‹ Cours d'économie politiqueChapitre 39 sur 56 · I. — Limitation de la durée du travail · texte numérisé non relu

I. — Limitation de la durée du travail

Des quatre cas de réglementation que nous avons indiqués à la page précédente, le plus important c*est la limitation de la durée du travail. Le salaire touché n*est qu'une des faces de la question du salariat : Tautre face c'est le travail fourni. L'amélioration du sort de l'ouvrier peut dépendre aussi bien d'une diminution de peine que d'un accroissement de revenu.

La réduction de la journée de travail est une des réformes auxquelles on attache le plus d'importance de nos jours et qui, pendant quelques années, a été célébrée au Premier Mai par une grande manifestation internationale. Les socialistes y voient le moyen d'émanciper l'ouvrier, de le libérer pour partie de l'exploitation patronale, de lui permettre de se préparer à la lutte sociale et politique. Les ouvriers y voient le moyen de travailler moins, sans réduction de leur salaire, et au contraire avec chance de hausse, grâce à la raréfaction de la main-d'œuvre causée par la réduction du nombre d'heures de travail. Mais ce qu'il faut y voir surtout c'est le moyen de relever le niveau intellectuel, moral et même physique de l'ouvrier, en lui assurant les loisirs nécessaires pour se récréer^ dans la forte signification que comporte ce mot, c'est-à-dire pour cesser d'être une machine à produire et pour devenir un homme pendant un certain nombre d'heures par jour. La vie professionnelle n'est pas tout : la vie de famille, la vie civique, la vie intellectuelle, veulent du temps aussi ^

La question se pose d'une façon différente suivant qu'il s'agit de Venfant, de la femme ou de Vhomme.

§ i. — En ce qui concerne l'enfant, tous les pays civilisés, sauf quelques rares et honteuses exceptions, sont aujourd'hui d'accord pour interdire le travail des enfants dans les usines. La limite d'âge seule varie. En Angleterre elle est de 12 ans. En France elle est de 13 ans, parce que c'est l'âge où se termine l'enseignement obligatoire et où l'enfant doit avoir reçu son certificat. Il faudrait

t Od remédie, ii est vrai, à ce dëfaul de souplesse par de nombreuses dérogations, mais Assurément il y a une bonne part d'arbitraire dans ces dérogations.

s Une des caases de Téchec du mouvement des Universités populaires a été certainement tes journées de travail trop longues qui ne laissaient venir les ouvriers que trop tard et trop fatigués pour écouter.

GiDB. — Cours. 44

«M COURS DlBC€lNOMiE POLITIQUE.

la relever ijvaqu'à l4iaDs «««me leo .Suwse et ;eii i^nUricÉie, fnrce f«e liage ide-13iaja8€6t*iuirpeu 'tvopjMrémaUiBé (non seidanMAipcnir commeDcer le tranialliindustniel, maisAusei.paurioMluTer'rjnatnictioD primaire. Celle-ci aurait grand besoin d*ètre complétée, d'autant plus quleûvErance le nombre vdes îlleiti^, après lavoir décm progressivement, commence à augmenter, symptôme déplorable ^ En tout cas, si, pour ne pas rendre trop lourde aux parents hi charge des enfants, T&ge de majorité ouvrière est maintenu t i3 ans, il importe qu'un certain nombre d'heures par semaine soitréservé h rinstruction professionnelle (voir l'Apprentissage).

Il 'ne faut pas croire pourtant que cette limiTtation ait passé sans résistances. La campagne, inaugurée en Anghfterre par ia loi de protection des apprentis en 1903, n*a abo!]rti qu'en 1893 grâce à la persévérance héroïque de lord Sfaaftesbury, et en France qu'en 1841 (loi du '22 mars 1841 fixant l'âge d'admission 'à 8 aas) E\ïe se heurtait à la même objection que celle élevée pins tard coortre renseignement obligatoire, h savoir qu'il faut laisser aux parenrts hi responsabilité de leurs enfants. Mais il suffit de répondre d^ns leï^ deux cas que les parents, surlocrt s'ils sont pressés par le beeorn. sacrifient trop facilement la santé, rinstruction et l'avenir de leurs enfants à un supplément de revenus. La loi, gardienne de r-avenir, doit l'empêcher.

