V. Bulldin tin Minislén' du /mwn/, janviir-;ivril
2. Le défaut do coiironlanco iMilro los cliiffros rolalifs aux syndicats agricoles el ceux qui conceruent Jos Unions de ces syndicats provient du fait que, dans la statistique de^ Unions, certains syndicats sont roniplés plusieurs fois, soit qu'un niènie syndicat fasse partie de plusieurs Unions, soit qu'une même Union locale adhère à une ou plusieurs Unions nationales.
Indépendamment des Unions' de syndicats autorisées par la loi, les syndicats ouvriers ont constitué des groupements locaux et régionaux, dits « Bourses du travail ». Il existe, au 1^"^ janvier 1914J 143 Bourses du travail, groupant 2.179 syndicats' avec 480. 404 membres.
Enfin, Bourses du travail, unions de syndicats ouvriers et syndicats ouvriers eux-mêmes,' se sont, en grand nombre, affiliés à la Confédération générale du travail ^ Cette organisation, dont il est assez difficile de connaître exactement la puissance, groupait en 1908, daprès les rapports présentés au Congrès tenu à Marseille par les délégués de toutes les asssociations et fédérations affiliées, près de 300.000 adhérents. Elle était divisée en deux sections : d'une i^art, la section des Fédérations d industries et de métiers qui comprend également les syndicats isolés; d'autre part, la section des Bourses du travail. Le nombre des syndicats affiliés aux diverses fédérations de métiers ou d'industries était de 2.586. Parmi ces fédérations, le syndicat national des travailleurs des chemins de fer comprenait 209 groupements et 45.590 membres, la Fédération du bâtiment venait ensuite, avec 330 syndicats affiliés et 40.000 adhérents, puis la Fédération nationale des mineurs, avec 30.000 membres, la Fédération du textile, avec 20.000. ITnion fédérale de la métallurgie, avec 14.000 et la Fédération du livre avec 10.000. (,)uant à la section des Bourses du travail, le rapport enregistrait 157 Bourses et 2.028 organisations adhérentes 2.
JMO. L'analyse de ces diverses données statistiques appelle un certain nombre d'obser\ations. Elle révèle tout d'abord le considérable déveloi)])ement pris par les syndicats agricoles. déveloi)i)einent d'autant plus remarquable (|ue cette nature d'association était à ])eu jnès inconnue, lois dti vote de la loi (le 18SI. Les syndicats agricoles tienneiil au jourdliui la tête (lu nioiivenient syndical français, tant au i)oint de \uv du noinl)i'(' (les adhérents, (juau point de \ ue du nombre des groupeineiil. Leur essor s'exjjlique pai- les éminents services qu'ils
I. \. iJiiiili- I r;iM«k. /.es l.iiiirsfs ilii Inirnil ri lu Conféilrrulinn gènérali' (ht Iniriiil. l'Un.
'Z. \:u l'.f.'d, l;i ('.. <;. T. coinplaiL cnviruii («(Ki.iiiiu atilii'ii'uU. Lo noiiibrieu n\!iit »■•(,«'■ bcaiiciiii|) plus élc\è mi cours de la yuerif. Di-s dissensions se sont produites parmi ses dirigcaiiLs, cl un jiitri'iMci.L du Irihuna! eorrccLionnel du la Seine l'a dissoute pour inl'racLions à la loi de 1884.
Les rapports contractuels nu travail et du capital 145
ont rendus à la petite culture, en la faisant bénéficier des mét h odes et des procédés techniques de la grande production ^
Le syndicalisme ouvrier a pris également une rapide extension et paraît manifester une tendance à la concentration. D'une part, les grandes Fédérations voient s'accroître le nombre des syndicats adhérents; d'autre part, si dans l'ensemble le nombre des syndicats ouvriers diminue quelque peu (5.260 en 1909; .5.046 en 1912: 4.846 en 191.3), leur personnel reste stationnaire, ou même augmente. Il ne faut pas cependant s'exagérer limportance du mouvement syndical ouvrier. Les syndicats sont encore très loin de renfermer la totalité ou même la majeure partie de la population ouvrière. En 191.3, dans les mines, où la proportion des syndiqués par rapport aux chiffres de la population active est la plus forte, elle netî'élève encore qu"à 32,8 % soit environ 1/3. Elle est de 28,6 % dans les transports et le commerce, de 27,5 % dans l'industrie des produits chimiques, de 23,6 % dans le bâtiment. Elle tombe à 9,5 % dans les métiers de ralimentatioii, à 5,2 % dans le travail des étoffes, à 2,1 % dans l'agriculture, les forêts, la pêche et dans les services doftiestiques.
Les organisations patronales elles-mêmes sont en progrès constants. Leur nombre, après avoir été longtemps inférieur à celui des syndicats ouvriers, le dépasse aujourd'hui. Le noml>re de leurs adhérents est naturellement très inférieur à celui des syndiqués ouvriers, mais la proposition qu'il représente l)ar rapi)()rt aux cliiffres de la population active correspondante est ordinairement bien plus élevée : 81 % dans la fa])rication des produits chimiques; 73,4 % dans les mines; 72.6 % dans l'industrie du papier. Dans les professions libérales qui tiennent à l'art médical, la proportion atteint 92,5 %. Elle est sensiblement plus faible dans d'autres branches de production : alimentation, 43 ''oî travail des métaux, 18,8%; transports et commerce, industrie du bâtiment, 18 %; cuirs et peaux, 12,3 %; industries textiles, 8,9 ";,; travail des étoffes, vêtement, 4 °ôj agriculture, forêts, pêche, 0,5 %. Le développement récent du syndicalisme patronal ])araît avoir été inspiré principalement ]):ir le souci de résister i)lus etficacenuMit aux coalitions et grè-
I. \'. L. I, II" "^l'.», cl plu^ loin. Il" s."»s: \ . ('';j:;ilfiiunl Mnm ice Lnir. l.i- mouvpmeut syndical dans rauriiiillnri' fraii(.;;n<(', dans la lirriir i-cniu'rinijiif inlfrnnliomtli-, l^dS.
