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800. A ces multiples points de vue, les caisses d'épargne présentent une incontestable supériorité. D'une part, elles posent, comme les banques elles-mêmes, le principe du libre retrait des fonds déposés. D'autre part, elles sont accessibles aux petites économies, le chiffre minimum des dépôts pouvant être abaissé jusqu'à 1 franc, et même au-dessous grâce à d'ingénieuses combinaisons ^. Et de plus, condition primordiale du succès, elles offrent à l'épargne populaire, à la petite épargne, des garanties de complète sécurité, soit à raison de la réglementation stricte des placements qu'elles sont autorisées à faire avec les fonds déposés, soit à raison du contrôle effectif de l'Etat sur leur organisation et leiu' fonctionnement. Si l'on ajoute que la bienveillance des pouvoirs publics a souvent eu pour objet de maintenir à un taux suffisamment rémunérateur l'intérêt qu'elles servent aux déposants, on s'explique facilement que, dans presque tous les pays, les caisses d'épargne aient pu prendre un rapide développement. Elles ont puissamment contribué à l'éducation économique des classes rurales, en orientant vers l'épargne d'abondantes ressources qui, antérieurement, étaient affectées à la simple thésaurisation-.
Les caisses d'épargne apparaissent en Allemagne vers le milieu du xviii^ siècle. Elles se répandent ensuite en Angleterre, sous le nom suggestif de saring bankti, « banques de salut ». Vers 1890, les sarmg hanks avaient reçu des dépôts pour un chiffre supérieur à 1.100 millions de francs. En France, les « caisses d'épargne privées » ont été fondées, soit par des associations à but philanthroj)ique, soit par des municipalités; celle de Paris remonte à 1818. Leur essor a été remarquable. En 1837, il en existait 1*52, et le solde des dépôts qui étaient dus par elles s'élevait à environ 100 millions de francs. Les chiffres sont ensuite : en 1866, 500 caisses détenant 500 millions de dépôts; en 1878, 541 caisses et 794 succursales, avec 1 milliard de dépôts; en 1884, 543 caisses et 946 succursales, avec 2 milliards de dépôts; en 1891, 544 caisses et 1.074 succursales, avec 3 milliards de dépôts. Au 31 décembre 1920, il existait 557 caisses avec environ 2.000 succursales, groupant plus de 8 millions 1/2 de déposants. Le solde des dépôts s'élevait à environ 5 mil-
1. Nolamiiicnl, on Franco, par rinsLilulion do caissos d'épargne scolaires oL do bulletins d'épargne, sur lesquels répargiuint. po\il. coller des l.irrdjros-posttïs jus(|u'à ce que le chiffrt^ de 1 franc ail clé alloinl