Pour les adolescents de 13 à t8 ans, la loi se contente de fixer une limite à la journée de travail :elle est en France (depuis f9&4 de It) heures. En Angleterre, de 12 à 14 ans. la journée o^st que la moitié de celle de l'adiïlte (ou bien une journée sur deux).

I 2. — En ce qui concerne les femmes, la question est déjà phrs difficile. Quelques esprits absolus voudraient que, tout cooraie ^es enfants, elles fussent exdues des fabriques, fit îk iie manquent pas de bons arguments : — le foyer de famfîlle détiniit, l'e!fBoyal)!e mortalité des enfants abandonnés, les dangers de la vie àî\«inc pour la moralité et pour la santé de la jeune fine et de la femme, et si la femme est enceinte le risque d^avortement on d'eafarrte mort-nés. Mais, en sens contraire, il faut dire qu'à une époque où l'on parle plus que jamais de Témancipation de la fenarae et de l'égalité des sexes, il serait vraiment choquant de frapper toutes «les femmes d'une sorte d'incapacité de gagner leur-vie par leur travail : elles ont déjà assez de peine à la gagner honnêtement sans qu'encore on leur ferme les portes des usines ! *Et si 'l'on commettait l^nrprudencede restreindre cette incapacité de travail aux femmes mariées

1 Kn 1909 OD a compté 17.000 conscrits, 4oiti6!6 p. 0/0, «e naohsBt ni lireiai êcnre.

LES BâLAR)^. «SU

«m mères, larosent la iîtocrté i>ctrafv»i1 ^011^ tesMlrefi, H es* certain qu'on porterait au mariage et à la «matePBfîté un ixmp fonesle — plus dangereux en France qu'en tout autre pays.

Gn aboutit donc à m ne tratisac^tion. La loi -n'iirterdit pas aux femmes le Ira^vBit à la fafcriqfie, maïs elle se contetite de le régiemenler dans l'intérêt de l'hygiène et de la moralité. Ces réglemeatation« peuvent -se ramener à quatre ctiefs :

«) Limitation de la journée tlu travail : en France 40 heures;

b) interdiction du tra*ra4l de nuit, sauf exceptions qui êhnfs la pratique donnent lieu à quelques abtrs ^

c) ÏBteniiction dii travail au fond des mines ;

rf) interruption du Iravaîl pendant une période de quelques eemffines avant xm après 1'acco«tfheinent. Le travail des femmes à la fabrique, quand efles «ont efn état de ^ossesse, provoque de fréqaeriles fausses c»wche&; et même quand Tenfant vient à terme très souveclt fl natt racfeitixiue. Oe plus, tant que les enfants sont en bas âge, -le travail de la mère en fatiirique entraîne nécessairement rallaitewient artificiel et, par voie de consèquecnce, une extraordinaire mortalité tJe lapaptflatiom infantile ouvrière dans certains quartiers ouvriers (jusqu'à 30D p. 0/00 nouveau-nés Tannée qui sfuit ta naissance au lieu de "44,5 p. 0/0 qui est ha moyenne!) Il y a donc ici une question de salut public*. En ce qui concerne la santé de la femnre eWe-même, le travail repris tout de suite après les couches cause *C5 désordres graves. La Itn «qui interdit le travail aux mères pendant la périoie critique qui pi^cèdc et suit Taccouchement n'est donc que trop JTwItiriée.

Mais cette mesure de protection n'existe pas encore dans la loi

1 Cm eaiee^tioDS sont :

Ou permanentes, seulement daus trois ou quatre catégories de travaux dont le priwrpal «at ie pliage des joaniaux ;

Oji umponaireêf pour oertainee industries dites êaitonnières^ comme la fabnieation «le «maerves (et ka «ise eo boite de sardines) qui ne peuvent se faire qu a GesUduea 'époqaes de l^imëe ;

OûifttrtielU^ c*est^*dire mmi pour toute ta suit, mais Mûrement pour la vdHée, dans les iadoittlies'de modea. Cette dernière exoeptio» qui^était la plus importaate et donnait lieu aux plus gravas abus, vient d'être sopprioiée (décret du 17 févr. 1910^ saof pour les canfeetiona pour deaii). En effet cette dérogation n'avait d'antre raif;on d'être ^ae de satiafair e aux caprices de ia cliontèie riche «t devrait disparaître en toat cas d« jour où l'éducation morale du coosommatevr serait assez avancée. Les Liç%i8s adwitfM d'atheUurt y kravaitlent.

