‹ Cours d'économie politique;Chapitre 122 sur 173 · LIV. III, CHA.P. XIII · texte numérisé non relu

LIV. III, CHA.P. XIII

font leurs prihcîpalés opérations sur ces sortes de marchandises. Quand ils prévoient que le prix en pourra monter, ils en enlèvent autant qu'ils peuvent, et ils cherchent à vendre quand il y a apparence que ce prix baissera. S'ils ont l'espérance de faire queU quefois un pk*ofit énorme, ils sont aussi exposés à de& pertes pareilles.

Dans toutes les autres entreprises, les pertes ré-^ gulières sont compensées par la prime d'assurance, laquelle^ dans les genres d'entreprises bien connus, peut être appréciée avec assez d'exactitude pour mettre l'entrepreneur à couvert. Quand la demande, et par conséquent le prix d'une espèce de marchandise diminue, les entrepreneurs occupés à la production de cette marchandise retirent insensiblement leur industrie et leurs capitaux d'un emploi qui ne leur fournit plus de profit net, et qui les menace de pertes prochaines, jusqu'à ce que le besoin des produits résultant de cet emploi se fasse de, nouveau sentir et en élève le prix. Quand cette hausse fait monter le profit de l'entrepreneur au point de devenir plus considérable que dans les autres emplois, alors d'autres entrepreneurs dirigent leur industrie et leurs capitaux vers cette branche d'entreprises, jusqu'à ce que leur concurr.ence y ait fait baisser le profit jusqu'au niveau de celui qui se fait dans la plupart des entreprises.

Vous voyez, Messeigneurs^ qu'en général, le profit courant doit être à peu près le même dans tous les emplois des capitaux, quoique la proportion du profit net au profit nécessaire puisse varier prodi-

gieusement, diaprés la nature de rem*ploi. Le profit de l'entrepreneur tend à s'égaliser dans tous les emplois, par TefTetde la concurrence des entrepreneurs, et il y parvient d'autant plus aisément que la circulation du travail et des capitaux est moins entravée. Ainsi, dans les pays où les institutions sociales ne gênent point cette circulation, ou ne la gênent que fort peu , le profit des entrepreneurs , quelle que soit la diversité de leurs entreprises, se réduit à un tcaix moyen ^ qui reste le même tant que la nation conserve le même état d'opulence (ût).

S'il est difficile de déterminer quel est le taux moyen du salaire dans un temps et dans un lieu particuliers , il est bien plus difficile encore de connaître avec quelque précision quel est le taux moyen du profit des entrepreneurs. Cependant on peut s'en faire quelque idée d'après l'intérêt de Targent On peut établir comme maxime, que partout où l'on pourra beaucoup gagner par le moyen des capitaux, on donnera communément beaucoup pour avoir la faculté de s'en servir, et qu'on donnera en général moins quand il n'y aura que peu à gagner par leur usage. Ainsi, suivant que le taux de l'intérêt varie, ou dans le même pays à différentes époques , ou à la

(a) Comme le proêt se proportionne sur la grandeur du capital, TOUS sentez bien que celte égalité n*est qu'apparente, et qu'il existe toujours, dans tout pays, une très-grande différence dans le profit net des entrepreneurs, suivant la différente grandeur des capitaux qu'ils emploient. Voyez plus haut, pages 387 et 388.

Page 1