V. plu.s haut, n
de très graves inconvénients pour la société elle-même, empiéter sur la satisfaction des besoins légitimes, et faire subir à ceux-ci un retranchement excessif. La restriction volontaire et générale de la consommation en vue d'accroître l'épargne aurait pour premier résultat de réduire considérablement les débouchés; elle risquerait par suite de nuire à la production elle-même ^
88î). Les iiisUtulioiis déparyiie «lues à l'initiative privée : 1° les caisses d"épar(|ne. — On pourrait être tenté de classer parmi les institutions d'épargne les établissements de crédit, les banques, puisque, grâce à la pratique des dépôts à vue notamment-, ces étal)lissements offrent un emploi rémunérateur à une masse de capitaux dispersés qui, sans eux, resteraient sans doute improductifs. Mais il convient d'observer que les banques n'ont pas pour objet primoridal, essentiel, dencourager et de faciliter l'épargne; c'est seulement d'une nuinière indirecte qu'elles obtiennent ce résultat. Elles font appel, en réalité, à des capitaux déjà formés, qm risqueraient de rester pendant quelque temps inactifs, plutôt qu'elles ne servent à la formation du capital. Sans doute elles laissent aux déposants la faculté de retirer librement les sommes à elles confiées, ce qui est un très sûr encouragement à l'épargne. Mais, d'ime part, le montant des dépôts qu'elles acceptent ne saurait être, pratiquement, réduit à un minimum assez faible pour leur permettre de capter l'épargne journalière, à sa source, celle qui se chiffre par quelques pièces d'argent, peut-être par quelques sous. Et, d'autre part, les emplois auxquels sont destinées les sommes recueillies par elles ne sont pas exemptes de tous risques sérieux; l'épargne pox)ulaire, celle qui sacrifie les vues de spéculai ion au souci de la sécurité, ne trouverait pas, par suite, dans leur intermédiaire toutes les garanties qu'elle désire. Enfin, à raison même de ces ris([ues et de la nécessité de conserver une encaisse improductive, le taux d'intérêt qu'elles servent aux déposants est ordinairement des plus réduits. Ce taux suffirait sans doute pour faire sortir des coffre-forts des ])articuliers une (luantité importante de capitaux (jui, pentUuU (pu'hpu's jours ou (|uelques senuiines. ne rapporteraient rien; il ne pourrait suffire ])our exercer sur l'épargne naissante une attraction appréciable.