‹ Cours d'économie politique;Chapitre 136 sur 173 · LIV. IV, CHAP.' III · texte numérisé non relu

LIV. IV, CHAP.' III

En salaires d'ouvriers;

Et, s'il s'agit d'un produit agricole, outre cela en rente foncière.

Q® Les rentes du capital employées à la production, savoir : »

L'intérêt du capital circulant, et Le loyer du capital fixe.

3® \ie profit de l'entrepreneur.

L'analyse ci-jointe des élémens qui composent le prix d'une pièce de toile {a) servira d'exemple et de développement aux notions que je viens de vous exposer. Pour simplifier cet exemple, j'ai supposé que la toilerie et la filature se trouvent si près du fermier que le lin et le fil n'ont pas besoin de. passer par les mains des marchands pour arriver chez elles. Par la même raison j'ai omis quelques productions intermédiaires , comme celles qui s'occupent à blanchir ou à teindre le fil ou la toile, opérations que je suppose réunies à celles qui sont indiquées.

La décomposition du prix nécessaire des marchandises que je viens de vous présenter, est celle qui doit servir de base au calcul Je chaque entrepreneur; mais l'économiç politique peut le réduire à des élémens plus simples, puisqu'elle considère les prix, en général et dans la totalité des marchandises produites dans un pays.

Vous observerez d'abord que le capital circulant employé en matériaux, matières premières et ouvrage fait , se compose lui-même de marchandises dont le

{a) Voyez le tableau qui est en regard de cette page.

4aa PREMIÈRE PARTIE.

prix nécessaire est formé des mêmes élémens; de sorte qu'en considérant la totalité des marchandises dans un pays, il y aurait double emploi de ranger cette portion du capital circulant parmi les élémens du prix nécessaire {a). D'un autre coté la rente foncière, qui n'entre point dans le calcul d'un artisan, d'un manufacturier ou d'un commerçant, doit se trou» ver comprise dans celui que l'économie politique fait du prix de toutes les marcliandises en général : car il n'y en a aucune dont la production n'ait exigé l'emploi ou la consommation de produits bruts, soit comme matériaux, soit comme instramens, soit comme subsistances des travailleurs.

Ainsi, en considérant la totalité des marchandises produites dans un pays, leur prix nécessaire se résout toujours, soit immédiatement, soit en définitif, dans ces quatre élémens :

1^ Les Salaires des ouvriers;

n^ Les rentes des capitaux fixes et cik*culans; ' 3® La rente foncière ;

4*^ Les profits des entrepreneurs.

(a) n est yrai que le salaire de TouTrier, de même que cette partie du profit de Tentrepreneur qui consiste en salaires, si on les considère-comme une portion de subsistances, se com^ posent également de marchandises achetées au prix courant, et qui comprennent de même salaires, rentes de capitaux , rentes foncières et profits d'entrepreneurs. Mais comme on ne peut ranger le salaire sous aucun des autres élémens, parce qu'il suit d'autres lois , cette observation ne sert qu'à prouver qu'il est impossible de résoudre le prix nécessaire dans ses élémens les plus simples.

Lir. IV, CHAP. III. ^^Z

Néanmoins, dans les pays les plus prospères il y a toujours quelques marchandises , quoique en petit nombre, dont le prix nécessaire se réduit à trois, à deux, ou même à un seul deees élémens. Quelque^ fois la matière première d'une marchandise se re* cueille sur un fonds, de terre qui n'est la propriété de personne, ou pour l'exploitation duquel on ne paie point de rente : dans ce cas , le prix nécessaire de la marchandise né se compose que de trois élémens. Les produits de la pêche sur mer, ceux de la chasse dans les pays où elle est libre, ceux même de quelques mines et carrières, s'obtiennent à un pareil prix nécessaire. Dans quelques endroits d'Ecosse il y a de pauvres gens qui font métier de chercher le long des bords de la mer ces petites pierres tachetées, cannr nues vulgairement sous le nom de cailloux d'Ecosse. Le prix nécessaire que leur paie lelapidaire, est^en entier le salaire de leur travail; il n'y entre ni rientes de capital, ni «profit d'ent^epreneur, ni rente, foncière (a). Il en est de même des petits fruits , des baies . €t des champignons que les pauvres g^ns de nos <x)n<trées recueillentdans les bois: tout le prix nécessaire de ces produits se réduit aux salaires des ouvriers. Celui de quelques autres marchandises ne se constitue que de la rente foncière : tel est le prix des produits spontanés de la nature qui vienODent dans un sol approprié, et qui se vendent sur' les lieux mêmes où la nature les a placés. Le bois sauvage que le propriétaire d'une terre vei»ï sur pied , ne lui coûte ab-

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