‹ Cours d'économie politiqueChapitre 211 sur 280 · V. l. I, n^MU^ el. suiv · texte numérisé non relu

V. l. I, n^MU^ el. suiv

appelés à le conclm-e. C'est en outre un contrat très différent des autres contrats, en ce que les rapports d'échange qu il engendre, au lieu d'avoir pour objet, comme la vente ou le louage par exemple, les choses matérielles, les richesses, ont pour objet le travail. Sans doute le travail, envisagé comme objet d'échange, est une marchandise, dont la valeur n'échappe pas aux lois qui régissent les valeurs des autres marchandises \ mais c'est du moins une marchandise très spéciale. La production n'existe en effet, que par l'homme et pour l'homme; il en est à la fois la condition et la fin. Or, le travail n'est pas seulement la source de toute production, il constitue d'autre part, l'exercice des facultés humaines, l'usage de la force physique et intellectuelle de riiomme.

800. A raison de cette particularité importante qui caractérise son objet, le contrat de travail donne lieu, dans son exécution, à certaines difficultés. La prestation de travail, par sa nature même, dépend de la volonté de celui qui s'est engagé à la fournir. En cas de conflit survenant, au cours de l'exécution du contrat, entre l'entrepreneur et le travailleur, cette prestation peut se trouver volontairement interrompue. Bien plus, lorsque l'employeur, en vue de la production a conclu toute une série de contrats de travail, il arrive parfois qu'au même moment, et dans l'espoir d'obtenir pour l'avenir des conditions contractuelles plus favorables, tous les employés cessent de travailler. Cette cessation concertée du travail, à laquelle on donne le nom de « grève », peut créer une situation l)articulièrement grave, en con)])roniettant l'avenir de la production. L'attention des pouvoirs i)ublics devait donc être appelée sur les conflits du traviiil et du capital ^.

80L Dauti'c i)art, le travail étant une nuirchandise olijel d'échange, son prix, sous un l'égiine de lil»ei'1é économique, subit nécessairement, l'action <h' l;i <(>ii(in-i»'nce. Mais nous avons vu ((ue celle-ci, abaiidoniu'e à elle-même, peut devenir excessive et entiaînei- de iiuilti])h's abus. C'est pourquoi les entrepreu(Mii-,s ont viv ■amwuvs à clicicliei' dans l'association, sous la loinic nolaninicnl d«'s cartels ', un moyen de ])rotég('i' leiu's inléivls. en niainleiiant des ])rix sulïisants. J^e même moyen sOttrc tout nal uiclIciiuMit aux j»aities contractantes

l. V. plus haut.. Il" 7H(i.

V5. V. plus loin, u<" SViO i-l. suiv.

LiRS RAPPORTS CONTRACTUELS Dir TRAVAIL KT DU CAPITAL 39/

sur le marché du travail. C'est en s'associant pour débattre eu commun les conditions de leurs contrats, que les travailleurs pourront limiter entre eux la concurrence et prévenir l'avilissement des salaires. L'association professionnelle apparaît ainsi comme la conséquence naturelle de la liberté du travail et le correctir nécessaire de la libre concurrence '.

802. Enfin, par cela même que le contrat de travail a pour objet l'exercice des facultés humaines, lEtat ne devait pas s'en désintéresser. L'intérêt public exige en effet que les conditions d'exécution de ce contrat ne soient pas telles qu'elles puissent avoir pour effet de compromettre la vigueur et la santé de la population ouvrière. Il veut également que, dans les rapports contractuels du travail et du capital, aucun des deux facteurs ne puisse abuser d'une supériorité de force économique pour imposer à l'autre des conditions contraires à la justice. De là toute une législation réglementaire, dont nous avons déjà signalé certains aspects à Toccasion du salaire, mais qui s'applique en outre aux conditions d'exécution du travail industriel et aux risques qui en naissent. Elle constitue, dans son ensemble, ce que Ion appelle la « protect'ou légale des travailleurs I) *.

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