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les importations (jue pour les oxportafioiis. Cette teiidaiM*e -saeeentuera encore dans les dix années (]ni suivront. De 1877 à 1887, le cliiffre total du eomnieree extérieur passe de 7.110 millions à 7.272 millions, soit un accroissement de ISfi millions. Cet accroissement résulte exclusivement des importations, dont le chiffre s'élève de 340 millions (1.020 en 2887, contre 3.080 en 1877), tandis que le chiffre des exportations diminue de 190 millions (3."210 milhons en 1887, contre 3.130 en 1877).
Si d"autre part on reclierclie comment, de 18.57 à 1887, les ■diverses catégories de marchandises portées aux statistiques ont été affectées par les changements .survenus dans les chiffres du commerce extéi-ieur, on arrive aux constatations suivantes : Le chiffre des importations s"est élevé, pour les objets dalimentation, dans la pro])ortion de 1 à 2,1 (1.4 23 millions, au lieu de 589). Pour les produits fabriqués, tandis que l'importation s'élève dans la proportion de 1 à 8,4 (589 millions, au lieu de 71), l'exportation ne s'accroît (jue dans la proi)ortion de 1 à 1,3 (1.739 millions, au lieu de 1 .297).
.■)î)0. On peut intcr])réter diversement ces données nun)éri((ues. On peut faire oliser\er que, sous rinfluence de la ])olitique libérale inaugurée en 1800, le commerce extérieur de la France a pris un rapile essor. Quant à la tendance très nette à la prédominance des importations, ce n'est pas un phénomène spécial à la Fi'anc?. D'autres Etats, l'Angleterre notamnumt, ont, depuis longtemps, vu leur balance commerciale devenir défavoral)l<\ sans que leur prospérité économique ait paru en souffrir.
On s'explique cependant les doléances des agriculteurs et des industriels français, en présence des chiffres (]ui. à partir de 1800, accusent une rupture d'é([uilibre en faveur des importations de denrées alinu'i\taires et de produits fabriqués.
Kn ce qui concerne la marine marchande et le commerce colonial, les résultats de la ])()litique libérale poursuivie apirs 1800 apparaissent connue assez peu favorables. He Î800 à 1870. la part du paNJilon national dans les transports maritimes toml)e de 41 % à 29 ",', ', et le tonnage erieetif de la nuirine marchande française diminue d'envii'on 100.000 tonnes en 15 ans (de 1807 à 18S1), alors (|ue dans les vingt aiiin'-es préci'dentes, ce tonnage avait pres(pie doul)lé. Quant au régime institué, dans les rapports (h' la Francîc <>t de ses colonies, p^ir la loi du .> juillet 1801
! \'. <;îni\\r>, ('.mus d' i'.cuniimii- (xililiiiii,-. ;?" clil ion. t. II. w"!!].
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■et le S('ii;i1:us-cf)iisiiltc du ! juillet lS(i(;, st*s conséquonccs fà- <;heu.s(',s aijparaissciil neltciucMit, à la lecture de l'enquête entreprise, eu 1S<M), i)ar le Constùl sui>érieur du eon^nerce^ Alor.s que labalaïu-e eoniinerciale devient défavorable à la métropole, le chiffre des ex'jxntalions étrangères dans les eolonies aujrniente seMsil)lein(Mit.
'}i)\. Le larif ((éiiéral de l'tiil. Orientation nouvelle de la polili(|ue <louauière dans la |)lu|»art des I<]lats. — La eliute du réj^iine ini])érial parut d'a])()rd devoir amener une vive réaction contre la politique inauaurée en IStlO. Plusieurs lois, qui d'ailleurs ne purent être appliquées à raison des traités en cours, avaient, dès 1872, établi des taxes douanières, notamment à rim])ortation des matières premières. Puis, en 1881, le tarif général fut remanié dans le sens dune ma joiation des taxes antérieurement inscrites. Cette majoration ne devait pas dépasser 24 "^ par rapport aux droits du tarif conventionnel. Les traités de commerce, dont la plupart avaient fait l'objet de prorogations successives, pourraient être renouvelées sur cette base nouvelle. Toutefois, i)our divers jn-oduits agricoles, notamment pour les céréales et le biMail. le (louvernement avait, lors de la discussion de la loi douanière, pris rengagement de ne pas les comprendre dans les Conventions nouvelles, afin de leur maintenir intégralement la protection plus effective du tarif général.
