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Hullplin (le l'Officr ,lii travail, 1913 el

Ll-; COMMKHC.l'; INTÉHIIOUR 77

r(^pandue en Allcinafîne, en Belgique, au Danemark, en Ru; sie, en Italie, en Autriche.

En Allemagne, 2.-500 sociétés environ, comprenant i)lus de 1.000.000 adhérents, faisaient avant la guerre un chiffre d'affaires supérieur à 500 millions de francs. Elles avaient créé des magasins de gros et constitué des fédérations dont l'une, celle de Hambourg, groupait plus de 1.100 sociétés.

En Belgique, le développement des sociétés coopératives de consommation présente ce caractère particulier d'être lié aux progrès des idées politiques et sociales. Il y a des coopératives socialistes et des coopératives catholiques. Pour les unes comme pour les autres, le côt" économique de l'institution paraît subordonné au but de propagande et d'éducation. C'est ainsi que la plus célèbre et l'une des plus anciennes coopératives siioialistcs, le Vooruit, de Gand, consacre une grande partie de ses bénéfices à des œuvres sociales : bibliothèque, journal, réunions, théâtre. Le surplus, au lieu d'être distribué en argent aux adhérents, leur est remis sous la forme de jetons permettant de s'approvisionner d'objets de toute nature dans les magasins de la société. Cette organisation tend évidemment à créer entre la coopérative et ses membres des liens d'autant plus étroits que seront plus nombreux et plus divers les besoins recevant satisfaction grâce à elle ^

."ilîK L'orjjanisation interne dos sociétés coopératives de eonsomnialion; leur programme économique. — En Franco, et dans la plupart des autres Etats, surtout en Angleterre, les sociétés coopératives de consommation s'inspirent généralement des principes consacrés par les Equitables pionniers de Rochdale : vente aux associés et au comptant, à un prix sensiblement égal à celui du commerce de d*^tail, afin de permettre l'attribution ultérieure de « bonis ». Dans l'application cependant, ces principes comportent certains tempéraments. C'est ainsi que les coopératives françaises admettent fréquemment à participer à leurs opérations, non seulement leurs membres, mais de simples adhérents, associés éventuels provisoire ncMit soumis au paiement d'un faible droit dentrée, et même le public, n'ayant avec la société aucun lien ni actuel, ni éventuel. D'autres fois, en Angleterre notamment, on déroge à la règle

1. y. N'andorvoldc, La coopcralion neiilrt- ri lu ciu)péralion socialistr. lOl.'i; Lofrer, Les coopéralircs et ri)r(janisation S(jciali.'>le en Belgique, 1903.

/O DElXiEME PARTIE. CHAPITRE V

de la vente au comptant, dans une mesure assez restreiiile il est vrai, mais qui, semble-t-il, n"est cependant pas sans danger. Enfin les socic-iod coopératives, au lieu de vendre au prix du commerce ordinaire, peuvent être tentéts de vendre au prix d"achat en gros, simplement majoré du quantum afférent aux frais d'administration. En pareil cas, le but économique de la coopération se transforme: au lieu de pousser à l'épargne, elle n'est plus quun moyen de réduire la dépense. Son caractère éducatif se trouve par là sensiblement diminué.

.■)20. Quoi qu'il en soit, et sous les formes diverses qu'elle est susceptible de revêtir, la coopération appliquée au commerce peut présenter pour les consommateurs de multiples avantages :

Tout d'abord, elle corrige le principal inconvénient résultant de la multiplicité excessive des intermédiaires, la surélévation du prix d'achat, puisqu'au cas même où la coopérât! /e vendrait au même prix que les détaillants, elle restituerait du moins à ses membres, en bloc et sans la forme de « bonis », la plus grande partie des prélèvements effectués à leur détriment.

En second lieu, les consommateurs trouvent dans la coopération une garantie efficace contre toute tromperie relative à la nature et à la quantité des marchandises achetées, puisqu 'étant actionnaires de la société, c'est à eux-mêmes qu'il appartient d'en assurer et d'en contrôler l'approvisionnement.

Enfin, lorsqu'elles pratiquent la vente au prix du commerce de détail, les sociétés coopératives de consommation peuvent contribuer puissamment à parfaire l'éducation économique de leur clientèle, en développant parnù elle l'esprit de prévoyance. Il est à penser que, dans bien des cas, le simple abaissement du prix d'achat eiît entraîné simplement une consommation plus grande. En ne distribuant les bonis qu'à des intei-valles assez éloignés, la société pourra mettre ses membres en i)ossession d'un petit capital susceptible de placement.

521. Ces multiples avantages sont assez sérieux pour m«''riter aux sociétés coopératives de consommation l'attention et la sympathie des économistes. Ils seraient bien peu de chose ce})endant. aux dires de certains de leurs partisans, à côté du rôU que ces institutions peuvent être appelées à jouer et de l'avenir qui les attend. Nous faisons allusion ici aux proposition» connues sous le nom de « Programme de l'Ecole de Nimes », du nom de la ville oîi elles ont été formulées pour la première foi» «ous une foinie systématique, à l'occasion d'un congrès. Le»

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sociétés de con.s:)mniation, a-t-oii dit, sont l"in.strumenr qui permettra de transformer complètement l'organisation sociale actuelle par l'abolition du salariat et rattribution aux consommateurs de la direction de toute production. L'évolution est déjà commencée. Par le développement des sociétés cooi)ératives de consommation, le commerce de détail est, en effet, de plus en plus monopolisé entre les mains des consommateurs. Un peu plus tard, les coopératives de consommation chercheront tout naturellement à s'affranchir du tribut que x>rélève le commerce de gros, en consacrant une partie de leurs bénéfices à fonder des magasins coopératifs d'approvisionnement, qui obtiendront leur clientèle exclusive. Puis elles s'efforceront de devenir leurs propres fournisseurs, en produisant dans des ateliers coopératifs les marchandises de toute nature qu'elles vendent. Dans ces ateliers, les producteurs, au lieu d'être des ouvriers salariés, seront des coopérateurs, se partageant tout ou partie des bénéfices de l'entreprise, comme le font actuellement les membres des sociétés coopératives de production'.. La coopération fera ainsi la conquête de l'industrie nianufac tiu'ière, puis, à un stade plus avancé de l'évolution, celle des autres branches de production, industrie des transports, industries extractive et agricole. Le résultat sera l'établissement dun nouveau régime économique fondé sur les principes de justice et de solidarité. Ce que les socialistes attendent de la contrainte et de la violence, les « coopératistes » le demandent à l'initiative privée elle-même, et à l'association volontaire des individus -.

522. C'est là, il faut en convenir, un programme qui ne man- (|ue ni de séduction, ni de grandeur. Reste à savoir si l'idéal poursuivi est réalisable. On peut en douter, bien que les multiples manifestations de la coopération, ne remontant guère à phis d'un demi-siècle, ne puissent encore fournir d'argument décisif dans un sens ou dans l'autre. L'exemple des coopératives de consommation anglaises, parfois invoqué à l'appui du programnu' de Ximes. n'est pas aussi probant qu'il pourrait paraître au premier abord. D'une part, les Wholesales anglaise et écossaise sont loin de tirer de leurs propres ateliers industriels la totalité, ni même la majeure partie des marchandises (ju'elles-

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