LIV. III, CHAP. X
vue d'en former son capital fixe et de les louer, il s'attend que ce capital lui rapportera le même intérêt .qu'il aurait tiré de la somme d'argent s'il l'avait prêtée. Ainsi le loyer du capital fixe est réglé dans tout pays par V intérêt courant; là où cet intérêt est élevé, comparativement à d'autres pays, le loyer des maisons, des chevaux, des meubles, en un mot de toute espèce de capital fixe, sera comparât! veinent plus cher.
\a% frais d^ entretien sont un autre capital circulant dont la dépense se renouvelle chaque année. Une maison exige des services et des réparations pour la tenir constamment propre et en bon état; des che^ vaux veulent être abrités, nourris, soignés, ferrés, etc. Les frais d'entretien ne portent point d'intérêts , mais ils sont remplacés en entier par le loyer. Us varient, pour chaque espèce de capital fixe, suivant l'emploi que le locataire en faijt; plus cet emploi use le capital, plus les frais d'entretien augmentent. Les auberges et les ateliers sont exposés à un déchet plus considérable que les maisons d'habitation; aussi les auber*gistes et les ouvriers mécaniques paient-ils plus cher leur loyer que d'autres locataires. Les médecins, danà les grandes villes, usent leurs chevaux beaucoup plus que d'autres personnes qui ont moins de courses à faire dans la journée; leurs chevaux doivent être mieux nourris, et ce surcroît de dépenses élève le loyer de ceux qu'ils louent. Par la même raison les frais du transport par terre , ou , ce qui revient au même, le loyer des voitures et des attelages du roulier sont plÙ3 forts dans la mauvaise saison ou par un
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mauTais chemm , que dans la bonne saison et sur de bonnes routes.
Mais ce n'est pas tout. Les capitaux fixes des {H*éteurs se composent d'objets périssables, c'est-à-dire d'objets qui ont une durée limitée; ainsi, xjuelque soin qu'on donne à leur entretien et quelques dé-* penses qu'on fasse pour cela , il arrive tôt ou tard le
moment oii ils sont entièrement détruits, ou du moins hors d'état de pouvoir être loués. Il s'ensuit qu'ils doivent rapporter au prêteur, outre l'intérêt et les frais d'entretien , une portion de la valeur du capital, calculée sur leur durée probable. Ainsi, en supposant qu'uhe maison ne pût être logeable que pendant cent ans, et qu'un cheval ne pût servir au delà de six , leur loyer devrait rapporter chaque année de la valeur de la maison , et j de la valeur du
cheval. Vous voyez que le remboursement successif du capital augmente le loyer dans la même propor^ tion que les frais d'entretien ; qu'il est plus fort pour les locataires à mesure qu'ils usent plus promptement le capital.
Le même calcul sert de base pour le loyer de tous les capitaux fixes des prêteurs , soit mobiliers, soit immeubles; comme ces objets sont tous périssables, leur loyer doit toujours rembourser une partie du capital, de manière qu'ils se trouvent entièrement remboursés à l'époque où ils cessent de pouvoir être employés ou loués Quant aux capitaux fixes qui se trouvent sous la forme d'améliorations faites sur un bien-fonds, s'ils ne sont nullement susceptibles de s'user, comme des défrichemens, leur loyer, qui est