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l'intérêt de l'ar^ïent le loyer U le fermage, <iui rémunèrent l'usage de certaines catégories de capitaux fixes, notamment des terres et des constructions. La terminologie économique prend au contraire le mot " intérêt » dans un sens générique. Tl désigne le revenu d'un capital quelconque, fixe ou circulant. Au point de vue économique, le fermage des terres et le loyer des maisons se sont que des variétés de l'intérêt du capital.
738. L'intérêt, revenu du capital, présente les mômes caractères que le salaire, revenu du travail, il est dû par l'entrepreneur au capitaliste en tout état de cause et quels que puissent être les résultats de l'entreprise, et son taux est déterminé d'avance, à forfait. C'est donc une rémunération qui échappe aux risques, comme le salaire. Tandis qu'on donne à la convention qui intervient entre l'entrepreneur et le travailleur le nom générique de contrat de travail, le contrat qui règle l'usage et la rémunération du capital porte, suivant les cas, les dénominations, empruntées à la langue juridique, de prêt h intérêt, louage de choses, bail à ferme. Ces divers contrats, bien que s'appliquant à des natures différentes de capitaux, ne sont pourtant, au point de vue économique, (jue des variétés d'une même convention, laquelle imphque, d'une ])art le droit reconnu à l'entrepreneur de se servir à son proiit du capital d'autrui, d'autre part le droit pour le capitaliste de recevoir une rémunération certaine et déterminée dans son montant. L'un des caractères essentiels de cette convention étant de mettre le capital d'autrui, pour un temps plus ou moins long, à la disposition d'une personne qui soblige à le restituer en nature ou en valeur, elle l)Ourrait, semble-t-il, recevoir la dénomination générique de (( contrat de crédit ».
730. Nous avons vu précédemment^ ([ue la notion de « capital » peut être prise dans deux acceptions différentes. C'est toute richesse affectée à un emploi productif; ou bien, c'est toute richesse qui a pour destination de donner un revenu à son propriétaire. En matière de production, c'est la première conception qui ])révaut, celle du capital ]>roductif. C'est au contraire la seconde, celle du capital lucratif, qui l'emporte en matière de répartition. Rentre dans le capital envisagé à ce point de vue toute richesse, quelle que soit d'ailleurs la nature de
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son emploi, qui est susceptible d'assurer à son propriétaire un revenu, un intérêt.
740. Comment se justifie linlérèt du eapital. — La réponse à cette question est traditionnelle. Pour établir la légitimité de l'intérêt, on invoque trois ordres de considérations :
10 Le capitaliste subit une privation, du fait qu'il se dessaisit de son capital; 2° par cela même, il coiu't certains risques; 3° il permet ainsi à autrui de tirer profit de la productivité du capital.
10 Le capitaliste, en se dessaisissant au profit d'autrui, s'impose une privation qui justifie son revenu. Il perd les avantages qui pouvaient résulter pour lui de la possession du capital, au point de vue notamment du revenu qu'il en aurait pu tirer par son travail personnel. Il peut même se faire que ce dessaisissement soit pour lui la source, non seulement d'une privation de jouissance ou d'un manque de gain, mais dun véritable préjudice, si avant le terme convenu pour la restitution du capital, celui-ci venait, par suite de circonstances imprévues, à lui être nécessaire. C'e^t précisément la raison pour laquelle un individu dans les affaires se gardera bien, la plupart du temps, d'immobiliser dans des placements à long terme une grande partie de ses capitaux. Et c'est aussi pourquoi les déposants, dans les banques, se contentent pour leurs dépôts à vue d'un taux d'intérêt très modéré ^, la modicité de la rémunération ayant pour contre-partie favorable la disponibilité complète du capital.
2° Le capitaliste, par suite du contrat de crédit, est exposé à certains risques : risques d'abus de jouissance et de détérioration, lorsqu'il s'agit de capitaux loués ou affermés, qui doivent être restitués en nature, risque de non-restitution même pour les capitaux prêtés, dont la valeur seule estsujetteàrembom'sement. L'intérêt constitue la compensation de ces risques, et son taux est naturellement d'autant plus élevé que le risque couru est plus grand. Ceci expllipie l'infériorité fréquente du taux de loyer ou fermage des cai)itaux iï.ves, par rapport au taux d'intérêt de l'argent à la même époque. L'écart ne saurait toutefois devenir excessif, parce que les capitaux qui se forment ont tendance à rechercher le mode d'emploi le plus rémunérateur, ce qui contribue à rétablir l'éciuilibre, et aussi, ])arce que le loyer des capitaux fixes, à l:i diflV'rence de l'intérêt dos capitaux cir-
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«■niants, contient nne part d amortissement S fiui a pour effet d'en relever le taux.
3° Si du côté du capitaliste, l'intérêt constitue la réparation du préjudice occasionné par la privation du capital, et la compensation du risque couru, du côté de l'emprunteur ou du locataire, il se justifie comme rémunération de la productivité du capital emprunté ou loué. Le cai)italest productif, avons-nous dit. en ce sens que son emploi augmente la productivité du travail -. Il semble naturel, par suite, que le propriétaire du ca- ])ital reçoive, comihe intérêt, une partie de la valeur qui, sans ce capital, n'eût pas été produite. Au cas même où il s'agit d'un capital simplement lucratif, appartement destiné à l'iiabitation personnelle ]»ar exemple, ou parc d'agrément, la possession du capital est, pour celui qui rol)tient, l'origine sinon d'un revenu, du moins d'une utilité. L'intérêt apparaît comme la rémunération légitime de cette utilité procurée par le contrat de crédit. C'est encore ainsi que se justifie, du côté de l'emprunteur, l'intérêt de l'argent. Le capital monétaire est, en effet, susceptible des emplois les plus divers, par suite de sa fonction essentielle d'instrument des échanges. Il constitue le » capital- valeur' », susceptible de se transformer, par l'échange, en toute espèce de « capital-nature », productif ou lucratif. L 'intérêt de l'argent représente la rémunération de la productivité ou de l'utilité assurée à l'emprunteur parle capital- valeur, sous les diverses formes de capital-nature qu'il a pu revêtir.
7-51. On a, récemment, proposé d'autres explications de l'intérêt. Il trouverait sa justification dans ce fait qu'il s'écoule une période de temps plus ou moins longue entre le moment oii l'emprunteur entre en possession du capital et celui oii il doit le restituer. Un capital présent, fait observer ^1. de Eôhm-Rawerk * est naturellement préféré à un capital futur de même <iuantité et qualité. D'oii cette conséquence que, pour se procurer la possession d'un capital présent, rem])runteur devra promettre, non seulement de restituer la valeur de ce capital, mais de payer une prime, qui représente précisément la différence de valeur d'un bien piésent à un bien futur de même espèce. Ke-