‹ Cours d'économie politique;Chapitre 156 sur 173 · PBEMIÈRB PAaXIE · texte numérisé non relu

PBEMIÈRB PAaXIE

âxten&îon véritable de production, ne procurent aux tins des bénéfices qu'aux dépens des autres. Elles donnent des profits peu mérités, et causent des pertes qui ne le .sont pas davantage. Elles plongent les hommes tantôt dans le vice et tantôt dans le déoûment (a)\ »

Jusqu'ici, en parlant de la hausse ou 'de la baisse des marchandises , je ne me suis nullement inquiété de la valeur de l'argent (à) ; et en effet elle ne joue «ucun rôle dans la hausse ou la baisse réelle, ni •même dans la jbausse ou la baisse relative entre elles des autres marchandises. On n'achète au fond ua produit qu'avec un autre produit, même lorsqu'on le paie en accent. Quand le chanvre double de prix, on Je paie avec une quantité double de toute autre marchandise, soit que l'échange se fasse, directement, soit qu'on y emploie l'argent comme intermédiaire. / Maintenant s'il nous convient de comparer ensemble, non la valeur des denrées entre elles, mais la valeur des denrées avec celle de l'argent;, nous verrons que l'argent, comme toutes les autres marchandises, à pu subir et a. subi en effe^t des variations réelles par rapport à son prix nécessaire , et des variations relatives, par râippoitt à son prix courant. La découverte des riches mines de: lIAqti^ique, ayant réduit les frais de production au tiers et au quart de

(a) J.-B. Say : Traité^ etc., i'® édit., tome II, page loa.

(b) Si je me sers ici, pour plus de brièveté, du mot argent^ For n*est pas «xela de sa signi6cation. C'est du numéraire que je parle , c'est-à-dire des métaux précieux.

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ce qu'ils étaient auparavant, a diminué d'autant le prix nécessaire de l'argent; et les variations contir nuelles dans l'offre et dans la demande de ce métal font encore journellement hausser et baisser son prix courant, quoique d'une manière peu sensible.

La comparaison des prix, soit en différens temps, soit en différens lieux , suppose un terme de comparaison qui soit le même pour tous ces temps et pour tous ces lieux. Si la valeur de l'argent était invariable, on n'aurait qu'à lui comparer les marchandises,. pour décider immédiatement qu'elles seraient bon marché quand on en donnerait beaucoup pour de l'argent , et qu'elles seraient chères quand on en donnerait peu. Mais nous venons de voir que, si la valeur des marchandises varie, celle de l'argent qui les achète peut varier aussi ; eu sorte qu'on ne peut décider qu'ihiparfaitement si c'est la chose achetée ou celle avec laquelle on achète dont le prix s'est altéré. '. L'embarras attaché à cette comparaison augmente encore, lorsqu'au lieu de comparer la valeur des marchandises ^xxpoids de V argent pur^ on la compare aux espèces monnajrées. Dans presque tous les pays, les monnaies ont perdu successivement une partie plus ou moins grande de leur valeur intrinsèque ou ^de la quantité d'argent, fin qu'elles contenaient ^originairement ; d'ailleurs chaque pays a sa monnaie parr ticulière, qui diffère des autres et de nom et de valeur. Ijors donc qu'on veut comparer les prix d'une chose à deux époques différentes ou dans deux lieux différens, quand ces prix sont exprimés en monnaies, il faut d'abord rectifier l'erreur que cause la çonfu- I. 3o

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sion des noms, en déterminant la valeur intrinsèque . des monnaies; puis rectifier la secondé erreur qu'occasioné le changement dans ia valeur à,e Targent, en déterminant sa valeur réelle ou la puissance qu'il avait d'acheter d'autres marchandises.

Si Ton néglige ces deux opérations, .on ne peut se faire aucune idée du prix des choses dans un temps ou dans un lieu éloigné.

En faisant la première de ces opérations , on peut se former une idée du prix numérique des choses. Ce prix désigne le nombre et la valeur intrinsèque des monnaies, c'est-à-dire la quantité d'argent fin contre laquelle une marchandise s'est échangée ou ctontre laquelle elle peut s'échanger.

En faisant la seconde opération , on découvre le prix réel des marchandises, ou le. sacrifice effectif qu'a fait l'acheteur à l'époque ou dans le pays dont il est qiiestiou.

Faisons l'application de ces principes à quelques prix dont il est fait mention dans les temps anciens, ou qui subsistent encore dans des pays fort éloignés.

Nous savons par les Capitulaires de Charlemagne, qu'il régla, année commune , le muid de froment au prix de 4 deniers. Comme le muid faisait un tiers du setier, qui est actuellement la mesure française la plus usitée pour le blé, il s'ensuit que le setier de blé se vendait alors communément 12 deniers ou un sol càrlovingien. Or quelle idée vous feriez-vous de ce prix, si i*^ vous ne connaissiez pas la valeur intrinsèque des monnaies de ce temps; et 1^ si vous

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