* Il 7 a, il mi vrai, une «aslttation destinée à remédier dans une certaine mesure à cette hurribfe plaie : ce sont les Grèàkes, établissements privés qoi reçoivent let cnfoats eal^Ébaenee de leurs mères et les soignent goivant'Ies régies de Thygiène, on mieaK •enooK les S9,lUê -d" mlkiiaemwït instillées dans certames usines.

française. Elle se borne à défendre au patron de congédier la femme pour cause de suspension de travail dans la période de 8 semaines avant ou après ses couches '.

§ 3. — Pour les hommes adultes la question de la limitation est plus difficile encore. On connaît d'avance l'argument de l'école libérale que les individus adultes majeurs doivent être laissés libi^ de régler eux-mêmes remploi de leur temps et de leur travail et qu'ils sont les meilleurs juges de leurs propres intérêts. — Mais à cela on peut répondre qu'en fait, et étant donné le régime de la grande industrie, cette liberté n'existe nullement. L'ouvrier doit entrer à l'usine et en sortir quand sonne la cloche : il est obligé de subir, quelle que puisse être sa volonté personnelle, le nombre d'heures de travail qui est imposé non pas seulement par le patron, mais par l'usage ou par la concurrence. Dès lors la question de liberté n'est plus en jeu — et il s'agit simplement de considérer si la réduction de la journée de travail est favorable au bien-être delà classe ouvrière, voire même indispensable au progrès de la Nation. Or l'expérience des pays où elle est déjà réalisée paraît décisive.

Il ne semble pas, comme on pourrait le croire — c'est une des objections qu'on met le plus souvent en avant — que cette diminution de la journée de travail ait pour ef!et nécessaire d'entraîner une diminution de production ni une diminution de salaire*. Les ouvriers, moins surmenés, moins abrutis, ayant plus de loisir pour se développer intellectuellement, moralement, physiquement aussi, produiront davantage, et s'ils produisent davantage il n'y a pas de raison pour que leur salaire diminue. En fait, nous voyons que les pays où sont pratiquées les plus courtes journées (Australie, États- Unis, Angleterre), sont en même temps les pays h plus hauts salaires et à plus grande production. Seulement, pour que la diminution de

1 Si le législateur français ne Ta pas imposée, c^est qu'il a craint d'aggraver \e préjudice causé à la saatë de la mère et à celle de TenfaDt, né ou à naître, en privant la mère de son salaire précisément au moment où. elle aurait besoin de se mieux nourrir. Des sociétés dites Mutualités maternelles (quoique rassislanoe j ait plus dd part que la mutualité) s'occupent de fournir aux mères ouvrières les secours nécessaires pendant cette période. Et leur efficacité s'est manifestée admirablement par une diminution notable de la mortalité infantile.

> Sans doute, il ne faut pas pousser cette thèse à l'absurde et affirmer, comme le Tout sans cesse les socialistes, que moins on travaillera et plus on produirai 11 faut prendre garde surtout de ne pas faire valoir, comme on le fait fréquemment, des arguments contradictoires en affirmant, d'une part, que les courtes journées reodroot le travail plus productif, et, d'autre part, que les courtes journées donneront plus de travail à tous et supprimeront le chômage. Pourtant il est évident que si tes ouvriers, quoique travaillant moins, produisent autant, on n'aura pas besoin d'employer un plus grand nombre d*ouvriersI II faut choisir entre ces deux argumeola.