446 TROISIÈ^IE l'ARTIK. CHAPITRE 111
ves qui trouvent d'autre part, un appui dans les organisations ouvrières.
Seul, parmi les multiples formes qui peuvent revêtir les syndicats professionnels, le syndicat mixte n"a obtenu qu'un médiocre succès. Ses 233 applications, qui groupent 51.000 adhérents, sont peu de chose auprès des 4.864 syndicats ouvriers réunissant plus d'un million de membres. Le syndicat mixte avait cependant suscité de très grandes espérances parmi les économistes appartenant à lEcole du catholicisme social et à celle de Le Play. Ils étaient portés à voir en lui la forme moderne du groupement corporatif. Eéunissant dans son cadre employeurs et salariés, le syndicat mixte paraissait de nature à améliorer les rapports naissant du contrat de travail. Il devait amener plus de bienveillance d'un côté, plus de confiance de Tautre, plus de sympathie des deux parts. Et peut-être en effet cette forme du groupement professionnel eût-elle contribué à la réalisation dun idéal de paix sociale, si elle se fût généralisée davantage. Mais les temps lui sont peu favorables. Le dévelojjpement de la grande industrie, qui rapproche les travailleurs en les multipliant dans chaque entreprise, tend à les éloigner de plus en plus de l'employeur, obligé la plupart du temps de se confiner dans la direction commerciale, en déléguant à des sous-ordres la direction technique. Par là disparaît le point de contact qui, jiidis, existait dans la production entre le cai)ilal et le travail. Au cas même oîi leniployeur croit devoir manifester <iu(4quc bienveillance à ceux qu'il occupe, en créant certaines institutions de patronage, caisses de secours, de retraite. ])articipation aux l)énéfices, ses pi'ésents ne sont pas toujours accueillis sans méfiance. Linfluence des doctrines socialistes, qui prêchent la lutte des classes, contribue encore à creuser le fossé, de sorte que les salariés, lors(|u"ils se décident à constituer des groui)enu'nts pour la défense de leurs intérêts, préfèrent les créer entre eux exclusivement, plutôt que d'entrer dans ceux qui réuniraient également les })atrons. Le syndicat mixte n'a pu naitre et se maintenir, (lue dans les milieux où ils rencontrait des conditions particulièrement favorables, à laison par exemple de la comnmnauté de foi religieuse. J^es départements oii il groupe le plus d'adliérents sont, en dehors do la Seine, le Nord, le Finistère, la .Manche et le Maine-et- Loire. Il est à remarquer que la proportion des femmes est sensiblement pins forte dans les syndicats mixtes (jue dans toute autre l'orme de syndicats.
LES HAl'PORTS CONTRACTlîELS DU TRAVAIL ET DI' CAPITAL 447
J{47. L'association professionnelle est susceptible, depuis la loi du 1^' juillet 1901, de revêtir d'autres formes que celle du syndicat, la forme, par exemxjle, de l'association simplement déclarée, accessible à tout groupement, quel que soil son objet. En fait, les associations professionnelles déclarées ont été constituées principalement entre i)ersonnes qui n'auraient pu, légalement former des syndicats ^ par exemple entre fonctionnaires.
Au l^'' janvier 1911 2, le nombre des associations professionnelles déclarées en vertu de la loi du 1^' juillet 1901 n'était pas inférieur à 1.611. Kien que ponr la période comprise entre 190S et 1911, on relève 549 déclarations, se réi)artissant de la manière suivante : associations patronales, 175; associations ouvrières, 108; associations mixtes, 1; fédérations patronales, ouvrières et mixtes, 7; associations d"emi)loyés d'administrations pu])liques, 255; fédérations d'associations de ces em- |)loyés, 3.
liiW. L'association professionnelle à 1 élranyer; ses formes el son développement actuel. — N'ous avons eu déjà l'occasion de signaler' le maintien, dans certains pays, notaminenl en Allemagne et en Autriche, de l'ancienne organisation corporative hiérarchisée et privilégiée. A côté de cette organisation ou à sa place, le législateur a, dans la plupart des Etats, consacré comme en France le principe de l'association professionnelle lil)re.
En Angleterre, les associations professionnelles ouvrières ou H ti'ade-unious », remontent historiquement jusqu'au xvi^ siècle. Elles se sont développées, en même temps que la grande industrie, à la fin du xvui^ siècle et au commencement du xix^. Bien ({ue simplement tolérées, elles se multiplièrent lois- (liiune loi, en 1824, eût aboli les pénalités qui frapi)aient les coahtions. Une lïutre loi, en 1871, vint reconnaître leur existence et leur donner un statut. Depuis cette éjïoque, leur importance n'a cessé de s'accroître. Plus encore que les syndicats ouvriers français, elles manifestent actuellement une tendance marquée à la concentration, leur nombre diminuant progressivement alors que celui de leurs adhérents ne cesse de s'accroî-