PRBUCIÀRE PAJàXlE
retite à son propriétaire* Ainsi la rente foncière naît et s'étend successivement dans Tordre suivant :
Les fonds de terre qui produisent des denrées nourrissantes sont les premiers à donner une rente : ils en donnent du BK>inent que toutes les terres sont appropriées et qi^'il devient impossible à la population du pays de se nourrir des produits spontanés de la terre.
Les fonds de terre qui produisent les denrées vêtissantes , logeantes et meublantes de première nécessité, fournissent plus tard une rente ; savoir, aussitôt que leurs produits ne peuvent' plus s'obtenir gratuitement.
Enfin les fonds de teri% qui produisent des matières propres à servir aux besoins factices, sont les derniers à donner une rente : ils n'en fournissent que lorsque le revenu national s'est accru au delà de ce qu'il faut pour acheter les objets de première né-^ cessité.
Dans chacune de ces classes , la rente que. peuvent fournir les fonds de terre est déterminée par deux, circonstances: i^ peLV \ai posiiion du terrain et la richesse du pays où il se trouve placé , et a^ par sa^* cqndUè. . -
i^ La rente est d'autant plus élevée que le terrain
qui la donne se trouve plus près du marché de son
produit, elviceversd, L'éloigement du marché aug-
y . mente les frais de transport, et par conséquent le
prix intrinsèque du produit; ainsi il laisse une moin^ dre portion du prix courant du produit, pour formai ce surplus qui constitue la rente, foncière. Une terre
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située dans le Yoisinage d'une ville, donné une plus forte rente qu'une terre également fertile , située dans un endroit reculé de la campagne. Quoiqu'il se puisse que l'une et l'autre ne coûtent pas plus de frais pour leur culture , if en coûte toujours nécessairement davantage pour amener au marché le produit de U terre éloignée.
Une terre fort éloignée du marché de son produit, non-seulement ne rapporte point de rente; il se peut même qu'elle ne paie pas les frais de sa culture. C'est pour cette raison que d'excellentes terres dans les quatre parties du monde, des terres capables de produire le meilleur froment et même des vins délicieux, restent sans culture. La situation d'un terrain, sous ce rapport, est même plus décisive que sa fertilité; caîp le terrain le plus stérile bien situé, rapporte, toujours quelque chose, tandis qu'un terrain mal situé ne rapporte absolument rien.
.Ces considérations vous feront aisément sentir, Messeigneurs, combien la richesse d'un pays doit influer sur ses rentes foncières. Les terres d'un pays riche et populeux sont toujours bien situées, parce que leur produit trouve un marché partout. Avant le * temps de Piçrre-le-Grand, il n'y avait peut-être pas pour dix mille roubles de rentes payées pour le sol du gouvernement de Saint-Pétersbourg, qui rapporte à présent pour plusieurs millions de cette sorte de revenus.
Quand les produits sont d'une très-haute valeur, ils peuvent trouver un marché dans les pays les plus éloignés, et donner une rente à plusieurs milliers de
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lieues de l'endroit où on les récolte , et où se paie cette rente. Tels sont les métaux précieux, les épiceries et mêihe le sucre. Pour les produits d'une moindre valeur, les grandes routes bien tenues, les canaux et les rivières navigables , en diminuant les frais de transport, rapprochent, pour ainsi dire, les terres du marché de ces produits. Ce sont aussi ,' paV cette raison, les plus importantes des améliorations; elles encouragent la culture des terres les plus distantes des villes^ , qui forment nécessairement dans tout pays la portion la plus étendue de sa surface.
A la vérité, la concurrence des terres dans l'offre d'un produit, diminue la rente de la terre qui fournit ce produit; ainsi, quand par l'ouverture d'un canal, ou par la construction d'une bonne route, les terres éloignées de la ville sont admises à la concurrence , la rente des terres voisines de la ville en est diminuée. Mais cet inconvénient n'est que temporaire, et les suites d'une libre concurrence ne tardent pas à devenir avantageuses, même à cette dernière partie des terres. Si la facilité des communications nuit au monopole qu'elles avaient dans l'ancien marché , elleouvre aussi à leurs produits plusieurs marchés nouveaux. Le monopole. d'ailleurs est un des grands ennemis d'une bonne administration des terres, laquelle ne s'établit jamais universiellement dans un pays qu'aur t^nt que chaque propriétaire se voit forcé , par une concurrence libre et générale d'y avoir recours pour la défense de ses propres intérêts. Lorsque le parlement d'Angleterre forma le projet d'étendre l'amélioration des routes aux comtés éloignés de la càpi*
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taie, les comtés voisins de Londres présentèrefnt une . pétition contre Texécution de ce projet. « Ces provinces éloignées, disaient-ils, en conséquence du bas prix de la main-d'œuvre, pourraient vendre leurs grains et fourrages à meilleur compte que nous au marché de Londres, et par ce moyen réduiraient nos rentes et ruineraient notre cnlture. » Cependant, dV près le témoignage de Smith , depuis ce- temps les réclamans ont vu leurs rentes s'augmenter et leur culture s'améliorer.
2^ L'influence de X^JertUité se conçoit sans peine. Toutefois il importe de remarquer que nous ne considérons ici que \à.feriiUié naturelle du sol, celle qui existe indépendamment des améliorations; et que nous ne comparons que les terrains fournissant le même produit. Dans ce sens, les terres les plus fertiles donnent la rente la plus élevée.
