‹ Cours d'économie politiqueChapitre 1 sur 56 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Par suite de Textension donnée à l'enseignement de l'Économie Politique dans Jes Facultés de Droit, nos Principes se sont trouvés insuffisants pour la préparation aux examens. Et c'est pour répondre aux réclamations justifiées des étudiants que nous avons dû publier, sous un titre différent, ce volume qui comporte un accroissement de matières de moitié environ.

Malgré cet agrandissement de formai nous n'avons pas la prétention d'embrasser dans un seul volume ni même de prévoir tout ce que pourront enseigner les professeurs, surtout dans un domaine dont les frontières sont aussi peu délimitées que celles de TÉconomie Politique. Mais pourtant on y trouvera, tout au moins esquissé, & peu près tout ce qui est porté dans les programmes des cours de la Faculté de Paris et dans ceux des Facultés des départements dont nous avons eu connaissance.

Sans doute, comme le dit, dans une critique courtoise et à laquelle nous acquiesçons pleinement, le professeur Âdams, mieux eAt valu embrasser moins de matières et les traiter plus à fond. Mais alors ce livre n'aurait pas atteint son but. C'est seulement par nécessité pédagogique, en effet, et sans beaucoup d'enthousiasme d'ailleurs, que nous avons élargi jusqu'à le faire craquer le vieux cadre classique pour y intro-

duire beaucoup de questions qui, si actuelles quelles soient, ne touchent qu Indirectement à Téconomie politique. Nous craignons que les lignes simples de la science et sa belle ordonnance ne disparaissent sous le fouillis de cette végétation adventice. Aussi pour les lecteurs qui n'ont pas la préoccupation de Texamen et qui se contenteront volontiers d*un plus petit volume, nous avons conservé les Principes qui continuent à paraître parallèlement avec le Cours.

Nous n avons pas cru pour le moment devoir dédoubler le livre en deux volumes correspondant aux deux années d'études, car, chaque professeur étant libre de répartir à son gré la matière de son enseignement, la division que nous aurions pu faire n'aurait été d'aucune utilité pour l'étudiant et l'aurait plutôt induit en erreur.

Il serait assez difficile de déterminer par un décret le point où devrait se faire la coupure quoique plusieurs de nos collégués raient demandé et quoique ce fût plus commode pour les étudiants. Toute science est un tout organique et il est impossible de les partager comme fait un boa ouvrier pour le diamant en frappant juste sur le plan de clivage. En tout cas, fii l'on veut séparer les deux années d'enseignement il faudrait le faire, à notre avis, non on coupant récoacmie politique comme une pomme en deux moitiés, mais en la présentant sous ses deux faces ..On mettrait eal'* année Véconomie pure^ en etittendant par là moins TécoDomie mathématique que l'étude des rapports spontanés entre \ea phénomènes économiques on, comme on disait autrefois, des lois naturelles — et ce sérail peut-être le vrai moyen de la relever du marasme où elle est tombée en France. Om réserverait la 2* année à ïécanomie appliquée^ en eatendant par là Tétude des mécanismes, systèmes, institutions et modes d'entreprise, adaptés à des fins déterminées, ce que les Allemands appelaient les sciences camérales; et ce cantonnfement aunai* <^e bon résultat d'empèeber ces questions pratiques d'eavabir tout renseignement économique, oomme elles le foiot déjà dans faeauco^ip de programmes de cours. Et encore

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devrait-on faire ici une nouvelle coupure et renvoyer à la 3* année ce qu'on appelle Véconomie sociale, c'est-à-dire les institutions qui ont pour but Tamélioration du sort de la classe ouvrière : d'ailleurs elle y a déjà sa place officielle sous le nom de « législation industrielle* ».

Peut-être pensera-t-on que c'eût été l'occasion de modifier le plan de ce livre. Quoique consacrée par J.-B. Say, par Stuart Mill et par beaucoup d'autres, la classification tripartite ou quadripartite parait aujourd'hui surannée. C'est une vieille coupe d'habit qui n'est plus à la mode et que les jeunes ne veulent plus porter. Cependant, on n'en a pas encore trouvé d'autre qui fût plus simple et commode, ce qui est l'essentiel pour une classification : elle est même suffisamment scientifique en ce sens qu'elle correspond à certaines grandes catégories de faits élémentaires — produire, échanger, posséder, consommer — et qui, si inextricablement liés qu'ils puissent être dans la réalité, devront rester toijgours nettement distincts à la pensée.

En changeant de format et même de titre, ce livre n'a pas changé de caractère : il reste élémentaire en ce sens que] l'auteur s'est appliqué seulement à exposer les faits et leur { enchaînement de la façon la plus objective et la plus claire <iu'il lui a été possible.

Cette deuxième édition, quoique sensiblement grossie, ne contient pas de chapitre nouveau, sauf le dernier, mais il n'en est guère qui n^ait été plus ou moins remanié.

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