‹ Cours d'économie politiqueChapitre 183 sur 280 · V. t. I. ir \. L. I. Il · texte numérisé non relu

V. t. I. ir \. L. I. Il

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sible des besoins, si par exemple à la suite d'une guerre — com me on le constate actuellement — les occasions de placements en fonds d'Etat se multiplient. Ce quïl faut considérer, pour déterminer l'influence exercée sur le taux de l'intérêt parTaboudance des capitaux disponibles, c'est moins l'ensemble du capital en quête de placements que le rapport entre chaque catégorie d'emploi et la quantité de capitaux qui s'offrent en vue de cet emploi. La sécurité plus ou moins grande du placement a précisément pour effet d'activer ou de ralentir' l'afflux, dans telle ou telle direction, des capitaux disponibles. Et c'est la raison pour laquelle les entreprises industrielles consentent fréquemment à leurs prêteurs un taux d'intérêt supérieur à celui des fonds d'Etat, la différence étant, à tort ou à raison, considérée comme une compensation de risques plus grands. C'est ainsi également que s'explique le taux élevé de rémunération payé aux capitaux d'emprunt par les entreprises fondées aux colonies ou dans des pays neufs. Une autre considération intervient, il est vrai, dans ce cas, celle de la productivité plus grande escomptée par l'emprunteur, pour l'emploi du capital. La durée même du placement est loin d'être indifférente, tant au point de vue des avantages que l'emprunteur peut attendre de la possession du capital, qu'au point de vue des risques résultant, pour le prêteur, de son dessaisissement.

746. Les variations du taux moyeii de l'iutorèt. — Le taux de l'intérêt, pour une nature quelconque de capital, est loin de rester le môme à toute époque. En ce qui concerne notamment le capital monétaire, pour lequel les recherches historiques peuvent plus facilement trouver une documentation précise, il marque des variations sensibles, et en sens divers. C'est ainsi que, dans la Grèce antique, le taux moyen de l'intérêt paraît ne pa s avoir été inférieur à 12 %. A Rome, par suite de l'enriobissement dû aux conquêtes de l'Empire, il tombe successivement à 0, puis à 4 %. Il se relève ensuite, lorsque la civihsation romaine s'écroule sous les coups des Barbares et, au moyen âge. atteint un niveau parfois extrêmement élevé. Aux xiv^ et xv^ siècles, d'après les recherches de Koscher, il était le plus généralement de 10 à 12 %. Dans la période qui suit, il s'abaisse à nouveau grâce à rabondance croissante des capitaux de toute nature et à l'amélioration sensible des conditions de sécurité. En Hollande, à la fin du xvn^ siècle, il oscille entre 3 1/2 et 3 %. La hausse se

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manifeste de aouveau dau.s la seconde moitié du xvuie siècle et pendant la première moitié du xix^. Elle est due à des causes multiples : raréfaction des capitaux par suite des guerres prolongées de la Révolution française et de l'Empire, transformation de l'outillage industriel amenant le développement rapide de la production, essor pris par les grandes entreprises de transport, chemins de fer et navigation maritime. Puis, cette période d'extrême activité industrielle est suivie d'une période d'accalmie, au cours de laquelle les capitaux reconstitués et considérablement accrus voient de nouveau baisser le taux moyen de leur rémunération. La l)aisse s'arrête aux environs de 1900 et, depuis cette époque, la tendance à la hausse n'a fait que s'accentuer.

En ce qui concerne spécialement la France, on peut, d'après les caurs des valeurs inscrites à la cote oft-icielle de la Bourse de Paris, indiquer ainsi qu'il suit les variations du taux de l'intérêt au cours du XIX« siècle ^ :

L'observation des faits semble d'ailleurs révéler une corrélation assez étroite entre les fluctuations de Tintérêt et les mouvements de prix, le taux de l'intérêt manifestant une tendance à s'élever au cours des périodes de hausse générale des j)rix, et inversement-. C'est ce que Ton peut constater actuellement, oii le taux moyen de l'intérêt dans les placements en valeurs mobilières atteint et dépasse parfois (î %. Cette hausse considérable du taux moyen de l'intérêt de l'argent s'explique d'ailleurs par des causes multiples, diminution de la valeur monétaire, augmentation de la demande de capitaux se manifestant sous la forme des émissions d'emprunts publics, et, pour les placements industriels, ins<''(iirih'' IcikiiiI à r('ta< d<^ crise

1. \'. IjImuuiiI Tliéry, Lu (nrltinr iiiihlnjui' ilc la l-'raiicr, l'.tll, |i. IS.'i. \'. c^alt'iiieiil liisl, ( ir;i|)lii(|iio- rrl;iLir> a la liinis>c du taux ilf riiiU'riM. ilaiixla Ufuue tl'rcunumir f)i)lili(iiie, l'.U3.

2. \'. nuLainmiml RisL, La liausse du taux di- riiiLérèl oL la hausse drs prix, dans la Hfviie économique internalionale, 1913 et Irviiig Fishei". Une théorie de l'inléiél. lUl 1.

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