‹ Cours d'économie politiqueChapitre 252 sur 280 · V. plus liaul, II · texte numérisé non relu

V. plus liaul, II

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prévoyance collective. Ce caractère de rassurance tieut à la nature même de son objrl . Si, ])((ur se j^arantir contre les consé- (|uences des risques (jui menacent, sa personne ou sa fortune, chacun de nous ne pouvait compter que sur ses i>ropres efforts, sur son épargne personnelle; si pour les plus importants de ces risques chacun devait rester son y)ropre assureur, l'assurance se heurterait Iréquemment à une impossil)ilité, parce (ju'elle exigerait la mise en réserve de ressources trop considérables. Sans doute la plupart des hommes peuvent, en réglant leur dépense avec économie, réaliser quelque épargne, mais cette épargne, à moins qu'elle ne trouve une source durable dans la possession de revenus réguliers et abondants, sera trop souvent précaire,à la merci des retraits que pourront imposer des besoins imprévus. Il en sera ainsi notamment de l'épargne populaire: abandonnée à elle-même, cette épargne n'aboutirait presque jamais à la constitution d'un capital suffisant pour garantir l'épargnant contre les conséquences des principaux ris(|ues pouvant menacer sa personne ou son avoir, risques d'incendie, d'accident du travail, d'invalidité par exemple. Grâce à l 'association, cet écueil va être, au contraire, facilement évité. Au cas où, par exemple, un nombre plus ou moins considérable de personnes se groupent pour se garantir mutuellement contre le risque de maladie ou d'accident, il est l)ien évident que si l'une ou l'autre de ces éventualités redoutables vient à se produire elle n'atteindra du moins que quelques-uns seulement des associés, en épargnant les autres. De sorte que, même si le chiffre de la cotisation imposée à chaque associé est relativement peu élevé, le ca- ])ital constitué par la réunion de toutes les cotisations pourra suffire largement à indemniser les victimes, tandis que l'épargne individuelle totale de chacune d'elles eût été probablement impuissante à atteindre ce résvdtat. L'assurance apparaît ainsi comme une des ap])lications les plus intéressantes du principe solidarïste : tous pour chacun. Et si l'épargne est un devoir pour les riclu's, pour ceux qui i)Osscdent et (|ui peuvent la réaliser, il semble que l'assurance doive être considérée comme une nécessité pour ceux qui ne possèdent pas. mais qui, tirant leur revenu de leur seul travail sont, par cela nu'Mue. plus intéressés que tous autres à éviter les conséquences fâcheuses des risques personnels. Ainsi se trouve posée la question de savoir si, dans certains cas. l'assurance ne ])ent ]>as être rendue obligatoire par la volonté du pouvoir social.

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