‹ Cours d'économie politiqueChapitre 90 sur 280 · V. t. I. nMI · texte numérisé non relu

V. t. I. nMI

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ment, sous la foiiuc du lUocu.s continental, la i)roliil)iti()n devenait nne arme politique dan.s la lutte enj^agée contre l'Angleterre. Cette attitude eut du moins. 1 "avantage de donner à la production trançaise la possession incontestée du marché intérieur. De n()u\'elle>^ natures diiulustrie apparurent qui, protégées })arleiii' isolement même, ne tardèrent ])as à ])rendre un remarquai >k' essor.

TAi't. \ai |)()lili(|iu' coiiinierciale de la Kestauralion ci de la llouarciiie de .Iiilllel. — l.o sysièiue de I éeiielh' mobile des céréales. — ("e fut précisément la raison qui, après le rétablissement de la paix européenne, parut justifier le maintien de tarifs élevés. Les industries nouvelles, dont le déveloijpement, eût pu êt7'e compromis par la concurrence de la ])roduction manufacturière anglaise, demandèrent instamment à être protégées contre cette concurrence, et elles obtinrent le vote de prohibitions et de taxes douanières de nature à rendre à peu près impossible rimportatioi) redoutée. La même politique se maintint sous la monarchie: d;' Juillet, non sans luttes cependant, et au prix de ([uelques concessions, il en fut de même, et pour des raisons de menu- nature, dans la plupart des autres Etats.

('"est à cette période que correspond, en France. Tapplication du système, dit de « léchelle mobile des céréales >\ Il consistait à faire varier le taux des droits de, douane, à Tentrée et à la sertie, suiv^ant les variations constatées dans les prix des céréales par des statistiques officielles, dites « mei'curiales ». Si ces prix s"abaissaient, ce (pii paraissait lindice d"une récolte surabondante, on élevait les droits à rinii)ortation, et on abaissait les droits à la sortie. Si. à rinwrse la haussa des ])rix indiquait un approvisionnement insuffisant du marché intérieur, on laissait entrer, en abaissant les taxes douanières, les céréales étrangères, et on élevait les droits à la sortie. Au-dessus et audessous d"un certain prix, on avait même recours à la prohibition.

On espérait ainsi, en maintenant toujours l'approvisionnement du marché en rapport avec les besoins, concilier les intérêts de Tagriculture avec ceux de la consommation. Le résultat fut tout différent. Connue on n"était jamais sûr qne, l»ar suite des mouvements des prix cotés aux mercuriales, il ne se ])roduirait [)as un relèvement ou un abaissement sensible des droits de douaue, la spéculation était découragée et

ITri DECXIÈME PARTIE. CHAI'ITRK \ï

n"o-sait oonclure de marchés à livrer ^ relativement aux: c«^réale.s. Comme, d'autre part, la production agricole, ne pouvant compter sur l'extension indéfinie de ses débouchés, était amenée à se restreindre, le pays se trouvait, par ce fait, éventuellement exposé à la disette. Ces inconvénients pratiques de l'échelle mobile se révélèrent si sérieux que l'abrogation complète du s\'stème devait être jugée nécessaire, en 18()1.

58(5. La Ligue de Alancliosler et laJtolîtion des «corn laus », eir Ançjleferre. — Antérieurement à cette date, une véritable révolution s'était accomplie dans le régime douanier de rAngleterre, Sous l'inspiration de la Ligue de Manchester, fondée par Eichard Col)den, un formidable mouvement d'opinion avait abouti à l'abolition des '< corn laws », lois établissant des taxes à l'importation des céréales. Ces lois, consacrant au profit des landlords un véritable monopole de production, étaient particulièrement odieuses à la classe ouvrière, qui leui- attribuait le prix élevé du pain. Les manufacturiers eux-mêmes, voyant dans leur abrogation \m moyen de réduire le coût de la vie et de prévenir 1» hausse des salaires, firent cause commune avec les ouvriers. Après une vigoureuse campagne de réunions, qui dura plusieurs années, la Ligue de Manchester par^'int à forcer l'adhésion du grand ministre Robert Peel et, en 184(), l'abolition des « corn laws » fut votée par le Parlement-. Ce n'était qu'un premier pas dans la voie de la pDlitique libérale. En .1851, l'Act de navigation lui-même fut aboli. La plupart des taxes à l'importation des produits fabriqués l'avaient été antérieurement. L'Angleterre s'engageait ainsi dans la pratique d'un régime commercial qui, sans être le libre-échange, en est du moins assez rapproché.

58 7. La réïoriue lilu'rale de IJMîO-. I^e réjjiine des iraicés de (Muiiiuerce. — L'exenrple de l'Angleterre devait bientôt inspirer la politi(|ue douanière des autres Etats, l^^n France, l'oijinion pul)lique était restée nettement protectionniste et le Corps législatif paraissait peu disposé à s'engager dans la voie du libéralisme écononii(|ue. Mais Napoléon III était personnellemetit favorable aux idées de Cobden; usant, d'un pouvoir ((u'il tenait de la Constitution, il conchit, le LJ.'i janvier 18()(), un lrail('' de

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