la durée du travail donne ces beaux résultats, il faut certaines conditions qui ne sont pas remplies par tout pays* : — 1* Il faut d'abord que les ouvriers consentent à intensifier leur travail de façon à compenser la réduction de durée. Or les ouvriers, en France par exemple, ne le veulent point, car ils prétendent qu'en ce cas ils n'y gagneraient rien et feraient gagner au patron Ils veulent que la réduction du travail oblige celui-ci à embaucher un plus grand nombre d'ouvriers, ce qui, à ce qu'ils croient, supprimerait le chômage et ferait monter les salaires ; — 2* Il faut que les ouvriers, alors même qu'ils aient la bonne volonté de fournir plus de travail en moins de temps, soient capables de le faire, car cette intensification suppose une endurance et une énergie dont toutes les races ne sont pas douées. L'ouvrier français ne peut pas conduire à la fois autant de métiers que l'ouvrier américain; — 3° Il faut enfin que l'outillage soit assez perfectionné pour permettre l'intensification du travail et même pour l'imposer : il faut que la machine soit en mesure non seulement de suivre mais de devancer l'ouvrier. Or ceci est l'affaire des patrons : l'ouvrier n'y peut rien. — La complexité de ces conditions fait que la réduction de la journée de travail, quand elle est introduite brusquement, a donné plus d'une fois des résultats déplorables et a dû être abandonnée '. Néanmoins pour les hommes la limitation légale de la journée n'existe qu'à l'état d'exception. C'est la France qui a donné l'exemple, il y a plus d'un demi-siècle, par la loi de 1348 : la limite avait été fixée à 12 heures, mais en fait cette loi, qui avait devancé révolution économique, était restée lettre morte jusque vers la fin du siècle'. Quelques autres pays plus tard ont suivi — Suisse,

4 Voir uo remarquable article, et toujours actuel quoique déjà ancieu, de M. le professeur Louis Brentano dans la Bévue d'Économie Poliliqt^e d'avril 1893 : Les rapports entre le salaire, la durée du travail et sa productivité,

> Notammeot l'essai de la journée de 8 heures dans les arsenaux français a renchéri énormëment le coût de la production et il a fallu revenir sur cette mesure. C'est que les trois causes stimulantes que nous venons d'indiquer ci-dessus, font ici presque totalement défaut.

> Mais il faut noter qu'en France, pour plus d'un million d'ouvriers adultes, la limite légale n'est aussi que de 10 heures, parce que tous les ouvriers, môme adultes, qui travaillent dans les mêmes locaux où sont employés des femmes et des jeunes gens de moins de dix-huit ans, ne peuvent être retenus plus longtemps que ceux-ci (loi du 30 mars 1909). C'est d'ailleurs une nécessité pour une usine que de fermer à la même heure pour tout son personnel. Cette mesure a cependant un inconvénient : c'est que, pour éviter d'y être assujettis, les patrons suppriment parfois tous les jeunes apprentis (voir ci-dessus ["Apprentissage), Aussi est-il probable qu'on en arrivera bientôt à la même limitation pour tous les ouvriers sans distinction : un projet de loi a été déposé en ce sens.

Pour les ouvriers des mines, la journée a été limitée à 8 heures par la loi du

604 COURS D*ÉGOMOMJ£ POLITIQUE.

Auixiehet, Norvègi^,. Russie» Esjpagoe — et OAt fixô la durée maxiainin à il h^itfes.

On saijt que les ouvEiora réclament davantagû : ite réclameot les Tifois Nuii (8 heures de travail, 8 heures de k>isir^ & henree de sommeil).. C'est le refpaia d'ua^ vieille chansea. anglaise : elle eompie: non seulejoient bFoifi» mai» quatre huit :

Ei'ght hoare to work, eigkt honre to play, fiîjgfat houi» to sleop, 9ight efatl'liiigs a day T

£t on. sait que chaque. Premier Mal de grandes manifeatatioas par toui pays sont org^aaisées pour réclamer cette réforme. Mais ce minimuat n'est, encore inscrit nulle part dans lejs lois. ËUe est appliquée en fait en Australie,, mais elle y a été coni}uiae par les Trade-Uniona il y a cinquante ans déjà.. En Angleterre La durée du travail est généralement de 54 heurea par semaine, ce qui. fai4 à peu près 9. heuires 1/2. par jour et 6. heures le samedi. Aux États- Unis, la durée n'est pas plus courte, au contraire. En France dans la grande industrie la durée varie de iO à. il heures.

