LIV. IV, CHAP, YIIÏ
maux domestiques; il s'ensuit que lorsque la réopl|:e est mauvaise, les effets de Ja disette s'éteodeat au?si sur ces animaux , e^ qu'ainsi les homines en .soi^t air .teints directement et indirectement.
« Ces di)6ervations sur les denrées qui constituent 1^ prîiicipalè nourriture des hommes, dans les diffé^ renteè parties du monde , se lient naturelleineiit à celles que nous avons faites sur le salaire du travaiL Le taux normal du salaire nécessaire se détermine surtout par le prix de la nourriture; et ce prix, ^ son tour, est déterminé surtout par la fertilité du territoire. Ainsi, pour nous en t^nir aux pays dont il vient d'être question, ce salaire doit être plus bas au Mexique qu'en Eupope; et plus bas au Bengale qti^àu Mexique. Le produit moyen du froment au Mexique est de ix 5 à 36 grains pour un, ce qui, diaprés les calculs de Lavoisier et Tfeckerj lexcède cinq à six fois le. produit moyen delà France; d^lleurs nous avons vu que la principale nourriture du peuple mexicain consiste en maïs, dont le produit est au înoîiîs îio fois plus grand que celtir duiroment en France. Au Bengale, où le sol donne deux ou trois récoltes par an, le produit du riz e^t encore bîipn ^usigcand que celui du ma'i$ au M^rXique,,
Yo^s voyes&v Messeigneur^, q«e la simple ecmmié^' sknce du prix numérique dti travail ne noiis diK^ne qu'une idée très-vague, et sbuvent mêWé tbut-à-ifait fausse^ du sort de l'puvrier et de l^état d'aisance oU d^.gêne,dai*s leq^fil il ;6e trouve, .^ ypus^ppxe^e? , par exemple, q^e le prix moyen de la jour^ié^ au
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Bengale est de 7 cop. 7, et qu'il est de 43 cop. en
France, gardez-vows d'en conclure que l'ouvrier est
moins largement payé dans le premier de ces pays
que dans le second. Au Bengale, la culture du riz ést^
moins dispendieuse que celle du blé en France, ses récoltes sont bien plus abondantes, et le peuple y est
si frugal que la consommation d'une famille de cinq individus consiste journellement en 4 kilogrammes (9 livres y) de riz, 2 kilogrammes (4 livres~j-.de pois , et deux onces de sel : de là vient que la nourriture d'un journalier ne lui coûte pas plus de 2 cop. etv, tandis que dans la plupart des provinces de la France elle lui revient à a8 cop. (a). Ainsi, en France^ le salaire nécessaire fait les deux tiers du salaire coui^nt; au Bengale il n'en fait qu'un tiers, et le salaire superflaest en raison inverse de cette proportion (^). Au Mexique, le prix moyen de la journée est de 36 cop.; dans les États-Unis d'Amérique il est de
(a) Humboldty Essai poUt. sur la Hjfqupf Ile-Espagne , t. H, pag. 410. Turner, Voyage au Thibet et au Boutan, vol. I, pag. a6. En France , le prix de la journée varie dé ^7 cop. et v jusqu'à 5o cop. (Peuchet),
(b) Ces données paraissent démentir en grande partie l'opinion de Smith sur .la décadence du Bengale , opinion sur laquelle je me suis fondé dans le livre précédent (Voy. p. 3 18). Dans les environs de Cs^lcutta^ les salaires sont encore bien plus haut que dans les villes de province ou à la campagne ; là y le salaire d'un simple ouvrier est 12 cop. par jour; celui d'un maçon y 18 ; d'un forgeron ou d'un cliarpentier, 22 et—. (Playfair, Stati^tical Breviary, 1801 , pag. 60. )