LIV. HT, CKiLPé ÏX
proHt et la prime, évalués au taux le plus bas qu'on puisse admettre pour un temps et pour un lieu donnés, constituent V intérêt nécessaire ^ ou cet intérêt qui est indispensable pour faire produire des capitaux prêtables, c'est-à-dire pour engager les personnes qui sont à même de faire des épargnes, à amasser des capitaux et à prêter ceux qu'ils ont amassés. Vin' téret courant ^9Xi contraire, dépend de la proportion entre l'offre et la demande des capitaux à prêter. Il est d'autant plus bas, que la première de ces quantités est plus considérable relativement à l'autre; et d'autant plus élevé qu'elle est plus petite.
Telles sont les circonstances générales qui règlent le taux de i'intérêt : elles le font varier de a et demi pour cent, qu'il était autrefois en Hollande , jusqu'à 60 pour cent, qu'il est encore actuellement au Ben<« gale.
Le développement de ces circonstances étant ré* serve pour le livre vi®, j'ajouterai seulement quel-
profit suffisant pour les assureurs. Dans les pays commerçans^ il y a des compagnies d'assurances de tout genre ; on peut y assurer tout ce qui est exposé à quelque risque : les maisons, contre les incendies; les marchandises sur mer, contre les naufrages; enfin toute propriété, même la vie humaine, contre to^is les accidens. -^ La prime d'assurance dont il s'agit ici n'est appelée ainsi que par analogie: c'est la* compensation des chances que court le préteur d'un capital ; compensation également évaluée sur l'expérience , mais qui ne comprend point de profit. Chaque préteur devient en quelque sorte son propre assureur. Plus 'le risque est grand , plus il élève la prime d'assurance , ti par conséquent l'intérêt nécessaire.^
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ques obs^rvatjions sur la proporition qui subsiste entre l'intérjêf; et )e salaire de Tindastrie : elles serviropt à f claircir ces deux objets l'un par l'autre.
La hausse et I9 baissé de l'intérêt courant dépend des ii^éine^ Causes qui déterminent 1^ hausse et la l^aisse 4u salaire courant , c'est-à-dire de l'était crois- ^afit ou (décroissant de la richesse nationjale. CepeU"- 4^^i c^^ causes opèreat d'une manière tout^à-fait opppsée $ur l'un et sur l'autre. L'accroissement des c^p^^aux , qui fait hausser les salaires , tend à abaisser rintérét. Quand il y a une abondance de capitaux , la concurrence des prêteurs réduit le taux de l'intérêt ; inai^ ei) même temps cette abondance de csipitaqx fait naUre une foule de nouvelles entreprises et produit la concurrence parmi les entrepreneurs qui cherchent des ouvriers, ce qui fait montei: le salaire de ceux-ci. Ainsi dans un pays oiiles salaires sont forts, l'intérêt sera communément faible.
Cette observation se.cpnfîniie partout, quand on compare la ville à la campagne. Dans les grandes villes y la qiiantité de capitaux prétables et le grand nombre de prêteurs réduisent généralen!ient le taux de l'intérêt au-dessous de ce qu'il est dans les petites villes. Mais les salaires de l'industrie sont en général plus hauts dans une grande ville que dans une petite. Dans la ptemière, les entrepreneurs ne peuvent souvent trouver autant d'ouvriers qu'ils voudraient; pour s'en procurer, ils enchérissent les uns suir les autres , ce qui fait hausser les salaires. Dans les petites villes, ordinairement il n'y a pas assez de capitaux pour occuper tout le monde , en sorte que les
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ouvriers s'offrent au rabais poUi*se procurer de l'enipioî , ce qui fait l3aisser les salaires.
De forts salaires et de gros intérêts sont des choses qui vont rarement ensemble,. si ce n'est dans le cas particulier d'une colonie nouvelle ou d'un pays vierge ^où l'industrie <:ommence à prendre son essor. Daiïs les États-Unis de l'Amérique et en Russie , Tinterêt courant est plus fort que dans les autres pays aticietlnement civilisés de l'Europe; et les salaires y sbYit aussi très-élévés. Des colonies nouvelles ( et la Russie leur ressemble sous tant de rapports ) cloivjsnt avoit pendant quelque temps la masse de leurs capitaux audessous de la proportion que peut comporter réten<due de leur territoire,, et avoir leur population audessous de la proportion que peut comporter l'éteri^ due de leurs capitaux.
Dans un pays qui aurait atteint le dernier degré de richesse auquel la nature de son sol, son climat et sa situation peuvent lui permettre d'atteindre, qui par conséquent ne pourrait parvenir au delà , et qui n'irait pas en rétrogradant , dans un tel pay$ , dis-je , * les salaires de l'industrie et l'intérêt seraient probablement très-bas tous les deux. Dans un pays aussi pleinement peuplé que le comporte la proportion d'habitans que peut nourrir son territoire ou que peut employer son capital , la concurrence parmi les travailleurs serait telle , que la récompence du travail f serait réduite au simple salaire nécessaire. De même,' dans un pays aussi pleinement pourvu de capitaux que le comporte la proportion d'entreprises industrielles qu'il peut offrir en tout genre, il y aurait
(fans chaque branoba particulière d^entreprises une aussi grande quantité de capital employé, que la na<ture et l'étendue de ces entreprises pourraient le per-* mettre : la concurrence parmi les capitalistes y serait donc partout aussi grande que possible, et conséquemment l'intérêt aussi bas que possible. Mais peutêtre aucun pays n'est encore parvenu à ce degré d'opulence. La Chine et ia Hollande , les deux pays les plus riches que nous connaissions, lie peuvent point être cités en cette occasion comme exemple: en Chine , l'intérêt e3t très-élevé ; en Hollande , les jsalairçs sont très-considérables. La première peut encore accroître ses capitaux; la seconde est encore . iiusceptible d'augmenter sa population.