La rente des terres fertiles détermine le taux dé la rente de toutes les autres terres qui se trouvent en concurrence avec elles. Ainsi, tant que le produit des terres plus fertiles ' suffit pour la demande, ' les terres moins fertiles qui sont dans la concurrence, ne peuvent point être exploitées, ou du moins ne donnent point de rente. JVIais aussitôt que la demande surpasse la quantité de produit que les terres fertiles peuvent fournir^ le prix {a)'à}i produit hausse, et il devient possible de cultiver les terres moins fertiles« et d'en tirer une rente (i).
{a) Quand je parle du prix en général, j'entends toujours le prix courant ou le prix du marcbé.
(i) Voilà le principe de M. David Ricardo ( Principles of
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£n conséquence, de même que les terres fertiles empêchent celles qui le sont moins de fournir une rente, ces dernières empêchent à leur tour que la rente des terres fertiles ne puisse monter.au delà d'un certain .terme. Quand le prix d'un produit est monte au point qu'il est possible de gagner par sa culture une rentç, même .dans les terres moins fertiles, ces terres. spiit exploitées, ce qui augmente la quantité offerte, du produit^ et réduit son prix ainsi que la rente. Les seules terres qui font exception à cette règle , ce sont celles qui fournissent des produits d'un gjsnre unique, parce qu'elles ne sont point ex-
political economy and taaatton , diap. 2). MâUau llea d'en conclure comme M. Storch qu^ « le» terre» les plus fertile» « déterminent le taux de la rente de toutes les antres, » M. Ricarâo en infère que ce sont les moins fertiles qui règlent la rente des autres, et que cette rente ne consiste jamais que dans l'excès da produit des bonnes terres sur lê's Vhauvaîses.
Ne pourrait-on pas dire plutôt que ce ne sont ni les unes, ni les autres? Le prix du blé ^ et en général des pirodùits de la terre , est déterminé par la proportion entre l'offre et l£| demande , entre la quantité que l'on peut faire pousser à tel prix , et la quantité que l'on peut en consommer au même prix. Voyez la note qui est à la page 80 de ce volume.
Lorsque la population d'un état et sa richesse hii permettent .de consommer une plus grande quantité de blé à tin prix plus élevé, ce prix permet de cultiver des terrain^ plus mé^ diocres et plus frayans ; tous ceux qui valent mieux rapportent un peu plus; mais ce ne sont ni les uns ni les antres qui sont causes de cette augmentation de profit. C'est l'état de la société; c'est une plus abondante production de tous les autres, produits qui permet qu'on en offre davantage en échange de la même quantité de blé. J.-B.S»
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posées à là concurrence d'autres terres. Tels sont lès bons crus pour les vins. Il n'y a , pour les rentes de ces fonds de terre , de bornes que dans les facultés et les caprices des consommateurs.
Plus la concurrence des terres est grande*, plus leurs rentes en sont diminuées: C'est par cette raison qu'une terre qui fournit des produits d'une haute valeur, donne cottimunément moins de rente qu'une ten'e qui fournit des produits dé peu de valeur. Le produit de ia première , étant plus transportable , se trouve en concurrence avec celui des contrées les plus éloignées; le produit delà seconde, par la difficulté que présente son transport, n'est en concurrence qu'avec le produit des terres voisines.
Telles sont les lois générales qui déterminent le taux de la rente foncière : en les appliquant aux différens produits de la terre, nous verrons comment la rente se modifie pour chacun d'eux en particulier. Or comme la rente foncière isé constitue du surplus que le prix courant des produits agricoles laisse au , delà de leur prix intrinsèque, nous devons différer cette application jusqu'au temps 611 vous aurez uncy idée complète du prix de ces produits.
Je termine cette matière par quelques observations générales, concernant l'influence des différentes situations de la société sur le taux de la rente foncière. Vous avez vu, Messeigneurs, qu'à mesure que la société s'enrichit , les salaires de l'industrie augmentent, tandis que l'intérêt des fonds baisse : la rente foncière suit la même marche que les salaires. Toute amélioration qui se fait dans l'état de la société, tend
d'une manière directe ou indirecte à faire monter la rente du propriétaire.
L'amélioration des terres et le perfectionnement de la culture y tendent, d'une manière directe: La part qu'obtient le propriétaire du produit total, augmente nécessairement à mesure que le produit augmente; et cette part peut augmenter même quand sa proportion au produit total diminue. Supposons qu'au moyen des améliorations et d'une culture plus perfectionnée, une terre qui jadis ne rapportait que i5oo tchetvertsde blé, en rapporte actuellement ii4<>o- Si, à. la première époque, la rente de cette terre avait fait la moitié du produit total , et que depuis elle fût tombée au tiers, loin d'avoir diminuée, elle se serait encore accrue; car le tiers de .a4oo fait plus que la moitié de 1 5oo , ou 800 font plus que ySo.
La rente, comme salaire, doit être estimée, non pas en argent, mais en marchandises : elle ne se constitue ^as de la quantité de pièces de monnaie qu'elle rapporte au propriétaire, mais de la quantité de mar- . chandises qu'elle sufBt à acheter. Or les progrès de la population et de la culture ont l'effet d'élever le prix de la plupart des produits de la terre, c'est-à-dire d'augmenter le pouvoir qu'ils ont d'acheter d'autres marchandises : ainsi, à mesure que la société s'enrichit et que le prix de ces produits hausse, le propriétaire se trouve plus riche qu'auparavant. ^ .
Voilà les améliorations qui tendent directement à augmenter la rente; celles qui se font dans l'indu'strie manufacturière et commerçante contribuent d'une manière indirecte à l'élever. Plus ces industries se