Les n(''gociations aboutirent ra])idement à la conclusion de nouveaux traités avec la Belgi<|ue, l'Espagne, l'Italie, le Portugal, la Suède et la Xorvège, la vSuisse. Ces traités devaient durer dix ans, juscfuen 1802. sauf la Convention avec l'Italie, qui prouvait être dénoncée à partir de 1887. Les Conventions conclues avec rAutriche-IIongrie, la Russie, les Pays-Bas, étaient susceptibles de dénonciation après un court délai de préavis, six nu)is ou un an. Certaim^s contenaient seulement la clause du traitement de la nation la plus favorisée, en dehors de tout tarif annexé. Les négociations engagées avec l'Angleterre avaient échoué, par suite du refus de la P'rance de revenir au système des droits ad valorem -. aucpiel le nouveau tarif général de 1881 avait renoncé. Toutefois, comme l'Angleterre continuait à praticpier à notre égard une ])olitique commerciale très libé-
1. \. IVti-.mii. I.r réi/ini' Cfimnurci'tl (lis C'ilonirs (r(ini,iiisr.f. IÎ)(>.1. ■-!. \'. plus haut, n° ?y^\h.
K)») nKrXiÈMK PARTIK. ClIAPITHE \I
raie, une loi du 27 février 1">8- déoidn (raccorder à riniportatioii de ses ijroduits le traitement de la nation la plus favorisée. Lemême régime devait être octroyé à rAllemaane, par application de Tarticle 11 du traité de Francfort.
5î)2. A l'époque où la France, persistant dans sa politique commerciale antérieure se décidait ainsi à renouveler ses traités de commerce, la plupart des autres puissances, à l'exception toutefois de lAngleterre, s'engageaient résolument dans la voie de la protection douanière. Ce changement d'orientation procédait de causes multiples. C'était, d'une part, la supériorité industrielle de TAngleterre, qui lui permettait de faire à la production manufacturière des autres Etats une concurrence victorieuse, non seulement au dehors, mais sur leurs propres marchés nationaux. Seule, FAngleterre, à raison même de cette supériorité, paraissait avoir intérêt au maintien d'un régime de liberté commerciale. C'était, d'autre part, au point de vue agricole, la concurrence redoutable faite aux produits européens par certains pays d'outre-mer auxquels la pratique d'un régime monétaire défectueux assurait, par suite de la hausse du change, l'avantage de primes importantes à l'exportation', et qui bénéficiaient en outre, pour le transport de leurs ])roduits sur les nuirchés européens, de la l)aisse des prix résultant du développement des voies ferrées et des transformations survenues dans les conditions de la navigation maritime-. A ces causes économiques s'ajoutaient enfin, poui- certains Etats, d'autres causes, d'ordre politique ou fiscal.
Successivement, en 1877 et en 1878, l'Espagne, l'Italie,. rAutriche-IIongrie relevèrent leurs tarifs. Puis, ce fut FAllemagne, en 1879. Il s'était constitué entre les Etats allemands, depuis le premier tiers du xix^ siècle, un régime d'T'nion douanière, faisant disparaître les barrières qui séparaient ces Etats au point de vue commercial, et api)]i(juant aux produits des autres nations une tarification douanière commune. Dans cette Union douanière, ou ZoUverein, la Prusse avait acquis une situation prépondérante. Elle avait réussi à en écarter l'Autriclie, mais sans i)ouvoir empêcher celle-ci d'obtenir du ZoUverein, pour ses produits, un régime préférentiel. En signant avec la France, en i8(i7, j)uis avec d'autres Etats, des traités de com-