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liquider avec bénéfices leurs reports, on taisant passer les titres successivement sur le marché au comptant, qui les absorbera. On dit alors que la valeur est « classée >', c'est-à-dire que l'entreprise nouvelle est définitivement créée.
iî3B. La spéculation remplit, d'autre part, une fonction régulatrice, aussi bien dans les bourses de marchandises que dans les bourses de valeurs'. Elle soutient les cours et empêche leurs oscillations trop prononcées ou trop brusques. 8i, pour se procurer les marchandises dont ils ont besoin, les acheteurs n'avaient d'autre ressource que de s'adresser au marché du comptant, les prix varieraient fréqv;emment et dans des proportions considérables, suivant les circonstances et l'état d'approvisionnement de ce marché. Ces oscillations précipitées et excessives des cours, nuisibles aux producteurs, dont les opérations perdraient toute sécurité, nuiraient également, et par contre-coup, aux consommateurs. La spéculation à terme intervient précisément pour prévenir ce danger. Grâce à elle, les limites du marché se trouveront élargies dans le temps, de manière que les changements pouvant survenir dans les conditions d'approvisionnement se feront moins vivement sentir. iS'il s'agit par exemple de produits agricoles, bien avant que la récolte soit réalisée, dès qu'on aura pu pressentir son importance, elle aura déjà fait l'objet des prévisions des spéculateurs. De nombreuses opérations d'achat et de vente à terme auront été conclues à son sujet; à tel point que le volume de ces opérations représentera souvent, dans son ensemble, bien des fois la récolte elle-même. Par ces achats et ventes successifs, on maintiendra artificiellement l'équilibre de l'offre et de la demande et on soutiendra les cours, quel que soit l'état réel du marché à chaque instant. Lorsque s'effectuera la réalisation de la récolte nouvelle, ce fait n'influera pas sensiblement sur les cours, parce qu'ayant été depuis longtemps escompté par les spéculateurs, les opérations commerciales auxquelles il devait donner lieu auront déjà été accomplies et auront produit leur effet quant aux prix. La baisse ou la hausse, conséquence naturelle de l'abondance ou du déficit, au lieu de se manifester brusquement et d'entraîner un trouble profond dans
1. y sur 1 effoL résiilalour de la spéciilalion de bourse, Levasseur, Des chaiiErenicnls siirviMUis au xix"" sièclo dans !(>>; rondilidii* du comnierro. Happort (111 C'inr/rrs (/.> iiéni/riipliii- 'Xonumique et fimnicrcitili'. l'IOO.
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la situation du marché, se sera peu à peu et progressivement affiriiiëe, par une série de faibles oscillations dont linfluence aura pu être plus ou moins corrigée. La spéculation de bourse exerce donc une action régulatrice dans le temps. Cette action résulte aussi bien, d'ailleurs, des opérations à la baisse que des opérations à la hausse. Ventes et achats à terme se servent mutuellement de contrepoids. Sans la spéculation à la baisse, tout emballement irréfléchi du i)ul)lic entraînerait dans les cours de telle marchandise ou de telle valeur une hausse excessive qui, ne pouvant se maintenir, serait bientôt suivie d'un effondrement. Les opérations des vendeurs à terme, contenant dans de justes limites la hausse des cours, préviennent ce résultat fâcheux. Et à l'inverse, la spéculation à la hausse, en soutenant les cours, vient tout naturellement corriger les effets que pourrait produire une panique injustifiée.
L'effet régulateur de la spéculation se manifeste non seulement dans le temps, mais dans l'espace, grâce à la pratique de l'arbitrage de bourse ^ 8'il existe, à un moment donné, un écart quelque peu important entre les cours de la même marcliandise sur deux marchés différents, les spéculateurs, immédiatement avertis grâce aux moyens de publicité dont disjiose la bourse^ vont s'efforcer de faire disparaître cet écart. Ils achèteront à terme sur le marché oii les cours sont bas, et vendront sur celui oîi les cours sont élevés. Le résultat sera de rétablir l'équilibre de l'offre et de la demande sur les deux places, et de niveler les cours.
537. Il convient d'observer que l'nction régulatrice du marché à terme peut s'exercer, non seulement lorsque ce marché s'exécute effectivement par la livraison de la marchandise et le paiement du prix, mais au cas même oii il devrait se liquider par le paiement d'une simple différence. Ainsi le marclu^ à terme intervient parfois comme complément d'un marché à livrer et fournit à un industriel le moyen de s'assurer, en prévision d'une baisse i)ossible des cours, le maintien d'un taux normal de profit. l"n fihiteur, par exemple, achète au pays de prorenance un certain nombre de balles de coton, mais il craint que, dans l'intervalle de son contrat à l'achèvement de la fabrication, le jnix du coton vienne à baisser, ce qui naturellement influerait sur les cours du produit manufacturé lui-même. Pour