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comprenant dans ceux-ei le salaire et rintérêt, aux taux courants, du travail et du capital personnels de l'entrepreneur.
Et c'est ainsi encore que l'on a pu baptiser le ])rofit un « revenu de monopole ». On veut dire par là simplement que le profit ne peut résulter que d'une situation privilégiée^, soit que cette situation émane de la loi, dans le cas par exemple du brevet d'invention ou de la protection douanière, soit qu'elle trouve son origine dans des circonstances naturelles, telles que la proximité d'une grande voie de communication, la fertilité supérieure d'une terre ou l'habileté particulière de l'entreprenem*. Celui-ci devrait à ces circonstances favorables de ijouvoir^ pendant un temps plus ou -moins long, échapper à la concurrence ou en neutraliser les effets, et maintenir par suite un certain écart, une certaine marge, entre son prix de vente et son coût de production.
708. (loinnient se justifie le profit de l'entrepreneur. — Les
écrivains collectivistes, suivant l'exemple de K. Marx, ont contesté la légitimité du profit. Il constitue, disent-ils, un revenu sans travail personnel, un prélèvement injustifié opéré par l'entrepreneur sur la valeur produite par ses ouvriers. L'entrepreneur achète aux ouvriers leur force de travail individuelle, au prix oîi la concurrence oblige ceux-ci à la céder. La valeur étant mesurée par le travail-, ce prix représente par suite la quantité de travail nécessaire pour produire la marchandise vendue, c'est-à-dire pour entretenir et maintenir la force de travail de l'ouvrier. Mais la force de travail est une marchandise d'une nature toute spéciale, en ce sens que son emploi est susceptible de créerune va leur supérieure à celle qu'elle représente elle-même.. Si par exemple le prix qu'il faut payer pour assurer l'entretien de la force individuelle de travail d'un ouvrier représente par jour six heures de travail, cette force mise en œuvre pourra, d'autre part, produire la valeur de huit ou dix heures de travail. L'explication du profit consiste précisément en ceci que l'entrepreneur paie la force de travail ce qu'elle vaut, soit six heures de travail, et qu'il lui fait rendre ensuite ce qu'elle peut donner, huit ou dix heures de travail, s'a])propriant injustement
1. \'. t. 1. Il" '.lyS; V. cgtilcnionl ('■idc. Cours d'ccDnornie politique, 4' édition, t. II, p. 429.
la valeur de plusieurs heures de travail qu'il n'a pas payées. Eeste à savoir comment il peut en être ainsi. C'est que l'entrel^reneurépuiselaforcedetravaileten multiplie le rendement par toute espèce d'arrangements ingénieux. Xon content de prolonger outre mesure la durée du travail, il groupe les salariés dans l'usine, organise lem' collaboration, développe leur production par la division du travail et par l'emploi de loutillage mécanique. Non seulement, ainsi, il fait rendre à la force individuelle de travail une valeur supérieure à celle qu'il a payée, mais, ayant acheté la force de travail isolée de chaque ouvrier il revend la force de travail combinée de leur groupement ^ et s'approprie exclusivement la valeur supplémentaire résultant de celui-ci. Cette plus-value, c'est le profit, produit non payé •du travail des ouvriers. Et ce profit,, en s'accumulant, deviendra le capital 2 qui, destiné à augmenter le rendement du travail salarié, sera une source continue de nouveaux profits.
"O-i. Telle est la thèse; elle a pour base une théorie de la valeur que nous n'avons pas cru pouvoir accepter^. La force de travail, pas plus que toute autre maTchandise, ne saurait, croyons-nous, avoir pour mesure de sa valeur la quantité de travail que représente sa production. Le travail peut entrer parmi les élé<nents qui fondent la valeur; il n'en est ni la cause unique, ni la mesure*.
Que faut-il penser, d'autre part, du grief allégué contre le ])rofit, à savoir que l'entrepreneur, en organisant la production, augmente le rendement du travail et se réserve indûment la plus-value qui en résulte ? Observons tout d'abord que ce grief ne saurait atteindre certaines formes d'entreprises, dans lesquelles le profit est attribué aux travailleurs eux-mêmes, ceuxci remi)lissant d'autre part la fonction d'entrepreneur. 11 en •est ainsi, non seulement dans l'hypothèse du producteur autonome, de l'artisan, mais dans le cas d'une société coopérative de production *. Les écrivains collectivistes sont portés, il est vrai, à considérer la première de ces formes d'entreprise comme une survivance du passé, fatalement appelée à disparaître plus ou moins rapidement, et la seconde, comme un simple
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