‹ Cours d'économie politique;Chapitre 121 sur 173 · LIV. ni, CHAP, XIII · texte numérisé non relu

LIV. ni, CHAP, XIII

qu'il est plus grand. D'ailleurs le crédit d'un homme qui est économe et qui fait bien ses affaires augmente encore bien plus vite que son capital. A proportion de l'accroissement de l'un et de l'autre, il agrandit la sphère de ses opérations; et comme le montant de soii profit nbt ji'accroît dans une proportion bien plus forte que son profit courant, plus il étend son entreprise, plus il lui est facile d'accumuler.

Toutefois, en admettant une progression si rapide de profits, on suppose que la dépense personnelle de l'entrepreneur ne s'étende jamais au delà de son salaire : or cette supposition ne se confirme que trèsrarement. La plup^rrt des entrepreneurs augmentent leur dépense en proportion de leurs profits; ainsi il n'arrive pas souvent qu'ils fassent rapidement des fortunes considérables dans un genre quelconque d'entreprises courantes et bien connues. Le seul genre d'entreprises dans lequel il se fait quelquefois des fortunes subites , c'est celui qu'on appelle le commerce de spéculation. Le négociant qui s'adonne à ce -genre d'affaires n'excerce pas de commerce fixe, régulier et bien connu. Il est cette année marchatid de blé, il sera marchand de vin l'année prochaine, et marchand de sucre, de tabac ou de thé l'année suivante. Il se livre à toute espèce de commerce qu'il présume pouvoir donner quelque profit extraordinaire, il le laisse là quand il prévoit que les profits en pourront retomber au niveau de ceux des autres affaires : ainsi ses gains et ses pertes ne peuvent garder aucune proportion régulière avec ceux de toute autre branche de

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commerce fixe et bien connue. Un homme qui ne craint pas de s'aventurer peut quelquefois faire une fortune considérable en deux ou trois spéculations hem*euses; mais il est tout aussi probable qu'il en perdra autant par deux ou trois spéculations malheureuses. Un tel commerce ne peut s'entreprendre que dans de grandes villes. Ce n'est que dans des endroits où les affaires et les correspondances sont extrêmement étendues , qu'on peut se procurer toutes les connaissances qu'il exige.

Nous avons examiné les circonstances qui élèvent le profit courant de l'entrepreneur au-de^us de son profit nécessaire : il y en a d'autres qui le réduisent 02^ nii^aii de ce dernier, et même éui-dessous. C'est le 6as chaque fois que le prix courant des produits de l'entreprise ne suffit que tout juste, ou ne suffit pas entièrement à remplacer le capital employé à la production, plus les rentes et le profit nécessaire de Tentrepreneur. Dans ce cas, ce que le prix courant rapporte de moins que ces avances indispensables est une perte effective pour l'entrepreneur.

Dans les entreprises communes, courantes et bien connues, eil supposant l'entrepreneur un homme prudent et instruit dans le genre d'affaires qu'il entreprend, on ne peut assigner qu'une seule cause à ces pertes, savoir les variations subites et inattendues dans les prix de ses produits. Toutes les marchandises sont plus ou moins sujettes à des variations dans leurs prix, mais certaines marchandises beaucoup plus que d'autres, comme nous le verrons dans le livre suivant. Ceux qui font le commerce de spéculation

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