C'est surtout dans Tinduslrie. à domicile que la durée du travail est escessive et c'est, ce irait,, ajouté à TarviLiasement des. salaices, aux conditions ioâaluhras djuL travail exécuté, dans le logement servait, à Thabjitatiea,, parfois! dans Tunique chambre où vit la famille, et. le plus souvent auasi à. Tinter position entre la patroaet Tou^vrier d'ua soufirentrepceneuc — auqml on recoonait \& sweatia§ sy^êm (voir Liv. I* Industrie, à darnicUe). C'eat là que Tiaterventioa de la Loic serait la pUi&oppoctuiie, maificfeatià. aussi qu'elle estle plu& difficile, tant au point de. vue du^ droite car 1er demicile privé doit être respecté, qu'au point de vue pratique, car alors même que fea ateliers à doraicilte seraient soumis à Tinspection^ les inspecteurs ne pourraient les découvrir facilement ni les visiter utilement^

A la oéduetioiif du tra.vail se rattache, le repos kêbdemadain. Dairs la pl«ipart dies pays il est imposé par Tosage stnan par h» teis mais c'est précisément un des cas où Ton voit le mieux comment Tes bonnes volontés individuelles peuvent être impuissantes à réaliis^r

29 jpÎQ 1905 Pour le^ chauffe u es et mécaniciens des chemins de fer, il y a aussi des réglemeotalions spéciales.

4 La loi française ne. leur permet d'eatcer dans- lesateJiers de famille que là oùil f a ua moteur mécanique et seulement au pojoi de vue de la sécurité, non gour conicôier la durée du travalL En Angleterra, le patron q,ui fait travaillera djmicile doit inscrire sur un registre^à. iïi disposition de. L'inspecteur, les noms et adresses des ouvriers qu'il emploie et les. salaires qu'il leur paie. Cette question des remèdes au sivealing est à Tordre du jour. Uea e^cposilions des produiisswôatedy organisées à Berlin, à Londres,, à fr'aris, ont ému le grand public.

une réfûrme'si eHesne peuvent s'appuyer sur la loi». H eslirpai que ici la loi n'est •pas-'d'uneapplfcatiDn'faeile; liesdIfficufHéa éprouvées enPVance poirr^ rapplication Ae Ik' récente lai de- 1907 sur le» repos hebdomadaire ontété' telles qu'en fait on' a dû renoncer à' l'appliquer, du moins- dans uu* grand' nombï^' de' cas. Sans entrerici dans lesdétaild; on* comprend* facilement que si le repos hebd<Hfiiadftipe doit avoir Iteu' It même- four' — c'est-à-dire le diwianohei ce qm est le cas dans toutes les nations de civilisation' chrétienne- — ■ il ne peut être observé rigoureusement dans tous leslravaur, sous' peine de suspendre complètement la vie sociale: Il'faut dbncque les'^ins cont'rnoent'à travailler pour quelles- autt*es puissent se' récréer': — par exemple pour*qu'un million de Parisien» puissent aHer jouir d<e leurs ditnancbefrà la- campagne il' fkut quedfes milliers «d'employés de tramways e1/ dé* oh^eminsde fériés' tïnnsporttent et qu*autai»tde gançons'dë'cafés et'dé resttor&ntâ le» nourrissent et lesabi^uventfi Laibi nepeut dônu'fonctîonner'sans^ë très^omBrcuses-erceptlons : il faut' admettre* lérDulement pour Ifes- employés; ou reraplhceria journée du dimanche parune'journée ou deux* dfemi-joumées- prises dans la semaine, et de là d'innombrables complications.

D'autre part, la* loi* n'ayantd^autre'bui que* de protéger les employés ne s'applique pas aux petits marchands qyi n'ont pas d'emplayés. Il en résulte q^e. ceux-ci peuvent ouvrir leurs magasins le dimanche et bénéficier de la fermeture de tous leurs concurrents, d'autant plus.que le dimanche est le grand jpur de vente pour la clientèle ouvrière. Aussi réclame-t-on maintenant la fermeture pour tous magasins sans distinction,.en dépit de la liberté individuelle*.

Le dommage causé aux marchands diminuerait si les ouvriers avaient l'après-midi du samedi libre pour faire leurs achats, comme c est le cas en Angleterre^. Et cette habitude de la week-end (fin.de semaine) tend à passer sur le continent : elfe est déj^ en pratique dans les. banques à Paris et dans certaines, administrations, mais n*est pas encore consacrée par la loi — pas plus qu'un autre progrès qui tend à se propager aussi, celui d'un certain nombre de jours ^.vacances pour les ouvriers (payés bien entendu).

Page 1