‹ Cours d'économie politique;Chapitre 102 sur 173 · LIV. III, GHAP. VII · texte numérisé non relu

LIV. III, GHAP. VII

mais que cette aisance produise le même effet sur la plupart d'entre eux , ou bien que les hommes en général soient mieux disposés à travailler quand ils sont mal nourris que quand ils sont bien nourris , quand ils ont le cœur abattu que quand ils sont contens , quand ils sont souvent malades que quand ils jouissent d'une bonne santé, c'est ce qui ne paraît pas fort probable. Voici ce qui a donné lieu à une opinion si peu conforma à la nature humaine. Dans les années d'abondance, les ouvriers quittent souvent leur^ maîties, et se fient à leur industrie pour gagner leur subsistance; en un mot, ils s'établissent comme entrepreneurs. Mais le bas prix des vivres, dans ces années, encourage les anciens entrepreneurs, et principalement les fermiers, à employer un plus grand nombre d'ouvriers (a). Ainsi la demande d'ouvriers augmente, tandis que le nombre de ceux qui s'offrent diminue; et il s'ensuit que le prix du travail doit souvent hausser dans les années de bon marché. Dans les années de cherté, aii contraire, de pauvres ouvriers-entrepreneurs mangent souvent le petit capital qui leur servait à se fournir d'outils et de matériaux , et ils sont obligés de se remettre de nouveau à la journée pour gagner leur subsistance. Mais le haut prix des vivres dispose les entrepreneurs à réduire plutôt qu'à augmenter le nombre de leurs ou-

(a) Dans les années de bon marché, les fermiers trouvent que leur blé leur rapporte davantage en l'employant à entretenir quelques ouvriers de plus, que s'ils le vendaient au bas prix du marché.

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yriers, Ainsi la demande d'auvriers diminue, tandis que le nombre de ceux qui s'offrent augmente, et oonséquemmentle prix du travail dpit souvent baisser dans les années de cherté.

Yoilà ce qui fait aimer aux entre|)reneurs les années chères. Dans ces années ils font des marchés plus avantageux avec les ouvriers , Ils les trouvent plus soumis et plus dociles que dans 1^ années d'abon-^ danee. Ils doivent donc vanter les premières comme plus favorables à Tin^ustrie. D'ailleurs leç propriétaires et les fermiers, deux îles classes d'entre^preneui^s les i^os étendues, ont une autre raison pour préférer les années de cherté : les rentes des uns et les profits des autres montent le plus souvent avec le prix des denrées. Cependant il serait absurde de croire que ces ouvriers qui dans les années de bon marché travaillent .pour leur propre compte, travailleront moins qu'ils ne fout lorsqu'ils travaillent dans les années de cherté pour le compte de leurs maîtres. Un pauvre ouvrier-entrepreneur sera généralement plus laborieux que ne le sera un simple journalier, même lorsqu'il travaille à la pièce. L'un jouit de tout :1e .produit de son industrie, l'autre le partage avec un maître. La supériorité de l'ouvrier-entreprencur doit être encore,bien plus grande sur ces journaliers qui sont loués au mois ou à l'année, et qui ont toujours le même salaire, soit qu'ils fassent beaucoup ou peu d'ouvrage. Or les années d'abondance tendent à augmenter la proportion des ouvriers-entrepreneurs sur les simples journaliers, et les anuées de cherté tendent à la diminuer.

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Vous vovs êtes ccmvaipousy Messeigneui:^, que le salaire superflu des ouvriers n'a point les ^uît9& i^^ .cireuses, pour la société qu'on s'est plu ^n^ipainite oc- •casion de lui attribuer; il me reste de vous faire voir .qu'il lui procure de véritables avantages.

Si la récompense libérale du travail est J'efifet 4^ l'accroissement de la richesse nationale, elle deviept j^ussi la cause de l'aecroissemônt de la.populatÎQn. Se .plaindre de la libéralité de ciette récompense , c'^^t ^e plaindre de ce qui est à la fois l'effet et la cause du bi\ en-4tre 4^ hi société.

Toutes les espèces minimales multiptieitt à .propor- .tion de le^rs moyens de subsistance,. ^t aucune espèpe ne peut jamais multiplier ^u delà. Dans le3 ^qciét^ j>rospérantes , ce n'est que parmi les classes ii^^àrieures du peuple que la disette de subsistances peut meltue des bornes à la propagation de l'içspèce bqmainé; «it cela ne peut arriver qjiie id'une seule manière, clest .quand cette disette opère la destruction d'une grande .partie des enfans que produisent les maris^ges féconds de ces classes du peuple, Dans toutes les classes, la mortalité est bien plus |;rande parmi les enfans que parmi les hommes £aits4 dans quelques endroits, une ^moitié des eixfans qui naissent , meurt avant 4 ^^i dans beaucoup d'autres, avant 7, et dans presque tous avant 9 ou 10 ans. Toutefois cette grande mortalitié se trouve partout principalement parmi les enfans. du commun, leurs parens ne pouvant suffire à. les so&- .^er comme le sont ceux d'une condition ;plu6 élevée. Quoique les mariages des gens du bas peuple soient en général plus féconds que ceux des gens comme il

SaS REHiisRE PAilTIE.

faut, cependant la proportion d'enfans qui arrivent jusqu'à l'âge fait y est beaucoup moindre.

Une récompense plus libérale du travail met les parens des dernières classes du peuple apportée de mieux soigner leurs enfans, et par conséquent d'en élever un plus grand nombre. Il est bon d'observer encore que le salaire superflu opère nécessairement cet effet , aussi approchant que possible , dans la proportion qu'exige la demande de travail. Cette de-' mande, qui est celle d'hommes, règle nécessairement la production des hommes^ eomme fait la demande à l'égard de toute autre marchandise: elle hâte la production quand celle-ci marche trop lentement; elle Tarréte quand elle va trop vite. C'est cette demande qui détermine l'état de la population dans tous les différens pays du monde, dans l'Amerique septentrionale, à la Chine, au Bengale; c'est elle qui la fait marcher d'un pas si rapide dans la première de ces contrées, qui la rend stationnaire dans la seconde, et qui dans la troisième la fait reculer.

De même que la récompense libérale du travail encourage la population, de même aussi elle augmente l'industrie du commun du peuple, c'est-à-dire sa capacité et son zèle pour le trs^vail. Une subsis^ tance abondante augmente les forces physiques de l'ouvrier; et la douce espérance d'améliorer sa condition et de finir peut-être ses jours dans le repos et dans Taisance, l'excite ^ tirer tout le parti possible de ses facultés. Aussi verrons-nous toujours les ouvriers plus actifs, plus intelligens, plus expéditifs là où les Salaires sont hauts, que là où ils sont bas; dans ie

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