‹ Cours d'économie politiqueChapitre 37 sur 280 · I. \ uir Ihilinj-, .,/,. cil · texte numérisé non relu

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devait prendre un rapide essor. Elle était, en effet, considérée comme le moyen le plus sûr de rendre favorable la balance des échanges extérieurs et d'amener un constant afflux de métaux précieux. Par voie de conséquence, le commerce lui-même allait se trouver puissamment encouragé. Le sentiment plus net de l'unité nationale, qui contribuait à abaisser les barrières intérieures, s'ajoutait à l'élargissement des débouchés, dû aux découvertes maritimes, pour augmenter le nombre des marchands et accroître considérablement l'importance de leur rôle.

A côté des maîtres des corporations, produisant directement pour le public, on vit so constituer la classe des fabricants^ mi-industriels et mi-commer(;ants, (lui, pour certaines natures de marcliandises, les soieries par exemple, occupaient à domicile maîtres et compagnons, leur fournissant la matière première et se se chargeant d'écouler les produits. En tOte des corporations elles-mêmes se plaçaient les six corps marchands, merciers, dra})iers, orfèvres, épiciers-apothicaires, pelletiers, bonnetiers, qui constituaient laristocratie des métiers et jouissaient de prérogatives spéciales.

A côté du commerce sédentaire, les foires subsistaient, mais tendaient à décliner sensiblement. Celles de Beaucaire, gardèrent cependant une réelle importance jusqu'au début du xi: "^ siècle. D'autres, celles de Lyon par exemple, étaient devenues principalement des foires de change', lieux de rendez-vous des banquiers de nationalités diverses, où se réglaient par virements et compensations les engagements commerciaux constatés par des lettres de change. Dans d'autres pays comme en France, en Angleterre et en Hollande surtout, le déclin du trafic en foire s'accusait rapidement. En Allemagne et en Russie au contraire, ce trafic commençait à peine à se développer.

("ne institution nouvelle, qui répondait mieux aux besoins plus étendus du commerce, allait prendre rapidement, dans la phii>art des Etats, la place antérieurement occupée par les foires; nous voulons parler des Bourses de marchandises et de valeurs. Malgré l'exclusivisme du commerce corporatif, il existait une classe de marchands en gros, héritiers des grands marchands financiers d'autrefois. Ils s'étaient peu à peu spécialisés dans le trafic de diverses catégories de marchandises. Pour les protéger contre les poursuites des corporations, dont ils lésaient

les privilèges, un édit de 1765 avait précisé leurs condition^ d"exi;s'.e:ice. La création des Bourses, qui peu à peu devaient prendre parmi les marchés commerciaux une importance i>riniordiale, allait favoriser le développement de leurs spéculations. i)ès le xvi^ siècle, cet organisme nouveau s'était généralisé, Tl existait des Bourses de marchandises à Bruges, leur berceau semble-t-il, à Anvers, à Lyon, à Pairs, à Londres: au xvii^ siècle, elles se répandent en Allemagne et en Hollande. En dehors des opérations ayant trait aux marchandises et aux effets de CDmmerce, elles devaient, à partir du xvine siècle, devenir de grands centres de spéculation financière, où se négocieraient le» effets publics et les actions des plus puissantes entreprises industrielles et coloniales.

i»0(). Le commerce inl^ri^ur à 3 "(époque achicMe; ses carae-

lèri*s\ — Le fait essentiel qui, en France, marque, au point de vue du commerce intérieur, la transition de l'ancien régime à l'époque actuelle, est la proclamation du principe de liberté économique. Jusqu'à la fin du xviiie siècle, et malgré les progrès réahsés, l'expansion commerciale avait été sensiblement i)a.ralysée i)ar le système des droits fiscaux en usage dans tout le royaume. Certaines provinces étaient, par rapport aux autres, traitées comme des pays étrangers. La circulation intérieur» des marchandises se trouvait entravée par la multi}>licité des lignes de douanes. Celles de Valence et de Lyon surtout, prélevant sur le commerce un tribut excessif, contribuaient à ralentir et à détourner vers d'autres pays le courant des échanges. Déjà, sous l'influence des doctrines physiocrati<}ues, un mouvement de réaction s'était produit en faveur du laissez-passer. In décret des 30 octobre-5 novembre 1790 vint consacrer \a suppression définitive des douanes intérieures. Puis, nn autr» dî'cret du 2 mars 1791, celui-là même qui mettait fin au régim» c()r})oratif, proclama, dans son article 7, le principe de la liberté ])rofessionnelle, aussi bien pour le commerce que pour toute aiitn' nature de travail.

507. La première conséquence de la liberté commerciale a été, au cours du xix^ siècle, la multiplication très rapide des intermédiaires, particuliènMnent dans la ])lu})art des branches du commerce de détail. L'examen dc^s slalisti(|ues rehitives au

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