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et générale dans son application, la loi du salaire naturel, \'éritable « loi dairain », comme l'a appelée Lassalle ^
Pour établir (jue le salaire courant ne saurait, d"une façon durable, sécarter du taux régulateur constitué par le coût de la vie, on a parfois tiré argument de la loi de Malthus-. Le niveau de la po])nlati()n 1(^nd consi animent à déborder le niveau des subsistances. iSi donc il pou^ai1 arri\er que le salaire courant se maintînt quelque temps au-dessus du salaire naturel, on verrait s'accroître rapidement le chifire des naissances dans la population ouvrière, l^e rcsullat serait bienlôl une concurlence plus vive sur le marché du travail. Le .salaire courant retomberait par suite au taux du salaiie naturel, sinon au-dessous. Il ne pourrait toutefois rester, d'une manière quelque peu prolongée, au-dessous du coût de la vie, parce qu'une telle situation ne tarderait i)as à amener une diminution du nombre des ouvriers, soit par suite de la misère, soit par suite de l'émigration, ce qui, en restreignant la concurrence, contribuerait à relever le prix du travail. Ainsi, i)ar l'effet de la loi de Malthus, le salaire naturel, déterminé comme nous l'avons indiqué plus haut, marquerait une i)Osition d'équilibre autour de laquelle oscillerait sans cesse le salaire courant.
733. La théorie du salaire naturel est aujourd'hui très discréditée 3. Elle paraît, en effet, contredite imr les faits. Le: taux nominal du salaire s'est, depuis un siècle, élevé beaucoup plus rapidement que le coût de la vie. On ne saurait donc contester sérieusement que la situation matérielle des classes ouvrières s'est, au cours de cette période, très sensiblement améliorée. Lassalle lui-même apportait, il est vrai, un tempérament •à sa doctrine. Il reconnaissait que, pour établir le coût de la vie devant servir de régulateur au salain^ courant, il fallait tenir