CHAPITRE II L'ASSURANCE
895. Lo rôle économique de rassuranee. — L "assurance et l'épargne sont unies Tune à l'autre par des liens très étroits-. L'assurance procède de l'épargne : sa réalisation suppose en effet qu'une partie du revenu a pu être, par l'épargne, soustraite à la consommation personnelle. Les deux institutions se distinguent cependant par la pensée qui inspire chacune d'elles. L'épargne a pour objet Ja formation du capital et, par le placement, l'accroissement de la richesse. L'assurance poursuit un but tout différent; elle tend moins à acquérir qu'à reconstituer, à réparer. Grâce à elle, l'individu qui, par suite de certaines circonstances fortuites, telles que l'incendie ou la grêle, aura subi des pertes dans son patrimoine, en sera indemnisé plus o\i moins complètement. De même, celui qui, par suitede la maladie, d'un accident, de l'invalidité, de la vieillesse, aura vu dijninuer sa capacité de travail, évitera par l'effet de l'assurance une diminution corrélative de son revenu et pourra prétendre, suivant les cas, à des secours, à des soins médicaux, à une rente viagère. De même encore, la famille de l'assuré pourra elle-même, par l'attribution d'un capital convenud'avance, se trouver prémunie contre les conséquences de la mort prématurée de sou chef.
L'assurance, comme l'épargne, est une forme de la prévoyance; elle impose au présent certains sacrifices dans l'intérêt de l'avenir. Mais, tandis que r<'>])argne relève de la prévoyance individuelle, l'assurance suppose lassociation; c'est un acte de
1. \. sur rassuraiicf, li;s Irailés spéciaux di^ MM. Chaul'loii, LcforL cL de Courcy. V. (SgalenionL : Wobor. Inlrutluclinii à rélude de lu prévoijanci', 1911 ol A' travers la miitualilé, 1905; Maurico B«lloin, Les lois d'assurance ouvrière à l'étranger, 1892-19U9; (^aiiwès, diurs d'économie poétique, t. m, II"' 1075 ol siiiv; Brouilliol, Précii d'économie /xditiijue, pp. 142 el suiv.