CHAPITRE VIL
Des eflBsts chi salaire superflu relativement à la richesse
nationale.
Aprbs tout €6 qui a été dit au chapitre précédent, il parait presque inutile d^examiner si le salaire super^** flu , lorsqu'il est le ta«ix muel des salaires de l'ouvrier, dok être regardé c<Mnme un avantage ou comme un inconvénient pour la société. Cependant la question no sesait pas tout-à-fait.éclaiFcie, si nous passions sous silence, les objections cp^oa peut élever contre ce taux, comme signe d« l'opulence nationale.
3a4 PREMIÈRE PARTIE.
L'augmentation, dit -on, qui survient dans lés sa^ laires de l'ouvrier, augmente néôcssairement le prix de beaucoup de marchandises, et elle tend d'autant à diminuer la consommation tant intérieure qu'extérieure de ces marchandises. Cette conséquence paraît nécessaire , mais elle ne l'est nullement. Nous verrons dans le livre suivant (chap. lY) que la hausse des salaires n'élève que faiblement le prix nécessaire des marchandises, et que ce désavantage est presque tou^ jours plus que compensé, soit par la baisse des rentes du capital et du profit de l'entrepreneur, soit par le perfectionnement de l'industrie, et souvent par ces deux causes ensemble. Comme je ne puis pas encore vous exposer la liaison de ces causes avec leurs effets , qu'il vous suffise, en attendant, d'un exemple. L'An-* gleterre, la Hollande et la Suisse sont les pays de l'Europe où les salaires sont les plus hauts; cependant la consommation intérieure y est comparativement plus grande qu'ailleurs, et leurs marchandises sont préférées dans tous les pays étrangers à cause du bon marché qui accompagne leur perfection.
On a fait une autre objection contre le salaire superflu. On a prétendu avoir observé que dans les années d'abondance les ouvriers étaient en général paresseux, et que, dans les années de cherté, ils étaient plus laborieux que dans les temps ordinaires^ et on en a conclu qu'une subsistance chétive les animait au travail. Cet argument n'est pas plus solide que le premier. Qu'un peu plus d'aisance qu'à l'ordinaire puisse rendre plus paresseux quelques indivis' dus parmi les ouvriers, c'est ce qu'on ne saurait nier>