, mais ^n outre qu'elle rémunère au taux normal le travail et le capital propres de l'entrepreneur, et enfin qu'il y ait encore un excédent de valeur. C 'est précisément cette valeur supplémentaire qui constitue le profit, au sens économique du mot. C'est, dans le revenu total de Tentrepreneur, la i)art qui correspond au risque, la seule par suite à la<iuelle il ait droit en tant qu'entrepreneur; le surplus de ce revenu lui est ac(iuis en tant que capitaliste et (|ue travailleur.

TOI. Si le taux du profit dépeiul de l'écart existant entre le prix de vente des i)roduits et leur prix de revient ainsi déterminé, nous savons d'autre part ([ue le prix de revient lui-mêmie est plus ou moins compressililc '. Le taux minimum de ])rofit

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