‹ Cours d'économie politiqueChapitre 2 sur 56 · CHARLES GIDE · texte numérisé non relu

CHARLES GIDE

* La législation industrielle ne rentre pas dans ce Cours. Toutefois les questions les plus importantes de Téconomie industrielle se trouvent sommairement indiquées ■dans le chapitre les Salariés et, avec un peu plus de détails, dans notre volume Seonomie Sooiale.

LA SCIBNGIS: ÉC0N0M1Q13E. «

les rapports «les honmes vivant en «ociété, ceu^ià seutement qui iendent à la eatlefactioa de lears becoins matériels, à tout ce qui concerne leur biea-étre*. Elle est au corps social à peu près ce qm la pàysioiofft€ est au corps humain.

Cette science tend à se diviser aujourd'hui en deux disciplines oa ordres d'étude : ^ ^

D^ne part l'Économie Politique pure (quiga-appelle aussi parfois VÈoMiomique) étudie les rapporte spontanés qui se forment entre ùes hommes vivant en niasse, comme elle étudierait leTl^pports qiti "se forment entre dcs^corps ^quelconques, « ces rapports nécessaires qaî dérÎTent de la nature des choses », comme disait Montesqnieu. Elle ne se propose pas de les jnger(;^a6pfiis)au point de vue moral ^'an point de vue pratique, maisseaTéihènt cT expliquer ce qui est, ParJ^elle prétend se con«tituer comme science natnoelie ou même comme science mathématique.

D^autre part, V Économie Sociale étudie plutôt les rei^ztions vo^ lontaires que les hommes créent entre eux — sous forme d'associations, de lois écrites ou d^in-stitutions quelconques — en vue d'amé- ' liorer leur condition. Elle se propose de rechercher et d'apprécier les meilleurs moyens pour atteindre cette fin. Par là elle participe plutôt au caractère des sciences morales en recherchant <rtf qui doit être, et au caractère des arts en recherthani ce qu'il f<iut<^ faire. Aussi , est-elle désignée quelquefois, par les économis^îes étrangers, sous le nom de Politique Sociale *.

^ Oodisait géoéraLemeat autrefois, et oa dit encore go v vent aujourd'hui que TÉco- Qomie Politique est la « science de la Richesse ». Mais cette défioitiou a rioconvéoient de détourner rattentioa du véritable objet de la science économique, qui est Tbomme et ses foesoltis, pour la concentrer sur des objets exlérteurs à Thomme qui DesoBlqu« des mofatts pour lai de satisfaire ses besotiiB. Ce qu'oD appelle une lot àeotwcmQiie ov sncinie^ aloismôgae qu'elle pamitiiroir poar<»Jqjet les cb^ses, s'applique eo réalité mjx hommes. Dire que le blé bausse de pris, cela v^ul dire que les hommes le désirent davantage pour un motif quelconque. Et ce n'est pas là une simple question de mots ; ce déplacement du vrai poiat de vue a fait encourir à certains écoDomistes Je reproche juiitiHé de raisonner comme si Thomme était fait pour la riebease et non U richesse pour l'homme.

D'aiUeurs, il y a ua autre ioconvément à définir TËconomie Politique par Ja richesse : c'esit que Je mot de richesse lui-même n'est guère facile à définir, comme QOQsle verrons ci-a^rès.

> Il ne faut pas confondre TÉconomie Sociale avec rÉconomie Politique appliquée. L^Ecouome Politique apipliquée indique Jes meU leurs moyaas pratiques d'accroître Ja richesse d*uxi pays, tels que banques, chemins de fer, systèmes monétaires ou coanerciaux, etc.^ -«- taudis que l'Ëcoooaiie Sociala cherche surtout à rendre les hommes ph)s heureux, en leur procurant non seulement plus d'aisance, mais plus d£ sécurité, plus d'Indépendance, plus de loisirs, et par conséquent vise plus spécialemeol la classe ouvrière.

Cette séparation s'impose aux spécialistes, mais, en dissociant les théories des réalisations, elle nuit beaucoup à Tintérét de l'exposition. Aussi nous ne la suivrons pas dans un traité comme celui-ci et nous traiterons aussi bien de l'économie sociale que de Téconomie politique.

Parmi les phénomèn^ économiques ce sont ceux relatifs à la production qui ont /tout^^bordj attiré raUënlîon. Les physiocrates et Adam Smith n ont guère étudié que ceux-là. La seconde génération d'économistes, avec Ricardo« s'appliqua plus spécialement à analyser; ceux relatifs à la répartition. Et telles sont encore aujourd'hui les deux grandes divisions de l'Économie Politique — ou plutôt les deux aspects sous lesquels se présentent les mêmes phénomènes, car, à vrai dire, ce sont à peu près les mêmes qu'oiTretrouve^dans les deux parties. Il est évident qu'entte ces deux questions : Comment sont^produites les richesses? — et : A qui appartkennent-elles ? — le lîeVèst étroit. Ce n'est pas une raison pour ne pas les étudier séparément.

Dans la production\elle-mème\)n n'a pas tardé à établir une subdivision entre les phénomènes de la production proprement dite et ceux de la circulation, c'est-à-dire à distinguer les modes de création de la richesse et ceux de transfert ou d'éphange. Et ceuxci, en effet, ont une importance énorme et une pliysionôniie spéciale. Cependant cette division répond plutôt à une convenance didactique qu'à une nécessité logique, car nous verrons qu'au fond l'échange n'est qu'un mode de production*.

11 est une autre catégorie de faits qui, à partir dé J.-B. Say, a constitué souvent une section spéciale : ce sont ceux relatifs à la consommation des richesses. Et môme, à première vue, il semble que ce devait être la plus importante, car la consommation — autrement dit, la satisfaction des besoins — est évidemment le but et la cause finale de toute l'activité économique. Cependant beaucoup

< Od trouvera une discussion inté^e^«s>lQte de ces classifications dans le savant traité de M. Eierson (traduit en anglais sous le titre Principles of Economies) et même une très bienveillante critique de la classiftcation adoptée dans notre livre. M. Piersoa nous sait gré d'avoir commencé par l'élude de la valeur, mais il trouve inutile la partie consacrée à la consommation et il estime que la répartition doit être étudiée avant la production, parce qu'on ne peut comprendre celle-ci sans celle-tt. 11 est vrai, mais l'inverse pourrait être dit aussi.

Aujourd'hui celte division classique en quatre parties — production, circuHilion, répartition, consommation — est considérée comme surannée, surtout parce que, comme elle sert depuis un siècle, on éprouve le besoin de la rajeunir et aussi parce que la multiplicité et l'interdépendance des faits mieux étudiés déborde des vieux cadres, fille est généralement abandonnée par les auteurs étrangers. Néanmoins on n'en a pas encore trouvé de plus simple et plus commode.

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