‹ Cours d'économie politique;Chapitre 158 sur 173 · LIV. IV, GHAP. VII · texte numérisé non relu

LIV. IV, GHAP. VII

une certaine quantité d'argent pur, on risquerait tou-» jours de voir la valeur de la rente diminuée par la baisse de l'argent. Par l'effet de ces deux causes réunies, on a vu d'anciennes rentes d'une valeur originairement très-considérable se réduire presqu'à rien. .»

Ces observations nous cqpduisent à distinguer une troisième espèce de variations dans les prix, savoir les \avmiions nominales f qui, dans le fond, ne sont point des variations. Une marchandise dont le pris est exprimé en une quantité d'argent fin ou en monnaie, quand elle conserve le même prix réel ou courant, paraît cependant hausser lorsque la valeur de l'argent ou celle de la monnaie diminue, comme elle paraît baisser lorsque le contraire arrive. Ces hausses et ces baisses nominales produisent souvent des erreurs contre lesquelles il faut être en garde quand il s'agit d'apprécier les variations des prix. Telle cherté dont on se plaint, ou tel bon marché dont on se ré-» jouit,- ne sont que l'effet des variations qu'a subies le numéraire , tandis que les denrées li'ont éprouvé aucun changement dans leur prix. Quand ce numé-, raire n'est isiutre chose qu'un papier-monnaie sans valeur intrinsèque , les variations auxquelles il est sujet sont d'autant plus fortes et plus fréquentes, et dans ce cas il est doublement nécessaire de se défier de tous les prix numériques.

J'ai tâché, Messeigneurs, de vous expliquer la théorie du prix comparatif : l'application la plus utile que nous pouvons en faire , c'est d'examiner la marche naturelle que tient le prix des différentes marchan^^

di^es a m^ur^ qu'un peuple s^enrichU. A la vérité, qUwd on considèrfi qu^. les denrées ne baissent de pri:i: (}uç par le perfeçtioi^nenienl; de Tindustrie, et que ^ perfectionnement lui-même nVst provoqué ^ue p^r raccroissement des capitaux, on serait tenté de croire que le prix de toutes les marchandises doit être fort haut chez les nations pauvres, et qu'il doit (Jiminuer à mesure qu'elles s'enrichissent. Ce raison-» n^ment est juste ^ en tant que les marchandises sont le produit du travail et des capitaux. Mais ces deux sp<Mxe^ de production ne sont pas les seules : le fonds de terre ien est unq troisième, non moins nécessaire , ^t s^ fécondité n'est pas toujours en raison du perfectionnemail de Tindustrie et de Taccumulation des çs^pîtaux. Un pçi^ de réflexion nous fait apercevoir qu'il y a 4^ produits du sol que Tindustrie humaine lirait de vains efforts ppur multiplier, et qu'il y en a d'autres sur la. multiplication desquels l'industrie n'a qu'une puissance bpi^née ou incertaine. Cependant, à niesiire que la richesse et la population d'un pays St'accrpissent, la demande de tous ces produits va toujours en augmentant.

Ainsi, dan^ les progrès qu'un pays fait vers l'opulencç, le prix de certaines marchandises s'élève naturellement; celui d'autres marchandises baisse; enfin il y en a quelques-unes dont le prix reste à peu près, le même dans toutes les situations possibles de la ^ciété.

Les chapitres &uivans seront consacrés au développement de ces principes. Nous y examinerons d'abord lesi circcmsita^ces qui déterminent le prix des

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