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LE CÛMMERCli INThlUELH
se couvrir contre cette cventualité, en même temps qu'il conclut son marché à livrer, il vend à la Bourse une égale quantité de coton du type correspondant à lu qualité achetée, avec, comme échéance, l'époque où sa fabrication sera terminée. Si, à ce moment, le prix du coton a baissé, ce fait ayant eu naturellement une répercussion sur le cours coté en bourse, il liquidera son marché à terme par une contre-opération. Rachetant moins cher (ju'il n'avait vendu, il touchera une différence pécuniaire compensant la perte qu'il pourrait subir par la vente du produit fabriqué.
S'il s'aoissait d"un produit manufacturé coté lui-même à la V)Ourse, le sucre par exemple, l'industriel ferait porter son marché à terme sur une quantité de ce produit correspondant à la quantité de matière première dont il doit effectivement prendre livraison. Au cas où, par suite d'une baisse survenue dans les cours, il serait obligé ultérieurement de vendre son sucre moins cher quïl ne le.spérait, il retrouverait du moins, en liquidant par une contre-opération son marché de bourse, rwpii valent de la perte qu'il aurait pu subir de ce fait.
Dans ces deux hypothèses, et dans beaucoup dautres ({ui s'en rapprochent, le marché à terme, même simplement différentiel, exerce sur les cours des marcliandises une action régulatrice, en ce sens qu'il permet aux spéculateurs de se prémunir contre les conséquences fâcheuses qui peuvent résulter de leurs fluctuations.
538. Crlti(|uos adressées à la spéculation de bourse et mesures législatives diriyées contre elle, — Si la spéculation de l)ourse, sous la forme notamment des opérations à terme, compte parmi les économistes de nombreux défenseurs, il s'en faut de beaucoup que l'opinion commune lui soit aussi favorable. On lui reproche tout d'abord de fausser l'action des lois qui règlent les mouvements des prix. Tantôt, sous l'influence d'engouements irréfléchis, les achats à terme vont élever les cours bien au-de-ssus du niveau (juils devraient normalement atteindre; tantôt, à l'inverse, la multiplication des ventes à découvert, en provoquant une panique injustifiée, amènera leur effondrement. Le plus fâcheux, c'est que les spéculateurs ont •précisément intérêt à voir se produire ces mouvements d'opinion, qui assurent leurs bénéfices, fût-ce au détriment des consommateurs ou dee producteurs. Aussi ne.Jiiwi<wWiUS s'é-
tonner que la pratique du marché à terme s'accompagne fréquemment de manœuvres dolosires. de fausses nouvelles répandues à dessein, parfois même daccaparements. Il en résulte des fortunes scandaleuses et des ruines imméritées, ainsi que de véritables crises financières ou commerciales, qui ébranlent le marché. Certains abus ont aussi leur origine dans liiiégalité d'aptitudes et de force économique des spéculateurs. Beaucoup de ceux qui concluent des opérations à terme dans les bourses sont des non-professionnels, connaissant peu ou mal les valeurs ou marchandises au sujet desquelles ils traitent. Il en est ainsi notamment dans les bourses de valeurs, qui sont en principe accessibles à toute personne. Dans les bourses de marchandises, lorsque les particuliers qui ne sont ni producteurs, ni commerçants, nont pas directement et personnellement accès au marché du terme, ils peuvent du moins y participer en s'adressant aux commissionnaires admis à ce marché. Parfois même, ces intermédiaires deviennent, dans les contrats quils sont chargés de conclure, les contre-parties de leurs propres clients, et acquièrent ainsi un intérêt personnel à abuser de leur supériorité technique et professionnelle. Un autre danger, maintes fois constaté dans les bourses de marchandises comme dans les bourses de valeurs, consiste dans ce qu'on appelle « l'étranglement de la spéculation à découvert ». Lorsqu'à l'échéance du terme, par suite de la prédominance de la spéculation à la baisse la liquidation s'opère en « déport^ » les vendeurs à terme peuvent avoir beaucoup de difficultés à se procurer les titres ou marchandises nécessaires à l'exécution ou à la prorogation de leurs marchés. Ces difficultés augmentent encore lorsque, par suite d'un accaparement, les quantités disponililes de ces marchandises ou valeurs se troinent artificiellement raréfiées. L'obligation imposée aux vendeurs d'exécuter leurs contrats à l'échéance aura pour conséquence, en pareil cas, de les mettre à la discrétion des acheteurs (lui, détenant eux-mêmes les stocks accumulés de marchandises ou de titres, en priïfiteront pour exiger des taux de report extrêmement onéreux.
539. On s'explique aisément que l'Etat n'ait ]>u assister, indifférent, à ces mancruvres et à ces abus. En dehors du devoir qui lui incombe d'assurer la bonne foi et la moralité des transactions, il était jiarfois incité par son piopre intérêt à in-